Critiques

[CRITIQUE] « 1:54 » : Un drame poignant qui ouvre un peu plus les yeux sur le harcèlement scolaire

« C’était juste une blague« disaient les bourreaux à la fin du film. Pourtant cette simple blague a entraîné un drame sans précédent pour Tim, un adolescent de 16 ans qui a toutes les capacités pour devenir un athlète de haut niveau mais qui a une attirance pour les garçons. Quelque chose qui ne passera pas inaperçu auprès des autres garçons de son lycée qui s’amuseront quotidiennement à lui pourrir la vie jusqu’à un point de non-retour. Ou comment le harcèlement scolaire peut mener au pire.

Le retour d’Antoine Olivier Pilion

Il se faisait attendre et le voilà de retour. Trois ans après avoir été la révélation dans Mommy de Xavier Dolan, l’acteur de 19 ans confirme ses talents dans le premier film du québécois Yan England. De sa performance on retiendra ses larmes, son désarroi face à une situation qu’il ne contrôle pas, face à ses craintes et face à lui-même et ce qu’il est tout simplement. Déjà affecté par la mort de sa mère qui l’a poussé à arrêter la course, c’est finalement son retour dans l’équipe d’athlétisme et son envie de défier son ennemi de toujours Jeff qui va entraîner inexorablement sa chute.

Une chute brutale et terriblement violente dans une société où les stigmatisations sont encore bien trop présentes et où le harcèlement scolaire pose de plus en plus de problèmes et est à l’origine de plus en plus de morts. En plus de la dimension scolaire, Yan England pointe également, et de manière intelligente, les vices des réseaux sociaux. Comment il est possible aujourd’hui de balancer une vidéo qui sera vue par des milliers de personnes dans l’heure qui suit puis partagée, retweetée et ce sans cesse jusqu’à ce que tout le lycée soit au courant de vos moindres faits et gestes ou comment les réseaux sociaux aujourd’hui peuvent devenir de véritables armes mortelles.

Malgré la brutalité du sujet, une jolie esthétique se dégage du film notamment ces plans rapprochés durant les courses et le duel constant entre Tim et Jeff qui offrent un vrai moment de tension comme le sprint final des Nationaux 800 ou encore cette scène beaucoup plus psychédélique lors d’une soirée bien arrosée qui reflète un état d’esprit, celui de l’adolescence d’aujourd’hui qui n’a plus aucunes limites.

Ne vous arrêtez pas à sa bande-annonce car 1:54 est un grand film, un vrai film que la société et les jeunes doivent voir pour peut-être enfin saisir l’importance et les dangers que comportent le harcèlement scolaire. Et cette dernière scène où un des amis de Jeff à l’origine de ce qui va faire déraper Tim déclare : « C’était juste une blague« , donne tout son sens et toute son ampleur à ce film d’utilité publique.

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