[CANNES 2018] Les Oiseaux de passage : Tragédie amérindienne

Premier film présenté à la Quinzaine des réalisateurs cette année, Les oiseaux de passage est le nouveau film de Cristina Gallego et Ciro Guerra après que ce dernier ai réalisé il y a trois ans L’Etreinte du serpent. Pour ce quatrième long-métrage, il s’est donc accompagné de celle qui est à la fois productrice mais également épouse pour narrer le destin d’une famille indigène Wayuu dans la Colombie fragile des années 70 rapidement happée par le trafic de drogue menaçant ainsi toute une famille – mais aussi une tribu – pour finalement donner naissance aux cartels de drogue.

Si le Pablo Escobar et toute sa clique a le vent en poupe ces derniers temps, on est loin de se douter que tout a commencé dans les déserts colombiens des années 70, encore moins au coeur d’une tribu Wayuu, véritable société matriarcale où le parrain est la marraine qui doit assumer les conséquences des gestes de sa famille. Les Oiseaux de passage aligne les genres à la pelle sans jamais totalement tomber dedans que ce soit la tragédie grecque – le film en cinq actes, la tragédie familiale -, le western – les réglementés de comptes pistolet à la main -, le drame Shakespearien – la mort des deux êtres aimés – ou encore même le film anthropologique. Gallego et Guerra réussissant à équilibrer leur film tantôt contemplatif, tantôt d’une violence brute pour dresser une origin story assez passionnante autant sur le fond – le déchirement familial qui mènera à la perte de tous les membres de la famille – que sur la forme – la beauté incandescente des deserts arides sans jamais oublier cette culture amérindienne omniprésente du début à la fin avec ses rites, ses « lois » et les dégâts qu’elle peut occasionner si les « lois » ne sont pas respectées. Et comme pour étoffer un peu plus son réalisme déjà frappant, le duo a expressément engagé professionnels et non-professionnels – créant ainsi parfois quelques décalages – mais qui a au moins le mérite de servir le propos du film.

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Filmé en Scope, Les Oiseaux de passage peuvent se targuer d’offrir à son public des plans à couper le souffle, alternant aussi bien fresques oniriques que des plans frappants de violence – entre autres le bombardement de la maison à la fin du film -. 

Malgré quelques longueurs et inégalités tout au long du film, Gallego et Guerra ouvrent cette Quinzaine avec une certaine grâce et une pureté déconcertante faisant de Les Oiseaux de passage une franche réussite et un morceau de cinéma sacrément ambitieux.

Les Oiseaux de passage de Cristina Gallego et Ciro Guerra. Avec Carmiña Martínez, José Acosta… 2h05

Sortie le 19 septembre

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