[CRITIQUE] Le Château de verre : Woody Harrelson, leader loufoque et charismatique

Le 43e Festival du Cinéma Américain rendait hommage à Woody Harrelson lors de sa cérémonie de clôture. L’occasion de faire découvrir en avant-première son dernier film Le Château de verre, adaptation du livre du même nom. Cependant le film de Destin Cretton peine à faire oublier Captain Fantastic, Prix du Jury à Deauville l’année dernière. Scénario brouillon, heureusement sauvé par une prestation de Woody Harrelson assez bluffante. 

Au même titre que Captain Fantastic, Le Château de verre fait le portrait d’une famille atypique refusant de se soumettre aux normes de la société avec à sa tête un père de famille utopiste, rêveur et loufoque. Mais derrière cette famille au mode de vie singulier se cache surtout un père alcoolique et une mère incapable d’assumer son rôle, préférant s’évader en peignant tout et n’importe quoi si bien que les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Quelques années plus tard, on retrouve Jeanette, l’une des trois filles de la famille dans un univers totalement différent, sur le point de se marier à un riche new-yorkais, à l’opposé de tout ce qu’elle a pu connaître. L’occasion de revenir par séquences de flashbacks sur cette enfance chaotique.

Le rythme n’arrive pas à s’installer (tout comme l’émotion)

Compliqué de ne pas faire la comparaison avec Captain Fantastic tant ces deux films se rejoignent sur beaucoup de sujets à un petit détail près, là où le premier jouait sur la comédie et l’excentricité du père de famille, le second s’engouffre dans quelque chose de beaucoup plus sombre et dur. Comment cette enfance et cette éducation rigide a forgé le caractère de Jeanette Walls ? Et bien justement on le saura vraiment jamais. La faute à un parti pris stylistique qui casse le rythme du film. En alternant passé et présent, le spectateur n’arrive pas à s’immiscer dans cette histoire pourtant plutôt bien partie.

Woody Harrelson est un leader charismatique, attachant de part l’amour qu’il porte à ses enfants et son imagination débordante d’où en découle son fameux projet : un château de verre pour lui et sa famille. Mais tout comme le château de verre, le film est fragile et se brise à la première maladresse que ce soit ces sauts dans le temps ou la psychologie des enfants balayée à la va vite alors que c’est là que résidait le film. Pourquoi Jeanette Walls a telle changé radicalement de mode de vie ? Qu’est-ce qui l’a poussé à devenir aussi froide ? Et surtout où se trouve la cohérence entre le passé, le présent et ce final larmoyant, à la morale vue et revue ?

Les performances de Brie Larson et Naomi Watts sont discutables, plus qu’irritantes qu’autre chose. Heureusement Woody Harrelson arrive à sauver un tant soit peu le film par son humour, sa joie mais aussi cette part de noirceur qui arrive à donner de temps en temps de la profondeur au film.

Le Château de verre n’en reste pas moins noble dans son sujet, assez bien traité de temps en temps et émouvant lorsqu’il le faut mais la mauvaise construction du film et cette morale bien pensante vient briser le fragile équilibre du film.

Le Château de verre de Destin Daniel Cretton, Etats-Unis, 2017, 2h08
Sortie le 25 septembre

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