[CRITIQUE] Brimstone : Un redoutable western où rien n’est jamais acquis 

Pour ceux qui s’attendent à un bon vieux western vous pouvez passer votre chemin, quoique. En revisistant ce thème si cher aux Américains, Martin Koolhoven propose là une idée plus personnelle du western mêlé au drame sur fond de course-poursuite à travers l’Ouest Américain au 19e siècle où la femme était considérée et traitée comme l’inférieur de l’homme. A travers Brimstone, nous suivons le destin de Liz, jeune femme vivant paisiblement avec sa famille jusqu’au jour un prêcheur vient dans son village. Un prêcheur qu’elle connait bien puisqu’il la pourchasse depuis sa plus tendre enfance. S’en suit une véritable course-poursuite où malheureusement il n’y a qu’une seule issue possible.

Un western plus viscéral

Brimstone est ce qu’on peut véritablement appeler un film viscéral. Il vous prend aux tripes de la première jusqu’à la dernière seconde. Malgré ses 2h25, le film file à toute allure dans la vie de cette jeune Liz dont le destin semble intiment lié à celui de ce fameux prêcheur qui ne cesse de la traquer pour d’obscures raisons. Plusieurs confrontations auront lieux entre ces deux protagonistes, toujours froids et douloureux aussi bien physiquement que psychologiquement. La force de ce film réside d’ailleurs dans cette capacité à faire souffrir autant ses personnages que le spectateur lui-même. Rien ni personne n’est épargné et les âmes sensibles feraient mieux de s’abstenir de voir ce film même si l’interdiction aux moins de 16 ans n’est pas forcément justifiée mais ça c’est un autre sujet.

Koolhoven pose également des questionnements concernant la condition de la femme au 19e siècle. Châtiée, punie, avec pour seul rôle celui de nourrir les bêtes et de procréer. Des conditions rudes que le réalisateur a voulu montrer de plein fouet. Non en effet il ne prend pas de pincettes dans ce film et c’est tant mieux, c’est ce qui rend ce film encore plus profond. D’ailleurs il est loin de faire l’éloge de la religion ici puisqu’elle est utilisée par l’homme pour justifier les actes les plus horribles qu’il puisse commettre ou comment utiliser une religion et l’arranger à sa façon pour toujours s’en sortir et ne jamais être puni. Un film qui, malgré son ancrage dans le 19e siècle, reste toujours d’actualité dans notre société.

Dakota Fanning, le pouvoir du regard

Le film est tenu en laisse par deux grands acteurs qui n’ont plus rien à prouver. D’un côté Guy Pearce qui joue certainement là le rôle du plus grand salopard que le cinéma ai connu cette année. Avec cette dégaine et cette allure de faucheuse, armé de son fusil ou de son couteau, la seule chose qui l’anime est de se venger. Se venger de Liz. Pourquoi ? On vous laissera le loisir de le découvrir. Froid, dénué de toutes émotions, comme s’il était devenu dans ce film l’incarnation du diable en personne.

Et de l’autre côté on a la fragile et douce Dakota Fanning qui ne parle pas pendant facilement trois quart du film puisqu’elle est muette. Il n’empêche qu’elle livre là une eprformance incroyable de part l’intensité de son regard et cette peur constante ancrée sur son visage, sachant pertinemment que quelque chose la poursuivra encore et toujours. Liz veut être une femme libre mais à quel prix ? La liberté paraît tellement volatile et éphémère dans ce film qu’on appréhende constamment le moment où elle sera reprise aux mains de Liz. 

Brimstone dégage une vraie puissance dans son approche des femmes, de la religion aussi bien visuellement que psychologiquement. Rarement les westerns se sont fait aussi engagés, crus et sombres. Un très très grand oui pour Martin Koolhoven ! 

2 commentaires sur « [CRITIQUE] Brimstone : Un redoutable western où rien n’est jamais acquis  »

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