Critiques

[CRITIQUE] HHhH : Un trop plein de scènes indigestes

S’attaquer à un pan de l’histoire c’est une chose, réussir à dresser le portrait d’un homme qui est à l’origine de la Solution Finale s’en est une autre et à cet exercice là, Cédric Jimenez n’a pas réussi à transformer l’essai. HHhH retrace le parcours de Reinhard Heydrich, militaire déchu et entraîné par sa femme vers l’idéologie nazie avant de devenir le chef de la Gestapo. Chargé désormais de la Bohême-Moravie, il imagine en parallèle la Solution Finale. Du côté de la Résistance, deux jeunes hommes vont tenter l’impossible : éliminer Heydrich. Ce 27 mai 1942, les vies de ces trois personnes vont changer le cours de l’histoire.

Lorsque l’histoire se suffit à elle-même, nulle besoin d’en faire de trop. C’est raté avec HHhH qui enchaîne musique dramatique sur musique dramatique, les cris des femmes et des enfants parce que ça fera forcément pleurer dans les chaudières, des images d’archives pour rappeler que c’est un film historique, de bonnes scènes de fusillades sanglantes et vous obtenez l’exemple même du film.

La première partie du film est la seule réellement intéressante car la seconde qui se concentre sur les deux résistants Tchécoslovaques est juste là pour nous faire verser notre petite larmichette. La complexité de Reinhard Heydrich est très peu évoquée ainsi que son parcours et sa réflexion jusqu’à la Solution Finale pourtant c’était clairement le personnage le plus intéressant sachant en plus que le titre « HHhH » signifie « Le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». La femme de Heydrich incarnée par Rosamund Pike est elle aussi rapidement mise de côté alors que c’est grâce à elle qu’il a obtenu ce rang si important, elle se retrouve reléguée au second plan tout comme son mari. Un casting d’ailleurs bizarrement anglicisé pour un film qui se déroule dans l’Allemagne de la Seconde Guerre mondiale. Seul Dans Berlin nous avait déjà fait le coup, il faudrait peut-être arrêter pour nous prendre pour des jambons.

A trop vouloir en dire ou en faire, Cédric Jimenez s’est perdu dans les méandres de la Seconde Guerre mondiale entre documentaire, reconstruction historique et fiction. Sans aucune finesse, il nous raconte plus ou moins l’histoire d’un des plus grands hommes de la Seconde Guerre mondiale, préférant se perdre dans la facilité et l’émotion du spectateur. C’est de trop.

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