[CRITIQUE] Ava : La fureur de vivre avant d’oublier

Récompensée au dernier Festival de Cannes durant la Semaine de la critique, Léa Mysius, au même titre que Julia Ducournau avec son film Grave, vient de s’imposer dans le monde du cinéma avec un premier long-métrage certes imparfait mais tellement solaire qu’il nous éblouit de bout en bout. Est-ce que la réussite de cette jeune femme de 24 ans tout droit sortie de la Fémis et co-auteure avec Arnaud Desplechin est étonnante ? Certainement pas. Est-ce que la semaine de la critique serait une dénicheuse de talents ? On dirait bien. 

Ava a 13 ans et lors d’une visite chez l’ophtalmologue pendant ses vacances d’été, on lui apprend  qu’elle va devenir aveugle. En colère après sa mère qui s’intéresse plus à son prochain amant qu’à sa fille et effrayée à l’idée de ne jamais voir de belles choses, Ava se rebelle et rencontre le ténébreux Juan avec qui elle va grandir et s’affranchir avant que tout ne disparaisse.

Le film des premières fois

Ava est le film des premières fois. Premier long-métrage pour Léa Mysius, premier casting et premier rôle pour Noée Abita et quel premier rôle pour cette jeune fille de 18 ans. Noée Abita incarne à merveille cette jeune fille plus totalement enfant mais pas encore adulte qui s’affranchit du regard de sa mère à travers Juan, ce jeune homme rencontré après qu’elle lui a volé son chien. Une relation se noue entre ces deux êtres un peu perdus qui ne savent pas quoi attendre de la vie et le voyage initiatique d’Ava prend rapidement des allures de road trip qui lui est vital pour apprendre la vie, l’amour, la sexualité tant qu’elle peut encore voir. Derrière ses allures d’adolescente rebelle se cache surtout une jeune fille effrayée de perdre la vue et de ne pas avoir vu les beautés de ce monde. D’ailleurs ses états d’âmes étalés sur le papier contrastent avec ce comportement très froid qu’elle a avec sa mère et parfois avec elle-même, mettant parfois même sa vie en danger. Intrépide, Ava vit cet été comme le dernier avant que son horizon ne s’obscurcisse à jamais. Juan Cano quant à lui happe la caméra d’un regard malgré les quelques clichés autour de lui. Son charisme indéniable a de quoi lui ouvrir des portes c’est certain.

Malgré la noirceur de ce scénario, Léa Mysius a pris le film à contre-pied en filmant en 35 mm et en voulant conférer au film ce côté solaire et explosif, à l’image de son actrice principale. Les couleurs chaudes du sud de la France et ce que dégage Noée Abita donnent au film une vraie tendresse au film. Malgré tout la réalisatrice n’oublie pas son sujet principal et garde une ligne directrice avec ce chien noir, aussi hypnotisant que menaçant tout comme ces policiers sur leurs chevaux noirs.

Même si le film peut-être maladroit de temps en temps, ces maladresses donnent du charme à ce premier long-métrage qui est un véritable bijou de beauté, de tendresse et d’amour. C’est sensuel, c’est plus que solaire, ça éblouit même et l’énergie que dégage Noée Abita vous entraîne avec elle.

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