[CRITIQUE] Patients : Un film intelligent et plein d’optimisme

Après un stupide accident dans une piscine pas assez remplie, Ben se retrouve tétraplégique incomplet. Désormais dans un centre de rééducation, Ben va devoir réapprendre à vivre parce que plus rien ne sera jamais comme avant. Là-bas, il se fera une bande d’amis : des tétraplégiques, des traumas crâniens, des paraplégiques mais tous ensembles ils apprendront à vivre, à rire et à espérer. Patients c’est un hymne à la vie mais aussi le reflet d’une année passée dans ce même genre de centre par Fabien Marsaud, plus connu sous le nom de Grand Corps Malade. Un premier film pour le slameur et une première réussite.

Patients évite tous les écueils du « film d’handicapé »

Un film dans un centre de rééducation où l’on trouve un tétraplégique toutes les deux secondes ça peut faire un peu peur. Trop d’émotions, trop de pathos, du sentimentalisme à tout va et on tombe dans le cliché du film d’handicapé qui est là pour vous faire pleurer un bon coup et vous faire culpabiliser parce qu’il vous arrive de vous plaindre pour trois fois rien. Alors oui, en sortant de la salle on relativise vite nos petits soucis du quotidien mais au lien de ressortir de là les larmes aux yeux, on ressort avec un énorme sourire. Parce que Patients est un film intelligent, qui ne s’apitoie pas sur le sort de ces personnes abîmées par la vie.

La force de ce film sont les dialogues et l’humour qui ponctue tout le film. Ca se charrie, même entre handicapés, surtout entre handicapés. C’est un concentré de bonne humeur entre les infirmières pas très douées, les aides soignants à la bonne humeur un petit peu démonstrative et les kinés toujours là à leurs côtés. Patients c’est aussi le portrait d’une belle et grande famille qui, chacun avec leurs différences et leur caractère, essaient de surmonter les difficultés de la vie.

On notera la plus belle scène du film est celle où Ben et ses amis décident de s’échapper et de s’aventurer en pleine forêt d’où en découle une belle et poignante discussion sur leur avenir et leurs espoirs. Des dialogues très réfléchis et très intelligents qui donnent encore plus de corps et de force à ce film.

Une belle bande de bras cassés

Entre Ben qui n’arrive pas à passer le sel, Farid qui est toujours puceau, Toussaint qui fume des joints et qui refuse d’aller à la piscine, préférant rester sous le sèche-cheveux et Steve avec sa coupe de cheveux improbable, cette jolie bande qui arpente les couloirs du centre nous fait rire, parfois un peu pleurer mais au final on se marre vraiment bien avec eux. Chacun d’entre eux est mis en lumière, d’ailleurs personne n’est vraiment oublié dans ce film que ce soit le personnel hospitalier jusqu’à cette femme désinhibée frontale qui insulte tout le monde à tout bout de champ et cet homme tous les jours dehors qui n’a jamais dit un seul mot.

Un premier grand rôle pour Pablo Pauly qui tient le film à bout de bras avec une interprétation magistrale, juste et pourtant extrêmement difficile. Le pari étant pour chacun d’entre eux de devenir de vrais handicapés. Un travail titanesque qui se révèle à l’écran petit à petit, une très très belle découverte qu’est ce garçon jusqu’à ce jour cantonné aux seconds rôles.

Sur une bande-originale comportant des titres de Grand Corps Malade, Lunatic, NTM… Grand Corps Malade et Mehdi Idir, ne font pas dans la dentelle et proposent quelque chose d’osé, de maîtrisé dans sa mise en scène, évitant ainsi aisément tous les pièges que ce genre de film peut poser. Une belle dose d’optimisme, d’espoir et de bonne humeur.

Ma note : ★★★★

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