Critiques

[CRITIQUE] Les Indestructibles 2 : Une suite qui ne déçoit pas

Sorti en novembre 2004 dans nos contrées, Les Indestructibles avait rencontré à l’époque un immense succès autant critique que populaire. Contant l’histoire d’un ex-super-héros devant gérer sa vie de famille dans une société où les « supers » sont tombés en disgrâce, le film est jusqu’à aujourd’hui régulièrement cité comme l’un des meilleurs films du studio Pixar, l’un des meilleurs films d’animation des années 2000 ou bien même le meilleur film de super-héros de tout les temps, parfois tout ça à la fois. Mais malgré cet immense succès, voici 14 ans que le monde entier attend la suite des aventures de la famille Parr, suite d’autant plus réclamée que le premier film se terminait sur une fin ouverte. Et si le réalisateur Brad Bird avait déclaré en 2007 « faire une suite s’il réussit à trouver une histoire aussi intéressante que pour le premier », c’est en 2014 que Disney officialisera finalement le développement d’un second volet. Sorti le 15 juin 2018 aux États-Unis et le 4 juillet de la même année en France, que vaut donc cet Indestructibles 2, suite attendue d’un film désormais culte ?

Comme annoncé durant sa promotion, Les Indestructibles 2 se déroule directement après la fin du premier film alors que la famille Parr doit faire face au Démolisseur, sorte d’Homme-Taupe se déplaçant dans une gigantesque foreuse. Si la famille de super-héros, aidés de Frozone, réussissent évidement à arrêter le super-vilain, tout n’est pas rose puisque les dégâts collatéraux sont énormes et que nos super-héros finissent arrêtés, les « supers » étant officiellement toujours hors-la-loi. Toutefois, peu après leur libération, nos héros se voient contactés par Winston Deavor, riche businessman très intéressé par la réhabilitation des supers et qui, au cours de sa première rencontre avec Elastigirl, Mr Indestructible et Frozone, exprimera son envie de revoir Elastigirl sur le devant de la scène. Ce sera donc à Robert Parr (identité civile de Mr Indestructible) de rester à la maison pour gérer les trois enfants de la famille pendant que Helen, elle, part affronter le danger et notamment un nouveau vilain : l’Hypnotiseur. Ce scénario, assez original pour créer une histoire plaisante à suivre, permet aux Indestructibles 2 de proposer un traitement intéressant du désormais courant film de super-héros, ce malgré un développement quelque peu prévisible, et l’étrange impression de voir un film à la structure quelque peu similaire à celle du premier volet.

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L’on en attendait certainement pas moins de Pixar et de Brad Bird, mais il est rassurant de voir que Les Indestructibles 2 peut compter sur une excellente réalisation. Rythmé et pêchu, le film se démarque d’autant plus lors de ses scènes d’actions, plus nombreuses que pour le premier opus mais surtout bien plus impressionnantes et mieux découpées. Se balançant constamment (et avec brio) entre les missions mouvementées d’Elastigirl et le quotidien plus calme de Robert, Les Indestructibles 2 paraît bien plus grand que son prédécesseur sur quasiment tout les points et notamment grâce à un développement plus important de l’univers du film, qui reste malgré tout toujours fidèle à son esthétique rétro-futuriste, le tout sur une très bonne bande-son, que l’on doit à Michael Giacchino qui avait déjà officié sur celle du premier film.

On pouvait le sentir dès les premières bande-annonces et cela se révèle évidement lors du visionnage du film : Les Indestructibles 2 est une œuvre au sous-texte clairement féministe. Si l’on se souviendra éventuellement du « Laissez les hommes sauver l’univers ? C’est hors de question » du premier opus, cette fois-ci c’est à travers bien plus qu’une simple ligne de dialogue qu’Elastigirl représentera « l’empowerment féminin », surtout car c’est à elle que revient la tâche de réapparaître sur le devant de la scène en cherchant à la fois à redorer le blason des supers tout en réglant crimes et méfaits. De ce sous-texte découle un autre des choix intéressants de ce film : celui de faire de Mr Indestructible le symbole de la « masculinité toxique ». Un choix qui permettra peut-être à certains d’enfin comprendre la signification de ce terme, qui loin d’être une insulte désigne beaucoup plus une conception ultra-masculine (et de ce fait, régressive envers la femme) de la société et des rapports entre les sexes.

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Ainsi, il ne faut pas comprendre que Bob est antagonisé au cours du film, mais que son comportement pendant une partie de celui-ci est un exemple parfait d’une conception dépassée des rapports entre les sexes et des rôles qui « devraient » leur être assignés. Cela dit, Bob finira bon gré mal gré par être celui qui reste en arrière pour s’occuper des enfants ; ce qui mènera d’ailleurs à l’autre thème fort du film à savoir la difficulté de gérer une famille. Initialement persuadé qu’il réussira parfaitement à gérer sa nouvelle position d’homme au foyer (après tout il est Mr. Indestructible n’est-ce pas ?), ce dernier devra faire face à de nombreuses déconvenues, à commencer par l’apparition des pouvoirs de Jack-Jack, le petit dernier. Ces deux thèmes sont clairement les plus importants du film, cela ne l’empêchant pas d’en posséder quelques autres, malheureusement relativement sous-traités, à l’exemple d’un début de réflexion sur la question de la légitimité des super-héros et de notre relation à ceux-ci (thème assez similaire avec ce qu’essayait d’exprimer Batman v Superman mais avec un coté méta plus affirmé), malheureusement trop rapidement évacué.

Les Indestructibles 2 ne déçoit pas, délivrant toutes ses promesses le film réussit même à se présenter comme une expérience plus profonde et plus complète que le premier opus. S’il n’évite pas certains écueils, comme une certaine répétition de la structure du premier film, Les Indestructibles 2 est, pour un film censé faire suite à l’un des films d’animation les plus félicités d’un des studios d’animation les plus félicités, une réussite complète et totale.

Les Indestructibles 2 de Brad Bird. Avec les voix de Gérard Lanvin, Déborah Perret, Louane Emera… 1h58
Sortie le 4 juillet

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