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[PORTRAIT] : Michelle Williams, égérie mélancolique du cinéma indé

Michelle Williams est l’une des plus belles et des plus talentueuses actrices de ces vingt dernières années.. tout simplement.
A l’aube de ses quarante ans (bon, elle a encore de la marge), la belle blonde s’est constituée une carrière aussi riche en rôles d’envergures que férocement imposante sur la scène du septième art ricain, à tel point qu’elle nous donne férocement l’impression d’avoir vécu plusieurs vies devant nos yeux – souvent – ébahis.
Icône des teenagers, atout de charme auprès de grands cinéastes ou encore représentante de poids du grisant cinéma indé US : l’actrice a tout joué, tout vécue sur le grand écran, comme dans la vie.

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Son amour, sa passion pour la comédie et son envie viscérale de devenir actrice, lui viendra au moment de son dixième printemps, quand elle assistera à une représentation théâtrale de Tom Sawyer.
Un véritable déclic pour elle, qui motivera son père à lui faire vivre son rêve coûte que coûte, en la conduisant une pléthore de fois de son Montana natal jusqu’à la Cité des Anges, ou elle passera une pelleté d’auditions.

 » Tandis que je grandissais, il est plutôt devenu mon meilleur ami que mon père. Il m’a enseigné la lecture, m’a apprit à aimer l’art, les livres ainsi que les voyages et à être indépendante. « 

Finalement à 15 ans, elle prendra la lourde mais salvatrice décision de tout plaquer en quittant l’école pour se consacrer pleinement à sa carrière, prenant des cours par correspondance pour passer son bac de manière accélérée.
Plus osé, elle quittera même le logis familiale en s’émancipant, histoire de partir vivre à L.A, là où tout se joue pour une jeune actrice en herbe (et même pour une actrice tout court).

 » Je suis partie de chez moi parce que j’avais envie de contrôler ma vie. J’ai vécu toute seule à Los Angeles pendant un an, loin de ma famille qui était à San Diego. Avec des petits revenues, j’ai habité des appartements miteux. J’ai connu l’attente, les galères, les castings ou on ne vous rappelle pas… « 

Sa carrière, elle la débutera véritablement à la télévision dans des séries à succès (Alerte à Malibu, Notre Belle Famille, Papa-Bricole,…), ou même des téléfilms populaires (Lassie), là où le septième art tarde à pleinement lui faire les yeux doux, ne lui proposant que des petites apparitions dans des films soit franchement oubliables Secrets avec Michelle Pfeiffer ou encore La Mutante, cultissime bande horrifico-érotique avec la sculpturale Natasha Henstridge), voir tout juste plaisant à suivre (Dick, Les Coulisses de la Présidence d’Andrew Fleming, Halloween, 20 ans après de Steve Miner).
Mais c’est bien la télévision qui lui ouvrira les portes du succès, en 1999, lorsqu’elle décrochera le rôle très convoité de la jeune et rebelle Jennifer Lindley dans la série phénomène Dawson, chapeauté par le génial Kevin Williamson.

 

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Durant cinq saisons, elle réussira à séduir les téléspectateurs du monde entier, s’offrant même (quand elle décidera, elle même, de quitter la série), l’un des départs les plus émouvants de l’histoire du petit écran.

 » J’ai tourné la page, mais je serais toujours reconnaissante à Dawson de m’avoir appris deux choses fondamentales : avoir confiance en moi et ne jamais, jamais avoir peur de la caméra. « 

Un apprentissage à la dur du métier d’acteur, qui lui permettra non seulement d’attirer plus distinctement les sirènes d’Hollywood, mais aussi une petite notoriété d’estime qui lui offre la possibilité de choisir les films dans lesquels elle veut jouer, et c’est instinctivement vers le cinéma indépendant que son choix se portera, plus risqué mais infiniment payant sur la durée.

 » J’ai toujours aimé le cinéma indépendant. A la fin de mon adolescence, entre deux tournages de Dawson, je prenais ma voiture et je filais au  » Film Forum  » à New-York, découvrir des films indépendants ou européens. « 

De 2002 à 2004, elle enchainera les plateaux du bon gout en tournant notamment avec Christina Ricci dans Prozac Nation (l’histoire d’une jeune et talentueuse écrivaine, qui après des débuts prometteurs, tombe dans une grave dépression), Imaginary Heroes avec Sigourney Weaver et Jeff Daniels (une famille américaine doit faire le deuil du décès du fils aîné, un nageur accompli) ou encore les excellents Land of Plenty de Wim Wenders (un puissant constat d’une Amérique blessée, deux ans après les attentats du World Trade Center), The United States of Leland aux côtés de Ryan Gosling et Don Cheadle (un frêle adolescent, poignarde à mort un jeune garçon et se retrouve dans un centre de détention pour mineur, ou il fera face à un professeur qui tente de découvrir les raisons qui l’on poussé à commettre l’irréparable) et The Hottest State; première réalisation de l’acteur Ethan Hawke, où elle fera face à Marc Webber et Laura Linney (l’histoire d’un amour passionné et intense entre un jeune acteur volage et une musicienne jolie et talentueuse).

 

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En 2005, elle se perfectionnera son jeu d’actrice chez l’orfèvre Ang Lee dans le merveilleux Le Secret de Brobeback Mountain, qui conte la bouleversante histoire d’amour entre deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain, au milieu des années 60.
Avec le rôle d’Alma, la femme trompée par son mari Ennis, elle chipera sa première nomination aux oscars – la première d’une longue lignée – mais rencontrera surtout l’amour avec feu le (très) regretté Heath Ledger.
De cette union compliquée (le couple se séparera en septembre 2007, peu de temps après avoir tourné ensemble dans I’m Not There, mais également quatre mois avant la tragique disparition du comédien) naitra une petite fille, Matilda Rose, le 28 octobre 2005, dont les acteurs Jake Gyllenhaal et Busy Philipps, seront les parrains.
Après le décès du comédien, elle privilégiera logiquement l’éducation de sa petite fille à sa carrière, se faisant plus rare à l’écran, mais pas pour autant moins judicieuse et juste dans ces choix.

 » Je ne suis pas carriériste. Lorsque je reçois un scénario, je fonctionne à l’instinct. Quand j’accepte un rôle, je n’ai que deux conditions : ne jamais rester éloignée de ma fille trop longtemps et être sure de ne pas avoir à regretter plus tard ce que j’ai fait. « 

 

A la fin des années 2000, elle enchainera les prestations remarqués dans les productions grands publics Manipulations (aux côtés de Hugh Jackman et Ewan McGregor, ou un comptable est forcer par un avocat à commettre le plus gros braquage du siècle), Shutter Island de Martin Scorcese face à Leonardo DiCaprio, mais elle s’illustrera surtout plus que jamais en spécialiste du cinéma indépendant, dans le très beau Wendy et Lucy (l’itinéraire dans une petite ville de l’Oregon d’une jeune fille et de son chien) et La Dernière Piste (une caravane composée de trois familles se perd dans le désert de pierre de l’Oregon de 1845) de Kelly Reichardt; cinéaste dont elle deviendra très vite l’actrice favorite.

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Sans oublier au virage des années 2010, le drame The Hawk is Dying (l’histoire d’un propriétaire d’un magasin de voitures, qui rêve de capturer un faucon et de le dresser) et l’émouvant Blue Valentine, chronique réaliste sur le naufrage d’un couple aux côtés de Ryan Gosling; rôle qui lui vaudra sa première nomination à l’oscar de la Meilleure actrice.

Une première nomination qui sera vite suivi d’une seconde l’année suivante en 2012, grâce à sa performance – ou plutôt son incarnation à la perfection -, de la regrettée Marilyn Monroe dans le léger My Week With Marilyn de Simon Curtis, qui s’attarde sur le tournage mouvementé du Prince et la Danseuse.

Si aucune statuette dorée n’a encore pointé le bout de son nez pour auréoler son parcours, la jeune ado craquante des séries télés a bel et bien changée : elle a mutée, s’est transformée, à explosée pour devenir une des commédiennes les plus demandés et adulées de sa génération.
Outre la petite incartade blockbuster chez Sam Raimi (le mitigé Le Monde Fantastique d’Oz), elle a brillé de mille feux ces dernières années que ce soit dans le mélodrame Take This Waltz de l’actrice Sarah Polley (où elle jouera une femme devant choisir de vivre avec celui qu’elle aime depuis toujours – Seth Rogen -, et celui qui l’a fait fondre depuis peu – Luke Kirby -), en résistante attirée par l’ennemi nazi dans Suite Française de Saul Dib, en mère endeuilée dans le magistral Manchester By The Sea de Kenneth Lonergan (nouvelle nomination à la clé) ou encore à nouveau chez Kelly Reichardt (Certaines Femmes) et chez Todd Haynes (le sublime Le Musée des Merveilles).

 

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Et alors qu’actuellement elle en impose fortement en mère courage aux côtés du grand Christopher Plummer dans le mitigé Tout l’Argent du Monde de Ridley Scott, l’actrice ne tardera pas à nous revenir en 2018 puisqu’elle sera également au casting de l’alléchant The Greatest Showman de Michael Gracey d’ici la fin du mois de janvier, mais aussi et surtout du blockbuster superhéroïque Venom de Ruben Fleischer, où elle incarnera le love interest d’Eddie Brock/Tom Hardy.

Toujours libre dans ces choix, misant constamment sur des films profonds posant souvent de vraies questions importantes, plutôt que des productions veines et férocement populaires, la belle Michelle Williams est muée bien plus par l’ambition de se construire une filmographie, et non une carrière d’actrice Hollywoodienne.
Jamais vraiment là où on l’attend, la comédienne arrive pourtant constamment à partager son intimité avec le spectateur de la plus pure et délicate manière qui soit.
Bref, une vraie et sincère comédienne, douce et fragile à la beauté naturelle enivrante.

 

Premiere Of Amazon Studios' "Manchester By The Sea" - Arrivals

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