[CRITIQUE] Compte tes blessures : Un premier long-métrage intense et touchant

Réaliser son premier long-métrage est déjà pas mal, le réussir est encore mieux. Morgan Simon est encore tout jeune et pourtant en voyant son premier film on croirait qu’il a déjà quelques années derrière lui. Compte tes blessures c’est avant tout un jeune chanteur de hard rock qui, à 24 ans, voit sa vie basculer quand il rencontre la nouvelle compagne de son père. Un père dont il recherche perpétuellement l’amour et l’attention.

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Une relation père/fils sur le point d’exploser

Compte tes blessures nous pousse à nous réfléchir et à nous poser des questions quant aux liens familiaux. Ici, plus rien ne lie Vincent à son père d’ailleurs la seule personne dont il était proche n’était que sa mère, décédée d’un cancer. Alors forcément quand son père a une nouvelle petite-amie, Vincent voit cette nouvelle arrivante d’un mauvais oeil jusqu’au moment où il apprend à la connaitre et c’est à ce moment-là que le duo père/fils explose pour laisser place à un triangle amoureux.

La caméra de Morgan Simon capte parfaitement ces moments de flottement, de rage et notamment cette scène poignante entre Vincent et son père où les non-dits n’arrivent toujours pas à sortir. D’ailleurs ce film est en partie sur les non-dits dans une famille et comment ils arrivent à faire imploser une famille.

Kevin Azaïs percutant

De par son charisme naturel, Kevin Azaïs attire tous les regards. Sa gueule d’ange, ses tatouages imposants et pourtant une certaine fragilité se cache derrière ce jeune homme en manque d’amour. César du meilleur espoir masculin en 2015 pour Les Combattants, ce jeune homme confirme une nouvelle fois son talent à travers ses regards, ses quelques dialogues et surtout cette rage qu’il expulse sur scène. Avec Nathan Willcocks qui tient le rôle du père, ils forment à eux deux un duo parfait, qui oscille entre amour et haine. Ajoutez à cela la performance délicate de Monia Chokri et on obtient un trio qui crève l’écran.

Les interludes « musicales » hard rock s’entremêle avec la douceur de la salsa notamment quand Vincent et Julia se retrouvent seuls. D’ailleurs le hard rock a une place à part dans le film quitte à en faire parfois un peu beaucoup mais les amateurs de hard rock apprécieront c’est certain.

Morgan Simon peut se targuer d’avoir réalisé un premier long-métrage plus que réussi, intense malgré sa courte durée (1h24) et d’avoir réuni la crème de la crème des acteurs. Si tous ses films sont comme ça, alors on hâte de voir le prochain !

Ma note : ★★★★

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