Critiques

[CRITIQUE] Ça : Pourquoi faut-il le voir ? (Même si vous êtes peureux)

Aujourd’hui c’est un article un peu spécial que je vous écris. Bon ok c’est une critique d’un film encore certes mais pas que, non non ! Parce qu’aujourd’hui ce n’est pas n’importe quel film que j’ai vu, je suis allée voir Ça hier après-midi. Vous savez le fameux film avec le clown immonde et qui a de quoi vous filer de sacrées insomnies. J’y suis allée à reculons ou en moonwalk si vous préférez et j’en suis ressorti ravie. Et oui même moi ça me surprend et pourtant c’est bien mieux que ce qu’on peut imaginer alors aujourd’hui je vais vous dire pourquoi il faut que vous voyez ce film même si vous êtes le pire froussard (on dit encore ce mot ?) sur cette planète et je sais de quoi je parle.

Autant vous dire qu’on part du mauvais pied

Revenons un petit peu en arrière et parlons histoire personnelle (j’ai l’impression d’être chez le psychologue là). Les films d’horreur m’ont traumatisé depuis que je suis toute petite, la faute à une maman férue de ce genres de films et qui, généralement, mangeait ses tartines le matin devant Scream alors autant vous dire que quand on a trois ans et qu’on a l’habitude de regarder Pikachu, voir Ghostface de bon matin n’a rien de bien rassurant vous en conviendrez. Sans compter ce fameux coffre en bois caché derrière le canapé du salon où ma mère rangeait scrupuleusement tous ses dvd de films d’horreurs en passant par The Ring, Scream et des films plus douteux du genre Granny (une grand-mère qui tuait des jeunes avec une hache, passionnant, surtout quand tu as 6 ans). Et puis surtout, comme la plupart des enfants, j’avais la phobie des clowns et des poupées. Evidemment ma famille adorait en foutre partout dans l’appartement… Quand je vous dis qu’ils m’ont traumatisé… Comment voulez-vous qu’on s’en sorte dans la vie avec ça ? Après ils s’étonnent que j’ai failli briser les côtes d’un homme qui s’est déguisé en Ghostface pour me faire peur à Halloween.

« Jamais je n’irai voir Ça« 

Donc depuis toujours ma relation avec les films d’horreur est compliquée. J’en ai vu un, Annabelle. J’ai failli partir en pleurant alors que le film ne durait qu’1h30. Et surtout qu’il n’était pas si génial que ça, en plus donc on part de très très loin avec moi. Si j’ai vu Get Out, It Follow, Don’t Breathe… mais je ne les qualifierais pas de « film d’horreur » mais de « thriller psychologique ». Enfin bon je ne suis pas là pour parler des genres cinématographiques sinon cet article va durer 100 ans.

Alors quand j’ai su que Ça sortait au cinéma, je me suis promise de ne jamais le voir parce que si j’ai failli pleurer devant Annabelle imaginez devant Ça, sachant qu’il dure plus de 2h. PLS, AVC voir même le corbillard c’était sûr. Sauf que les critiques du films ont tombé, d’abord aux Etats-Unis puis en France et comme j’aime le cinéma, j’avais (malheureusement) de plus en plus envie de le voir. Et pourtant paradoxalement ça me faisait de plus en plus peur parce que lorsque je vous dis que j’ai la phobie des clowns, vous ne vous rendez pas compte à quel point. J’ai du arrêter American Horreur Story lors de la saison dans le cirque, j’ai peur au moins bruit chez moi, je peux m’imaginer des scénarios dignes d’Hollywood. Jamais je ne ferais le Manoir de Paris ni même aucun train fantôme même le plus petit qui puisse exister. Alors oui, on part de très très loin avec moi.

« Mais qu’est-ce que je fous là ? »

Alors c’est décidé, je pars voir Ça, comme une grande et toute seule donc si je décède ce sera dans l’ignorance la plus totale, génial. Une fois assise dans le fauteuil, je me demande au moins une soixantaine de fois : »Mais qu’est-ce que je fous là ?« . Enfin bon, il est trop tard, je ne peux plus reculer. On zappe toute la partie du film puisque je vais vous détailler tout ça juste après mais je suis sortie de là indemne, oui. Et ravie. Et j’avais même hâte de voir le chapitre 2, c’est totalement insensé moi-même je n’en revenais pas et pourtant forcée de constater que Ça était très bien et que je n’ai (presque) pas eu peur.

Pourquoi ? Comment ?

Après cette petite (bon ok très longue) introduction, il est temps de s’attaquer au film en soi et je vas revenir sur cette distinction (totalement personnelle mettons-nous d’accord, pas envie d’avoir encore des remarques débiles sur Curious Cat) entre film d’horreur et ce que je préfère appeler le thriller psychologique. Annabelle, Conjuring, Paranormal Activity, j’en passe et des meilleures se classent dans la première catégorie. C’est-à-dire que le film d’horreur tend plus vers le divertissement pur et dur où son seul but est de nous effrayer. La seconde catégorie qui tient du thriller psychologique regroupera donc comme je l’ai dit précédemment des films comme Get Out ou encore It Follows c’est-à-dire des films qui ont certes pour but de nous faire peur mais qui sont un peu plus profonds et intéressants et qui arrivent à nous faire peur sans forcément utiliser le sang et de drôles de créatures immonde surgissant du premier placard venu (oui elles sortent toujours des placard c’est bon les gars on vous a cramé il est temps de changer de disque). Et, bizarrement, c’est dans cette catégorie que se place Ça, malgré son clown immonde, comme quoi. Mais vous allez me dire « Pourquoi ?« , ou pas d’ailleurs mais c’est mon article et je fais ce que je veux dedans.

Ne pas voir le clown en tant que clown

C’est peut-être totalement con ce que je vais sortir, en plus je n’ai pas lu le livre mais il ne faut pas voir le clown en tant que simple clown. « Ouais Margaux merci on est pas con allez salut ! » je vous entends déjà hurler derrière vos écrans mais alors déjà je ne m’adresse pas à vous mais à ceux qui ont viscéralement peur des films d’horreur et qui ne voient Ça qu’à travers le clown et donc le clown est moche et il fait peur donc le film fait peur et j’ai pas envie de me taper un clown pendant deux heures (façon de parler évidemment). Ça est un thriller psychologique parce qu’il ne cherche pas à vous faire peur à tout bout de champ. Bon de temps en temps certes mais c’est le lot de n’importe quel film de ce genre et honnêtement, tous les jump scores sont prévisibles donc vous pouvez vous préparer psychologiquement c’est comme la piqure une fois que c’est fait après ça va mieux.

Remettons les choses dans son contexte pour ceux qui ne connaitraient pas Ça : À Derry on retrouve une bande de gamins, des loosers, ceux qui se font régulièrement persécutés, face à face avec cette chose appelée « Ça » un clown métamorphe qui, tous les 27 ans, s’attaque aux enfants de la ville pour se nourrir de leurs peurs. Les enfants font faire face, tous ensembles, pour combattre cette entité maléfique et ainsi rompre la malédiction qui pèse sur la petite ville.

Alors pourquoi voir ce film (oui on y arrive enfin, ouf !) ? Tout d’abord pour cette bande de gamins, l’aspect rétro du film rappelle forcément les gosses de Stranger Things. On ne peut que les apprécier ces enfants rejetés à l’école : il y en a un qui bégaye, l’autre un peut grassouillet ou encore la seule fille du groupe sujette à d’horribles rumeurs. Chacun d’entre eux est destiné à rencontrer Ça et l’on comprend petit à petit chacune de leur peur que ce soit Billy qui a peur d’avouer que son petit frère est décédé (tué par Pennywise au début du film), Beverly effrayée par son père qui la viole ou encore Mike, hanté par la mort de ses parents dans un incendie. La mayonnaise prend immédiatement, on s’attache à cette bande de gamins, on s’identifie à eux et surtout on a de la compassion pour eux. On notera le point fort du film, et qui du coup contrebalance avec le côté horrifique, c’est l’humour sans limite de Richie qui fait du bien. Tout le film repose sur les épaules du leader de ce petit groupe, Billy, incarné brillamment par le jeune Jaeden Lieberher, qui va donc devoir affronter leurs plus grandes peurs.

Parce qu’au final Ça c’est, avant d’être un « film d’horreur », un film sur l’apprentissage. C’est d’apprendre à surmonter ses peurs parce que si on ne le fait jamais elles finissent littéralement par vous manger. C’est un film sur le courage, sur ce passage compliqué de l’enfant à l’adolescence, sur les prises de risques mais aussi sur l’amitié. Oui ça fait cucul la praline mais il n’empêche qu’à plusieurs on est toujours plus fort et qui si vous avez peur, si vous vivez quelque chose de compliqué, parlez-en, il y aura toujours quelqu’un pour vous aider. Oui, Andy Muschietti arrive à nous surprendre avec ce film d’horreur où le méchant n’est pas forcément celui qu’on croit.

Et si nous voyons le film autrement ? Et si, les entités maléfiques étaient celles présentes dans la vie de chacun de ces enfants et que ce clown ne serait finalement que l’élément déclencheur de leur vie qui les permettront d’avancer et de grandir. Et si le clown n’était pas le méchant de l’histoire mais juste celui qui, au contraire, va aider les enfants ? Bim pavé dans la mare je sais.

Enfin on abordera plus rapidement le côté esthétique du film. Tout d’abord le clown qui diffère totalement du clown dans le film original. Là où le premier Pennywise ne revêtait qu’un simple maquillage, le Pennywise de 2017 arbore un visage beaucoup plus effrayant (merci les images de synthèse) et perd donc peut-être un peu de sa frayeur paradoxalement même si Bill Skarsgård reste extrêmement convaincant en clown maléfique. Le clown perd en humanité mais gagne en méchanceté mais n’est-ce pas plus effrayant un clown humain qui tout d’un coup se met à vous manger le bras ? Plus généralement, l’esthétique du film reste assez fidèle à sa version originale, on pensera évidemment à cette scène d’ouverture mythique ou encore un des plans finals dont je ne peux rien vous dévoiler sans spoiler mais sachez qu’elle est tout simplement superbe (je vous donne l’eau à la bouche hein ?)

Est-ce qu’on a fait le tour ? Oui je crois bien (vous pouvez enfin souffler, votre calvaire se termine incessamment sous peu). Alors pourquoi vous avoir pondu un tel pavé ? Parce que même ceux qui ont peur devant la moindre goutte de sang (et je suis bien placée puisque j’en fais plus que partie) ne doivent pas avoir peur de Ça et ne pas appréhender le film comme un simple film d’horreur venu effrayer les jeunes et les moins jeunes mais comme un véritable thriller psychologique avec plusieurs degrés de lecture, une intelligence folle, bref le film d’horreur de l’année même si je n’aime pas cette appellation.

Bref c’est tout pour moi, je pars me mater quelques épisodes de My Little Pony. Allez, à très vite !

Ça d’Andy Muschietti, Etats-Unis, 2017, 2h15
Actuellement en salles

 

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