Critiques

Blade Runner 2049 : Un sequel digne de ce nom

Chaque fin d’année, Denis Villeneuve aime bien débarquer sans prévenir pour nous jeter à la figure de très bons films. Après Sicarioet Premier Contact, le revoici avec Blade Runner 2049, suite du visionnaire et culte film de Ridley Scott. Au programme, la réadaptation moderne et continuité visionnaire d’une œuvre derrière laquelle une flopée d’amateur·ices sont aux aguets. Autant dire un sacré challenge. 

2022, un blackout plonge les États-Unis dans un chaos inédit. La nourriture se fait rare, le système climatique est en déclin et toutes les données informatiques sont soient effacées soit corrompues, entraînant le monde des finances dans une chute inexorable. À la tête de la Wallace Corporation, Niander Wallace rachète ce qu’il reste de Tyrell Corporation en 2028 avec la fortune qu’il s’est fait en créant de la nourriture génétiquement modifiée. En 2036, l’interdiction de possession d’androïdes est levée, Niander Wallace a donc tout le loisir d’introduire ses nouveaux Réplicants, plus dociles : les Nexus 9.

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Notre récit débute en 2049, avec une misère est à son apogée et des tensions entre humains et Réplicants de plus en plus fortes. C’est dans ce contexte qu’on découvre l’officier K, Blade Runner effacé mais efficace, chargé d’éliminer les androïdes récalcitrants. Suite à ce qui devait être une banale affaire de plus, il se retrouve traqué à son tour. Son seul espoir pour découvrir le fin mot de cette histoire ? Retrouver Rick Deckard, disparu depuis des décennies.

On sait à quel point il est compliqué de s’atteler à la suite d’un film culte. Nombreux·ses sont celleux qui s’y sont cassé les dents, mais Denis Villeneuve a eu l’intelligence de poser ce postulat de départ : « Quoi que je fasse, je serai toujours comparé à l’original et mes chances de succès sont très minces« . De ce fait, le réalisateur se déleste de ce poids de devoir faire aussi bien que Scott et parvient à s’approprier l’univers tout en y conservant son essence.  Le Los Angeles de 2049 rappelle vaguement celui de 2019 mais en beaucoup plus sombre et sordide. La pluie constante, la pauvreté, les rues malfamées et ces blocs de bétons sans âmes qui servent d’immeubles… Les seules touches de couleurs se retrouvent dans ces hologrammes grandeur nature qui semblent d’ailleurs être la seule source de plaisir de cette société.

La crainte d’une surdose d’effets numériques, s’ils sont malgré très présents, laisse place à un cinéma de l’épure, jamais dans l’excès. Quelques touches savamment dosées comme il a su si bien le faire dans Premier Contact.

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La photographie de Roger Deakins sublime encore plus les décors dans des jeux de lumières tantôt aveuglantes, tantôt sombres et poussiéreuses. On retient cette scène de l’agent K dans un Las Vegas à l’abandon qui est d’une beauté renversante. Ainsi Blade Runner 2049 respire à plein nez les traits et le cœur même de l’oeuvre originelle en s’autorisant quelques libertés.

L’histoire arrive à s’installer grâce à cette nouvelle mission qui bouleverse toutes les idées de l’agent K, une trame qui n’est pas non sans rappeler le parcours de Rick Deckard. Hampton Fancher, Michael Green et Ridley Scott arrivent à éviter les facilités de scénario tout en ponctuant le film de rebondissements.

Ryan Gosling, Harrison Ford, Jared Leto, Dave Bautista, Ana de Armas, Robin Wright, le casting réunit du beau monde, même si leur écriture n’est pas toujours égale. On pense notamment à Jared Leto, plus développé dans le court-métrage intermédiaire, et manquant ici de consistance. On retient particulièrement la relation entre K et Joi, Ana de Armas sublimant chacune de ses apparitions. Harrison Ford quant à lui nous prouve qu’il en a encore sous le pied et fera sans aucun doute plaisir aux plus nostalgiques d’entre nous.

BLADE RUNNER 2049

Blade Runner 2049 s’inscrit aussi dans le thriller presque onirique et Denis Villeneuve réussit le pari haut la main de succéder à Ridley Scott avec une suite digne de ce nom, visuellement plus qu’alléchante sans paraphraser ce qui s’avère être le film d’une décennie (voire plus), sans dénaturer le propos et en imposant sa touche personnelle pour nous offrir au final une œuvre à la fois grandiose et intimiste.

Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve. Écrit par Hampton Flancher, Michael Green, Ridley Scott. Avec Ryan Gosling, Ana de Armas, Dave Bautista… 2h31
Sortie le 4 octobre 2017

3 comments on “Blade Runner 2049 : Un sequel digne de ce nom

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