Cannes 2018, Critiques, Festivals

[CANNES 2018] Climax : Purge sous LSD

Ah soit Gaspar Noé on l’aime, soit on le déteste. Et ce n’est pas encore avec son dernier film présenté cette année à la Quinzaine des réalisateurs que cela va arranger les choses. Véritable événement de ce 71e Festival de Cannes, le trailer dévoilé hier nous plonge au coeur d’un (very) bad trip sous LSD virant rapidement à l’insupportable et à l’indigeste, de quoi nous faire rapidement regretter de s’être levé à 5h du matin pour assister à la projection. 

Le mystère est resté entier jusqu’à la dernière minute, rien n’avait filtré sur le dernier film de Gaspar Noé et les quelques lignes qui résumaient le film n’aidaient pas forcément plus : « Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif. » Et puis finalement après 1h35 de souffrance terrible, on peut le dire : Climax est une purge en bonne et due forme. Il est donc l’heure de se dresser envers et contre tous ceux qui encensent le film depuis hier matin parce que Dieu sait que ce film est tout bonnement abject. 

Tout commence avec cette troupe de danseurs : un frère et une soeur, un gay, des étrangères, des jeunes, des moins jeunes… le tout se réunit après une chorégraphie survitaminée et pour le coup assez magnifique – oui il y a toujours des bons côtés même à un mauvais film mais attention ça risque d’être un des seuls -. L’heure de la fête a commencé et la sangria coule à gogo sans savoir que dedans quelqu’un y a glissé un peu de LSD : le début des ennuis commencent autant pour eux que pour nous malheureusement. Parce que le Festival de Cannes est bien mignon à l’heure du #MeToo, de la glorification de la femme au cinéma et cette montée des marches – absurde – de 82 femmes sur les fameuses marches du Grand Théâtre Lumière mais le Gaspar Noé ne semble pas avoir reçu le mot puisque dans Climax on assiste – impuissant – à la dégradation lente et douloureuse de l’image de la femme. D’abord objet sexuel de discussion entre deux garçons qui se demandent s’ils préfèrent la lui mettre « dans la chatte ou dans le cul » – élégance quand tu nous tiens – puis évidemment le budget costumes n’a certainement pas excédé le prix d’un menu Happy Meal vu le peu de tissus que portaient ces chères demoiselles. Danses lascives, strip-teases, urinage de piste de danse et gros plans sur fesses et entrejambes écartées sont au rendez-vous. Les hommes de la salle applaudissent, nous on agonise légèrement.

Et comme si l’image de la femme n’en prenait pas déjà un sacré coup, le bonhomme s’est dit autant de faire d’une pierre une bonne dizaine de coups puisqu’on assistera entre autres à un inceste, une mutilation en bonne et due forme largement influencée par la troupe de danseurs dont les neurones ont autant explosé que les petites culottes ainsi que… de la maltraitance infantile – the cherry on the cake -. Oui parce que visiblement enfermer un enfant sous LSD dans un local technique et fermée la porte à double-tour semblait être quelque chose de marrant pour le public cannois – on vous a vu la majorité des hommes à vous marrer face à cette blague – sans compter sur le moment fatidique – et prévisible – de la mort de ce dit enfant après que celui-ci ai touché ce qu’il ne fallait pas. Éclat de rire francs et massifs dans la salle, juste une simple envie de vomir pour nous. 

Oui le scénario n’a jamais été le fort de Gaspar Noé – et il le reconnait volontiers – il n’empêche que filmer à peu près tout et n’importe quoi sans respecter qui que ce soit ou quoi que ce soit n’en fait pas du cinéma, à part quand vous vous appelez Gaspar Noé visiblement – coucou jean-Luc Godard et son Livre d’Image en Compétition officielle -. Certains trouveront chez lui un certain génie – que Dieu nous protège de cet affront -, une urgence de filmer qui se ressent à chaque minute du film – et qui fonctionne plutôt bien pour le coup – il n’empêche que cette longue agonie des protagonistes s’avère tout aussi douloureuse pour le spectateur tant le malaise est présent à chaque seconde du film.

Véritable calvaire de bout en bout – bien que « joliment » filmé par moment et un vrai travail des couleurs qu’il est bon de souligner après la charge qu’on vient d’infliger au film -, Climax est la quintessence même du film qui, en plus d’être sans queue ni tête, ne réussit qu’à être « seulement » misogyne au possible, foireux dans ses tentatives de faire rire – à quel moment on est censé rire de la mort d’un enfant ? – et finit par être un sale trip sous LSD dont on attend seulement le générique de fin qui semble vouloir mettre mille ans à arriver. Et même si le bonhomme y a mis tout son corps et ses tripes dans ce film il est tout aussi bon pour lui de rapidement les récupérer et les enfermer loin, très loin des écrans de cinéma.

Véritable plongée de l’horreur – autant au sens propre qu’au sens figuré surtout pour nous -, Climax n’est qu’une énième fulguration d’un réalisateur dont le nom suffit à faire jouir toute une Croisette alors qu’on attend surtout qu’il retourne se masturber dans son coin, pour le bien de tous, s’il-vous-plaît. 

1 étoile

Climax de Gaspar Noé. Avec Sofia Boutella… 1h35
Sortie 19 septembre

1 réflexion au sujet de “[CANNES 2018] Climax : Purge sous LSD”

  1. J’ai dû partir avant la fin, je n’arrivais pas à supporter cette violence et ce tourbillon de haine qui progressait. Et comme tu dis, le coup du gamin a été la goutte d’eau. Je me demandais ce qu’il lui arrivait au final et là tu viens de m’achever…Ce film est juste 1h30 de mauvais trip sous LSD en effet. Je vais essayer de voir « Love » mais je suis peu convaincue pour le coup…A suivre !

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