[CRITIQUE] Festival de Deauville, Acte V : « Eye in the sky »

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Sorti directement en e-cinema, Eye in the sky n’a pas eu le droit à une large promotion qui pourtant aurait pu être méritée. Il n’empêche que Deauville (ainsi que TIFF au Canada) ont misé sur ce film. Lorsque l’armée britannique retrouve un des terroristes les plus recherché et qu’en plus de ça une opération d’attentat-suicide est en train de se mettre en place sous leurs yeux, le colonel Katherine Powell ordonne le tir d’un missile à parti d’un drone mais la donne change quand le pilote refuse de tirer, une petite fille se trouvant dans le champ d’impact.

Et oui ce n’est pas parce qu’un film sort en e-cinema qu’il est forcément moins bien qu’un film qui sort dans les salles obscures. La preuve avec Eye in the sky de Gavin Hood qui a réuni un casting cinq étoiles avec notamment le regretté Alan Rickman à qui le film est dédié.

A qui revient la patate chaude ?

Un colonel impitoyable prêt à tout pour capturer ces terroristes, un général qui fait le lien entre le gouvernement américain et britannique, deux pilotes de drones, des politiciens tiraillés entre décision politique ou militaire et au milieu de ça, la petite Alia. Jeune enfant qui se contente de vendre du pain à sa place habituelle et qui, sans le savoir, se retrouve dans la zone d’impact du missile.

Pendant 1h42, le spectateur est plongé dans un système politique aussi ambigüe que complexe et nous pousse à se poser la même question : qu’est-ce que je ferais à leur place ? Sacrifier la vie d’une innocente pour éliminer de dangereux terroristes ou laisser sa vie sauve et risquer un attentat suicide qui pourrait faire encore plus de dégâts ? Une question épineuse dont les politiques voudraient bien se passer à tel point qu’on assiste tout simplement au jeu de la patate chaude, chacun se rejetant la terrible responsabilité de la suite de la mission.

Aaron Paul saisissant

Le casting entier est à la hauteur du film même l’agent kenyan incarné par Barkhad Abdi, déjà récompensé pour sa performance dans Captain Phillips mais celui qui reste le plus puissant dans ce film est bien le pilote de drone joué par Aaron Paul. Lui seul est derrière les commandes et lui seul peut décider de lancer ce missile ou non. D’ailleurs toute la mission est remise en cause par sa faute, demandant un réajustement de la cible pour éviter de toucher la petite.

D’ailleurs ce rôle contraste énormément avec le colonel Powell qui apparaît comme une personne beaucoup plus froide, prête à tout pour éliminer ces terroristes quitte à mentir auprès du pilote. L’histoire ne nous dit pas pourquoi elle semble avoir une telle hargne envers ces terroristes mais une chose est sûre, elle ne compte pas les laisser partir si facilement.

Un échiquier politique mais aussi médiatique

Le film joue habillement avec les questions militaires, politiques mais aussi médiatiques. En témoigne la conseillère dont la prise de position risque de vous irriter. Alors, mieux vaut-il gagner une guerre militaire ou une guerre médiatique ? Prise de position militaire et les médias font généralement mauvais ménage et Gavin Hood arrive parfaitement à mettre le doigt dessus.

Bien loin de donner une leçon de morale, Eye in the sky laisse le spectateur le loisir de choisir son propre camp, sa propre décision tout ceci dans une tension sans faille et un dénouement qui laisse pantois.

Ma note : ★★★★

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