Critiques

[CRITIQUE] Loving : Subtil et pudique

Présent pour la troisième fois au Festival de Cannes avec ce film, Jeff Nichols n’a plus rien à prouver. Après son très bon Midnight Special, le réalisateur a de nouveau fait appel à Joel Edgerton et Michael Shannon pour cette fois-ci s’attaquer à une histoire d’amour, peut-être la plus belle qui soit : celle des Loving. Dans l’Amérique ségrégationniste de 1958, Richard et Mildred Loving s’aiment et se marient sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire. Ils ont obligés de quitter la Virginie s’ils veulent vivre leur union. Une affaire qui ira jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, abolira cette loi et promulguera l’arrête « Loving v. Virginia » qui donne le droit de s’aimer à tous le monde, sans distinction.

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Une mise en scène délicate

Au coeur d’une époque remplie de haine, Jeff Nichols prend le contrepied en proposant une histoire d’amour, un cri d’amour même pour ce couple qui s’est battu pendant près de dix ans pour pouvoir vivre leur amour. Tout en évitant l’écueil du romantisme un peu cul-cul la praline, il dépeint avant tout le portrait d’un homme mais surtout d’une femme. Mildred Loving qui, malgré ses frêles épaules, s’est battu contre vents et marées pour faire reconnaitre son couple. Avec sa mise en scène délicate, le couple contraste avec cette justice cruelle et parfois violente. Aucune joute verbale, tout est toujours fait en délicatesse, jusqu’à l’image qui vient se glisser avec ses coloris chauds et joyeux tout comme ce couple qui y aura toujours cru jusqu’au bout.

Ruth Negga et Joel Edgerton, le duo idéal

Il y a de ces couples de cinéma qui arrivent à nous marquer et celui de Loving en fait très clairement partie. Déjà la ressemblance physique est assez frappante et presque troublante. Un choix judicieux qui s’est avéré évident pour le réalisateur. Ruth Negga incarne si bien Mildred Loving de part son physique et ses émotions qu’elle arrive à nous faire parvenir avec une facilité déconcertante. Et d’un autre côté Joel Edgerton (déjà formidable dans Midnight Special) qui, a contrario, offre une prestation plus réservée, plus intimiste et c’est là que réside tout son talent car c’est par sa posture, son regard, que toute l’émotion passe.

A deux semaines des Oscars, rien ne semble vraiment encore jouer car, soyons honnêtes, tous les films mériteraient une récompense et celui particulièrement parce que Loving c’est un message d’amour universel qui résonne encore dans notre société actuelle.

Ma note : ★★★★

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