[CRITIQUE] Mademoiselle : Terriblement ensorcelant

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Avec trois nominations au Festival de Cannes 2016, Mademoiselle est l’une (si ce n’est LA) sensation de cette fin d’année. La Corée dans les années 30, un manoir éloigné de toute vie où réside une riche japonaise sous la coupelle d’un oncle tyrannique. Sookee, simple servante arrive pour s’occuper d’elle mais ce qu’Hideko la jeune riche japonaise c’est que Sookee est loin d’être stupide et si elle est là ce n’est pas par hasard. En s’alliant avec un escroc, elle rêve secrètement de dérober son argent et partir loin d’ici.

Un scénario d’un magnétisme absolu

Si on devait s’arrêter à tous les détails qui font de ce film une perfection on se retrouverait avec un article aussi long que la Muraille de Chine donc on essaiera de faire bref promis. 2h25 de film. La durée pourrait en rebuter plus d’un mais après avoir vu The Strangers & Dernier Train pour Busan, je me dis que finalement avec ces Coréens, la longueur d’un film en fait peut-être une qualité. Parce que le temps passe à une vitesse phénoménale une fois que toutes les pièces du puzzle se mettent en place.

Ingénieuse idée d’avoir découpé le film en trois parties distinctes qui permettent de comprendre successivement les méandres de cette manigance finement menée par nos protagonistes. Park Chan-Wook joue habilement avec ces 2H25 pour nous offrir un scénario de qualité qui nous emporte et nous laisse aussi perplexe que confus qu’hypnotisé créant une certaine angoisse quant au vrai du faux dans cette histoire. Qui est manipulé ? Qui est le manipulateur ? Autant de rebondissements qui permettent au film de définitivement sortir du lot. C’est passionnant, c’est hypnotique, bref c’est parfait. Même l’humour a le droit à sa petite part !

Subtile et érotique

Les trois protagonistes principaux font ressortir ce qu’il y a de mieux dans ce film. Notamment cette subtile et déchirante relation entre la servante (Sookee) et Mademoiselle (Hideko) qui nous offre à deux de sublimes scènes séduisantes et érotiques à souhait sans jamais tomber dans le vulgaire. La photographie, les décors, la lumière… Rien n’est laissé au hasard si bien qu’on se retrouve immergé, embué dans cette espèce de romance subtile et déstabilisante.

Une mention spéciale à ces deux actrices Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri qui se jettent littéralement à corps perdu dans ces rôles de composition qu’elles arrivent à sublimer. A leurs côtés, des personnages masculins présents mais plus effacés. Soit voyeurs, soit violeurs et qui, en voulant tout gagner, perdent tout au final.

Un film qui vogue entre les genres avec une aisance fascinante

Est-ce un thriller ? Est-ce un drame ? Est-ce une romance ? Mademoiselle s’inscrit dans les trois genres et arrive à les sublimer d’une manière assez remarquable si bien qu’après 2h25 de film, on en redemanderait encore et encore. Le film n’en fait jamais trop, les acteurs non plus par contre on demanderait bien à Park Chan-Wook d’en faire encore plus des chefs-d’oeuvres dans ce genre.

Le cru 2016 vient de s’enrichir encore un petit peu plus avec ce qui peut s’apparenter à l’une des claques de l’année, un chef-d’oeuvre, une pure merveille. Bref vous m’aurez compris, allez le voir !

Ma note : ★★★★★

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