Focus

Ô cinéma, je tombe chaque fois un petit peu plus amoureuse de toi

Aujourd’hui ce ne sera pas une critique (j’ai donné assez ces dix jours) mais, pour une fois un coup de coeur, une déclaration d’amour au cinéma. Fabrice Luchini a dit une fois que « le cinéma est une parenthèse enchantée » et il a raison. Enfin dans mon cas c’est une putain de belle parenthèse enchantée. Une parenthèse qui j’espère va perdurer encore longtemps parce que sans elle je ne serais rien. Alors je ne sais pas pourquoi je fais cet article, peut-être parce que je m’ennuie un petit peu mais surtout qu’après cette folie Deauvillaise j’ai l’impression de m’être encore plus trouvée et que j’en ressors avec une détermination à en faire péter plus d’un mur. Je ne sais pas non plus où va me mener cet article mais comme on dit, qui vivra verra !

Mais revenons un petit peu en arrière. Plus précisément le 8 août 2013 (oui quatre ans déjà que le temps passe vite). Premiere critique mise en ligne, celle de Scary Movie 5. Ok pas le film de l’année et certainement pas la critique de l’année. M’enfin bon on tient déjà le début de quelque chose même si la régularité est loin d’être mon point fort puisque fin 2013 je n’aurai posté que quatre ou cinq critiques et dont le contenu laissait à désirer. 2014 était une année un petit peu plus prolifique et puis 2015 on va éviter d’en parler puisque le blog est aussi animé que l’émission Des Chiffres et des Lettres. Pourquoi ? Par manque de temps, d’ambition aussi parce qu’à ce moment-là bah comme beaucoup de gens je me cherchais. Je me suis paumée après le lycée et je suis partie dans la mauvaise direction. Ça arrive me direz vous, oui mais c’est dur à accepter et d’aller de l’avant pour se dire : « Allez on fait un virage à 180°, on a pas peur et on fonce ». J’ai longtemps hésité avant de foncer mais je l’ai fait.

Et puis un jour, alors que je n’avais rien à faire, je suis allée voir totalement par hasard un film : Tom à la ferme de Xavier Dolan. Nous étions trois dans une petite salle, je ne savais pas à quoi m’attendre et je ne connaissais pas ce réalisateur. J’en suis sortie de là bouleversée, transportée et même transformée. J’ai ouvert les yeux et je me suis dit : « Je veux faire ça, je veux parler des films qui m’ont marqué, je veux vivre ces émotions encore et encore, je veux les transmettre, je veux aimer le cinéma ». Je me souvenais quand j’étais petite, le meilleur ami de notre famille que j’appelais affectueusement tonton m’emmenait au cinéma voir des films d’animations. Je me souvenais du coffre en bois chez nous remplis de DVD de films d’horreur (merci maman). Oui je voulais aimer le cinéma mais je ne savais pas comment. C’est à ce moment-là que j’ai commencé mes études de journalisme. J’ai appris à réfléchir, à utiliser les bons mots à bon escient et surtout à être moi. Ah ça c’est sûr que je les ai fait chier avec mes critiques, mes dossiers et mes chroniques.

Et en 2016 j’ai repris mon blog en main. Je suis allée au cinéma plus régulièrement. Beaucoup plus régulièrement. Beaucoup trop régulièrement à tel point qu’on ne me voyait plus tellement en cours. Alors pour beaucoup vous vous dites : « Ouais tu vas au cinéma pour te divertir. C’est pas un vrai métier et tout le monde s’en fout de tes critiques » oui beaucoup de gens se disent ça, beaucoup de gens me l’ont dit. Il faut encaisser. Alors pour certains c’est facile. Pour d’autres moins. Et je fais partie de ces gens là parce que pendant longtemps je n’ai pas eu confiance en moi, en mon avenir, vers quoi je me dirigeais. Parfois je me suis dit : « Margaux arrête tes conneries et trouve toi un vrai job ». Parfois je doute encore puis il se passe des choses comme à Deauville.

Je vous promets que lorsque vous tenez entre vos mains votre premiere accréditation presse, ça vaut tous les trophées du monde. Votre carte, votre nom, votre blog c’est vous. Enfin c’est moi en l’occurrence. Lors de la cérémonie de clôture, David Lowery a dit : « Je trouve que critiquer un film c’est un art tout comme en faire un ». Bordel je ne sais pas si on qualifierai ça d’art mais savoir que certaines personnes reconnaissent ça autrement que comme un « divertissement » oui c’est gratifiant. Parce que voir un film c’est quelque chose, en parler s’en est une autre. Je me suis lancée là-dedans parce que j’aime le cinéma, j’aime ce qu’il dégage, ses acteurs, ses histoires, ses sentiments et même ses défauts.

Alors oui se revendiquer critique cinéma c’est peut-être exagéré surtout à mon niveau (et je ne parle pas de ma taille cette fois) mais à mon niveau je fais ce qui me plait, avec amour et avec des tripes. Des putains de tripes. Je ne suis pas parfaite je le sais. Non je connais pas tous les films de Martin Scorsese, oui j’aime Harry Potter, oui j’aime Sharknado, oui j’aime parfois des films de merde et non je ne connais pas tous les films qui existent et je n’ai pas vu tous les classiques. Ne me blâmez pas j’essaie de m’améliorer.

Est-ce que je me revendique cinéphile ? Oui parce que ma vie tourne autour de ça et ne représente pas qu’un simple loisir, parce que j’aime parler avec d’autres passionnés (ou non), parce que j’aime la diversité qu’elle nous offre et cette porte de sortie sur cet autre monde que j’aime tant. Est-ce que je me revendique critique de cinéma ? Il y a quelques temps je vous aurais dit non par pudeur, parce que je n’avais pas confiance en moi mais aujourd’hui je n’ai pas peur de lever la tête et de dire oui je le suis.

Alors non je n’en vis pas, non je ne travaille pas dans un prestigieux magazine, oui je n’ai qu’un blog et oui je suis encore une étudiante. Vous savez pourquoi j’ai commencé des études de cinéma ? Parce qu’il y a tellement de choses à dire et à en tirer. Parce que je comprends mieux les films aujourd’hui, que j’ai les outils pour et que, encore une fois, j’ai confiance en moi. Confiance en ce que je suis capable de faire et de donner. Alors non je ne suis pas la Star du net, je ne suis pas la nouvelle EnjoyPhoenix du cinéma et je ne cherche pas à l’être. Je suis franche, parfois je suis excessive, souvent énervante et quand je défends un film, je le défend corps et âme. Et c’est parce que j’aime tant le cinéma que je m’énerve comme la dernière fois sur twitter.

Je ne pensais pas trouver un but à ma vie un jour mais aujourd’hui quand je reçois un commentaire ou un message me remerciant de la critique que j’ai fait, qu’on me dit qu’on a été voir tel film parce que j’en ai parlé et que ça lui a plu alors je me dis que finalement je peux servir à quelque chose. Parfois j’oublie à quel point j’aime le cinéma et certaines choses me le rappelle comme ce 43e Festival de Deauville.

Ah ce Festival, je m’en souviendrais longtemps. Outre ma premiere carte de presse, c’était surtout mes premières conférences de presse et près de 29 films vus avec l’envie de bien faire et de vous faire vivre ce Festival au jour le jour. Bien assidue avec mon petit carnet, je scrutais chaque plan, chaque dialogue, chaque petit détail et je notais tout. Souvent très mal, toujours en vrac mais avec le sentiment du devoir bien fait. Oui critique est un art, accessible à tous certes mais je me dis que j’essaie de le faire avec ma petite touche. J’aime transmettre, j’aime monter ma joie face à un bon film et ma déception face à un mauvais film. J’aime courir en conference de presse pour poser des questions et j’aime découvrir.

Ah ça c’est quitte ou double hein Mais j’aime les blockbusters, j’aime les films d’auteur, j’aime tout ce que l’offre le cinéma (sauf les films d’horreur il ne faut pas abuser). Et surtout, surtout. J’ai réalisé ma première interview, une vraie, en face à face et en anglais. Bien heureuse d’avoir suivi scrupuleusement mes cours d’anglais depuis le collège tiens. Un peu surréaliste, un peu soudain mais surtout avec un acteur dont le film est en compétition à Deauville et qui joue dans les séries Empire et Sense 8. Encore aujourd’hui j’ai du mal à y croire. Le coup du destin ? De la chance ? Certainement. Mais lorsqu’on vous dit en face à face que vos questions étaient intéressantes et intelligentes alors oui on se dit que finalement on est pas trop un critique de merde.

[DEAUVILLE 2017] Jerod Haynes : « Filmer ce film sans aucune violence c’est presque un exploit et j’espère que les gens le comprendront »

Je ne sais pas où tout ça me mènera mais je suis sûre d’une chose c’est que j’aime ce métier et j’aime le cinema plus que tout. J’aime voir des films chiants et être obligée d’en parler après, j’aime comprendre les films et son propos, j’aime détester des films et par dessus tout j’aime en parler en long en large et en travers. Est-ce que j’en aurais un jour la légitimité ? Je n’en sais rien non plus. Est-ce que j’en ferai mon métier plus tard ? Je l’espère plus que tout et je prie chaque jour pour parce que c’est ce que je suis et que j’ai besoin du cinema plus qu’il n’a besoin de moi. Je pourrais vous parler encore bien des heures mais je sais que j’ai déjà perdu ¾ de mes lecteurs  donc au quart qui reste je vous félicite, courage c’est bientôt fini.

Je veux dire à ce qui doutent, qui ne savent pas où ils vont dans la vie, ne vous inquiétez pas cette petite étincelle apparaîtra tôt ou tard. À ceux qui ont peur de se lancer, foncez tête baissée même si vous vous ferez mal et même si votre entourage vous dit de ne pas le faire. À ceux qui disent que ce que je fais ne sert à rien, je vous emmerde.

Et je veux terminer par remercier ceux qui sont là, qui m’ont permis de ne rien lâcher et qui me font aimer le cinema un petit peu plus chaque jour.

Merci à ma maman d’être toujours dans le coin que ce soit physiquement ou par FaceTime.

Merci à vous sur Twitter de me suivre, de m’épauler, de RT et d’être là quand il faut.

Merci à Xavier Dolan sans qui je me serais jamais lancée à corps perdu dans cette aventure.

Et enfin merci à Christophe Carriere, mon mécène (non je deconne c’est qu’un enfoiré) qui a cru en moi quand je n’y croyais pas et qui croit certainement plus en moi que moi je ne crois en moi-même (vous avez pigé ?).

Sur ce je retourne à mon café gourmand que je déguste dans un petit restaurant à Deauville.

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