[CRITIQUE] Nobody’s Watching : Amère désillusion

Après Hermanas et Le dernier été de la Boyita, Julia Solomonoff nous revient huit ans plus tard avec son nouveau long-métrage Nobody’s Watching. Et la réalisatrice argentine n’a rien perdu de sa superbe depuis toutes ces années en nous proposant un portrait d’homme touchant à l’heure où le problème d’intégration et d’immigration est plus que d’actualité. Et pour en savoir sur la réalisatrice, vous pouvez d’ores et déjà lire l’interview réalisée avec elle il y a quelques mois.

Nico arrive à New-York avec le rêve de presque tout ceux qui débarquent dans la Grosse Pomme : se faire un nom. Déjà connu chez lui en Argentine où il tenait un des rôles-titres dans une série à succès, le garçon a décidé de s’éloigner du pays – notamment à cause de quelques désagréments amoureux – pour tenter une nouvelle vie sauf que rien ne se passe comme prévu alors que le garçon est obligé de jongler entre petit boulot dans un bar et baby-sitting tout en tentant des castings à tout va et sans oublier de ne rien dire à ses proches.

Dans un portrait intimiste de notre protagoniste – et au passage un portrait peu flatteur de New-York -, Julia Solomonoff dépeint avec énormément de tendresse le parcours plus que chaotique d’un homme en quête d’identité et qui ne trouve pas sa place dans une ville trop grande pour lui, trop impersonnelle, trop étouffante… Le film pointe ainsi du doigt les problèmes d’intégration concernant les immigrants (les nounous déguerpissent du parc dès qu’un parent appelle la police pour aider un enfant coincé dans une balançoire) mais critique aussi une industrie du cinéma qui ne veut pas des latino-américains (lorsque la productrice dit à Nico que les latinos sont à la mode mais qu’il devrait quand même se teindre les cheveux et perdre son accent).

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Une société qui rejette le bonhomme qui n’a plus d’autre choix que d’accumuler les petits boulots pour survivre et se vider la tête comme il peut avec le premier mec rencontré dans un bar. Un acteur désormais sans travail mais obligé de jouer l’acteur dans la vie de tous les jours en mettant en scène une fausse vie lorsque son meilleur ami vient en ville et tente tant bien que mal d’attirer l’attention par tous les moyens quitte à voler dans les magasins.

Cri de désespoir d’un homme qui ne souhaitait que réussir, Nico voit ses rêves s’effondrer un par un. Le seul moyen pour lui de s’en sortir ? Tirer un trait sur son ancienne vie, accepter l’échec. Parce que Nobody’s Watching c’est ça aussi, savoir reconnaître ses erreurs parce que la Grosse Pomme ne pardonne pas ces rêveurs aux grandes ambitions.

Porté à bout de bras par un Guillermo Pfening aussi éblouissant qu’il est fragile, Nobody’s Watching est un magnifique portrait d’un rêveur comme un autre qui tente tant bien que mal de se battre autant contre une ville qui ne veut pas de lui que lui-même.

3,5 étoiles

Nobody’s Watching de Julia Solomonoff. Avec Guillermo Pfening… 1h44
Sortie le 25 avril

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