[CRITIQUE] Gold : La réussite made in USA

Gold est typiquement le genre de film américain sur la ruée vers l’or, la gloire, les déboires et les rêves qui deviennent possible à force de détermination. Tiré d’une histoire vraie tombée rapidement dans l’oubli, Gold c’est le parcours sinueux de Kenny Wells, fils de chercheur d’or à qui la chance n’a jamais réellement sourit mais il est persuadé, il y a de l’or quelque part dans le monde. Il utilise ses derniers dollars pour partir en Indonésie où il trouvera, avec l’aide du géologue Mike Acosta, une mine d’or. Commence alors pour lui une ascension vertigineuse dans le monde des affaires après de nombreuses désillusions.

Transformation radicale

Calvitie et ventre bien robuste, Matthew McConaughey est totalement méconnaissable dans le rôle de Kenny Wells. Celui qui est un habitué des transformations radicales incarne à merveille Kenny mais également l’homme plus généralement, celui avide d’argent et de pouvoir, celui qui a la hargne mais dont les échecs répétés se lisent sur son visage. Avec Edgar Ramirez (Mike Acosta), il forme un duo efficace et attachant de part cette incompréhension et ce rejet constant qu’ils subissent. A eux deux ils vont chambouler le business de l’or et Wall Street et prouver à tous qu’ils ont réussi.

Celle qui suit Kenny dans son ombre et qui, paradoxalement, n’a jamais vraiment cru en lui n’est autre que Kay, sa petite-amie. Une jeune femme plus terre à terre que Kenny, travaillant dans un magasin de meuble et qui semble totalement à l’opposé de la mentalité de son petit-ami. Pour lui, impossible de faire un travail comme les autres, lui c’est l’aventure, c’est le risque mais c’est surtout le risque de ne pas ramener de salaire à la maison contrairement à Kay qui n’aura de cesse d’essayer de le prévenir sur les dérives que l’argent et le pouvoir peuvent engendrer.

Réussir et inscrire son nom durablement

Au final, tout l’enjeu de ce film et de Kenny n’est pas l’appât du gain. C’est celui de la reconnaissance. Lui qui prenait la succession de son père avait littéralement tout gâché et pour lui ce qui comptait c’était son père, c’est l’or en lui-même et pas l’argent qui en découle. C’est se salir les mains là où les hauts dirigeants ne vont pas, c’est voir de ses propres yeux, c’est toucher, c’est sentir. Car oui, aujourd’hui ceux qui se font le plus d’argent sont souvent ceux qui en font le moins et pourtant ce sont eux qui récoltent tous les lauriers. Un propos étayé tout le long du film par Kenny Welles, fascinant et presque effrayant lorsqu’il refuse 300 millions de dollars parce que son nom et celui de Mike Acosta ont été enlevé des contrats.

Simplement mais efficacement, Stephen Gaghan met en avant l’histoire d’un homme, un chercheur d’or mais encore plus, un chercheur de réussite tout simplement. Taper du poing, ne pas se laisser marcher dessus et tomber encore et toujours, c’est le lot de n’importe quelle personne qui veut réussir. Malgré quelques longueurs, le propos est là et magnifiquement servit par un Matthew McConaughey impressionnant.

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