Critiques

Apprentice : Un constat glaçant

apprentice

C’est certainement l’une des surprises du Festival de Cannes 2016. A tout juste 33 ans, le réalisateur singapourien Boo Junfeng peut se targuer d’avoir fait du bruit sur la Croisette. Apprentice relate l’histoire d’Aiman, un jeune homme qui, après la guerre, décide de travailler dans une prison. Très vite, il se rapproche de Rahim, le bourreau qui pend les prisonniers condamnés à mort. Ce dernier lui apprend toutes les ficelles du métier et le prend sous son aile mais comme on le sait tous, les secrets restent rarement secrets très longtemps et les véritables motivations d’Aiman vont refaire surface.

C’est dur, c’est dénué de sentiments mais c’est magnifiquement réalisé. On a d’un côté Aiman qui part travailler dans cette prison alors que sa sœur n’est pas d’accord. Pourquoi ? Nous le découvrirons assez vite.De son côté sa sœur n’attend qu’une seule chose, pouvoir quitter l’Indonésie et rejoindre son mari en Australie.Enfin nous avons Rahim. Ancien de la prison, il est spécialiste dans les nœuds de corde pour les pendaisons. Son personnage est froid, ses gestes sont presque mécaniques et il n’a pas l’air d’avoir une once de regret lorsqu’il actionne le levier et par la même occasion, ôte la vie à ces prisonniers.

Le réalisateur a pris le parti de décrire les faits. Les faits, rien que les faits. Pas de morale, pas de victimes, pas d’accusés. Seulement des images et un constat. Le film oscille entre la froideur de l’exécution, notamment quand Rahim entame ses explications techniques ou comment faire mourir rapidement quelqu’un, et l’action. Celle de tuer quelqu’un, ce moment où tu deviens maître de la vie de quelqu’un. Est-ce juste ? Est-ce normal ? A-t-on le droit d’ôter la vie à des prisonniers condamnés à mort à cause de crimes atroces ? A nous d’en déduire notre propre opinion.

Apprentice est cru, il peut porter à réflexion, il va certainement choquer mais il est sûr que la salle reste estomaquée à la fin. Idée ingénieuse de ne pas mettre de musique sur le générique de fin, laissant ainsi le spectateur dans le noir et dans le silence le plus total.

Ma note : ★★★★★

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