[CRITIQUE] Jalouse : Quinqua en transit

La (bonne) comédie française est morte ? Que nenni. A l’heure de l’humour potache, des films comme Au revoir là-haut ou Le Sens de la fête nous prouvent qu’il est encore possible de faire de vraies bonnes comédies. Et à cette jolie liste s’ajoute aujourd’hui le dernier né des frères David et Stéphane Foenkinos : Jalouse ou l’histoire d’une mère de famille en proie à une jalousie plus qu’exagérée envers ses proches et autant vous dire, tout le monde en prend pour son grade. 

Mais de qui Nathalie Pêcheux n’est-elle pas jalouse ? Respectée professeure de lettres, cette quinquagénaire à l’aube de la ménopause et en « transit » selon son généraliste devient du jour au lendemain jalouse maladive. D’abord de sa ravissante fille de 18 ans qui s’éloigne petit à petit au profit de son petit-ami Félix, ensuite de la relation qu’entretient son ex-mari avec sa nouvelle compagne bien plus jeune qu’elle, sa meilleure amie dont la vie est bien trop parfaite, ses voisins d’un enthousiasme déroutant et sa nouvelle collègue au travail dont les idées et la spontanéité ne plaisent guère.

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Grinçante et vacharde comme on l’aime

Comment ne pas aimer Karin Viard ? Comment ne pas adorer la détester dans Jalouse ? Avec énormément de brio, les frères Foenkinos dresse le portrait d’une mère de famille à la dérive, perdue dans un monde qu’elle n’arrive plus à suivre. La jeunesse prend place, c’est difficile à accepter. Elle prend place chez elle, au travail, partout. Insupportable, vacharde, énervante et pourtant si attachante Karin Viard dans un rôle fait sur mesure. Les répliques font mouche, personne n’est épargné. « Tu as préféré le corps à l’intellect », « En plus ta fille est moche ». Nathalie Pêcheux n’épargne personne pour notre plus grand plaisir. Jamais on aura autant adoré détester un personnage. L’actrice de 51 ans joue avec élégance la jalousie mais aussi la vulnérabilité qui se dessine petit à petit lorsqu’elle se rend compte que tout le monde lui tourne le dos.

Karin Viard tire vers le haut un casting déjà éblouissant avec Anne Dorval dans le rôle de la meilleure amie à la vie parfaite (quel plaisir de la voir de plus en plus dans le cinéma français), Anaïs Demoustier dans un rôle à contre-emploi, le tout accompagné de la révélation Dara Tombroff et Marie-Julie Baup qui livre une performance aussi niaise qu’hilarante.

David et Stéphane Foenkinos viennent de nous offrir pour cette fin d’année et avec énormément de délicatesse une comédie à la  fois grinçante, énervante et touchante. Avec ça c’est certain, la comédie française n’est pas morte, loin de là.

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