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[CRITIQUE] Baby Driver : Quand la musique prend le volant

Baby Driver est le sixième film du réalisateur Edgar Wright ( la trilogie du cornetto). Adulé par certains, son dernier bébé était très attendu. Ayant vu Hot fuzz sans réellement apprécier, attaquer Baby Driver sans a priori, c’était délicat. Une fois le film lancé et le premier plan à l’écran, la magie opère et l’on est entraîné par la musique qui est en totale symbiose avec la mise en scène. Elle est l’orchestre qui dirige tout le long-métrage, c’est ce dont il va être question ici. Avant de commencer à parler de  Baby Driver et de sa musicalité, il faut savoir qu’Edgar Wright n’est pas le seul réalisateur à travailler de la sorte, par exemple Quentin Tarantino, lui aussi, écrit ses films en pensant à la musique comme squelette de son long-métrage.

Baby Driver est l’histoire de Baby qui est chauffeur Driver pour un certain Doc. Il est question de braquages et de courses-poursuites. Le rythme soutenu de ce genre de films d’action est parfait pour laisser la place à la musique afin qu’elle s’exprime et donne le tempo. Revenons à Baby, il est notre protagoniste principal et il est caractérisé par la musique qu’il à en permanence dans les oreilles. C’est le DJ du film, puisque tous les morceaux que l’on peut entendre viennent directement de ses nombreuses playlists issues de ses Ipod’s.  Suivre un personnage, c’est avoir son point de vue et avec Baby, il y a un plus qui est donc la musique. Il est omniprésente et dirige tout ce qui est à l’écran, cela va aussi bien des décors et des couleurs flashs, mais aussi par le montage du rythme qui se plie au rythme musical. Il y a un plan-séquence du début est l’exemple-type de ce qu’il est décrit ici. Il est d’une virtuosité folle et chorégraphier magistralement grâce à à la musique. Sans jamais prendre le spectateur sur le bord de la route, le film se la joue branché et nous embarque dans son délire sans pour autant tomber dans le ridicule. Le long-métrage se permet de faire des références ici et là à de grands films sans jamais que cela ne soit gratuit. Pourtant, le scénario est tout ce qu’il y a de plus banal, mais la où le génie intervient, c’est que l’ambiance groovy amenée par tous ses morceaux rend le visionnage excitant.

Le réalisateur dit » c’est une comédie musicale d’action » et c’est exactement cela! Voir un film avec une histoire dite original qui tente des idées de mise en scène; ça ne court pas les salles ces derniers temps et voir débarquer Baby Driver qui est si généreux, on en sort avec heureux! Il est souvent dit que les blockbusters sont des divertissements. Dommage que la plupart ne sont que passables, car Edgar Wright nous prouve que faire un film divertissant peut être innovant!  L’appellation « films pop-corn » est souvent négative, mais avec Baby Driver, c’est tout le contraire!

Baby Driver d’Edgar Wright, États-Unis, 2017, 1h57