[CRITIQUE] Ma’Rosa : Un constat dénué d’émotions

520807-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Pour l’un de ses premiers grands rôles, Jaclyn Jose fait très fort en remportant le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes cette année mais est-ce suffisant pour faire de Ma’Rosa un bon film ? Dans les rues pauvres et désaffectées de Manille, Ma’Rosa tient une petite épicerie avec son mari Nestor et ses quatre enfants que tout le monde connait. Mais pour joindre les deux bouts, Ma’Rosa fait quelques extras en revendant de la drogue jusqu’au jour où elle se fait arrêtée par des policiers et que ses enfants sont obligés de récolter une certaine somme d’argent pour la sortir de là.

La pauvreté filmée au plus près

Dans Ma’Rosa rien n’est rose et personne n’est épargné. Caméra à l’épaule, Brillante Ma Mendoza arpente les rues d’un quartier pauvre de Manille, filmant avec un réalisme assez frappant la misère humaine. Ici point de compassion, on fait comme on peut avec les moyens du bord et cette façon de filmer presque « instantanée » aurait pu être intéressante si elle ne nous filait pas le tournis au bout d’une demie-heure. Malgré tout cette façon de filmer et cette image plutôt « sale » correspond à l’idée et l’ambiance que dégage ce film. Le quartier est sale, ses policiers corrompus et cette oppression incessante transperce l’écran malheureusement le scénario trop brouillon nous laisse sur notre faim.

Aucun point de vue pour trop de sujets

Certainement trop gourmand, Brillante Ma Mendoza n’arrive définitivement pas à se placer dans son propre film. Entre les divergences de points de vues et les sujets adoptés, il fallait choisir. Au lieu de ça on nous sert une soupe où tout est fourré dedans entre la pauvreté, le trafic de drogue, la corruption des forces de l’ordre, la prostitution… A force on se perd. Ajoutez à cela une caméra qui courre et bouge sans cesse et c’est le mal de crâne assuré. Le manque d’émotions joue également dans ce film où au final nous sommes que de simples spectateurs face à une ville en déperdition et où le sort de Ma’Rosa nous rendrait presque indifférent.

Seule la scène de fin nous pousserait presque à comprendre pourquoi Jaclyn Jose a reçu le prix d’interprétation même si le film en soi manque cruellement de structure et d’émotions.

Ma note : ★★★★★

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s