[CRITIQUE] Je danserai si je veux : Un premier film incroyablement percutant

Un vent de résistance souffle en ce moment au cinéma. Maysaloun Hamoud est une jeune réalisatrice palestinienne de 35 ans qui, pendant ses études de cinéma, s’est retrouvée en plein coeur d’un pays en mutation entre la nouvelle résistance palestinienne et les premiers soulèvements du Printemps arabe. Une période particulière  pour la cinéaste qui a décidé qu’il fallait faire un film sur ces changements. Et c’est en s’inspirant de ses connaissances et de son entourage que sont nées Laïla, Salma et Nour. Trois jeunes femmes palestiniennes habitant désormais Tel-Aviv loin des diktats imposés par la société même si le chemin vers la liberté est encore long.

Dans la même veine de ces films féministes récemment sortis au cinéma (20th Century Women, Les Figures de l’Ombre ou encore Brimstone), Je danserai si je veux, dont le titre original est In Between, sonne comme un cri de liberté. Trois belles jeunes femmes palestiniennes cherchent à leur manière d’être libre que ce soit l’une qui est lesbienne, l’autre qui refuse de changer pour un homme et la troisième censée épouser un homme qu’elle n’aime pas. Le film se met à la hauteur de la femme dans une société où l’homme est roi et la femme condamnée à rester à la maison pour nettoyer et élever les enfants. Une société où la femme qui dit non reçoit les réprimandes de son mari. D’un point de vue artistique, le parti prit est fort, ces scènes où l’homme est supérieur si bien que le haut de son corps sort du cadre comme pour dire qu’il est au-dessus des règles.

Trois actrices envoûtantes

Le propos est puissant, cru parfois mais rapidement adoucis par ces beaux jeux de couleurs et cette sublime bande-son. De la musique underground entraînante, vivifiante, à l’image de ces trois femmes et de la société en mutation. Un film d’ailleurs qui ne serait rien sans ses trois actrices principales.

Trois actrices pour qui ce film est un grand saut dans l’inconnu puisque c’est leur premier film. Trois têtes d’affiches mais avant trois femmes extrêmement charismatiques. Fortes que ce soit dans leurs convictions ou dans leurs choix. Même s’il y a parfois quelques maladresses, le tout reste cohérent et véhicule un message très fort. A noter que même si le film a un parti féministe, il est loin d’être contre l’homme, en témoigne cette très jolie scène entre Nour et son père.

A l’image du sublime film Mustang, Je danserai si je veux représente la femme dans toute sa splendeur mais aussi la complexité avec laquelle elle doit se faire une place dans une société. Un très beau film qu’il est urgent de voir ! Et surtout un premier film réussi !

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