[DEAUVILLE 2018] Ophelia : Être ou ne pas être libre, telle est la question

À une époque où la femme prend de plus en plus d’importance dans la société et essaye de s’extirper des griffes du patriarcat, cela fait du bien de voir une jeune réalisatrice ambitieuse – et accessoirement citée par Variety parmi les dix réalisat·eur·rice·s à suivre cette année – reprendre l’une des plus célèbres figures de l’oeuvre de Shakespeare : Ophelia, fille de Polonius et soeur de Laërte, tombant follement amoureuse d’Hamlet avant de sombrer dans la folie et de se donner la mort alors qu’Hamlet a assassiné son père. À bas le règne des hommes, Ophelia est bien plus moderne et devient une femme indépendante sous la caméra de Claire McCarthy. 

Fille de roturier, Ophelia devient la dame d’honneur de confiance de la reine Gertrude après un drôle de concours de circonstance. Largement détestée par les autres dames de compagnie de la reine, la beauté d’Ophelia n’a d’égal que sa douceur et son intelligence. De quoi attirer les regards et notamment celui du prince Hamlet fraîchement revenu au Royaume. Une relation secrète naît entre eux alors que le Royaume est en danger et que la jeune femme est tiraillée entre préserver cet amour ou protéger sa propre vie. 

La musique médiévale, les décors verdoyants à perte de vue, la princesse vêtue de blanc, tous les éléments sont présents pour faire de « Ophelia » un film grandiose à la dimension épique avec en son épicentre la déesse Daisy Ridley qui irradie de beauté mais pas que. Parce que dès les premières minutes du film sa voix nous explique bien que cette histoire n’est pas la sienne. Ophelia ne sera pas la victime de cette histoire. Aussi intelligente que extravertie, la jeune femme rentre rapidement dans les bonnes grâces de la reine Gertrude et tombe sous le charme de son fils Hamlet. À ce moment-là le film glisse vers la romance historique très convenue et bourrée de clichés avant de se rattraper dans sa dernière partie où la réalisatrice renverse les codes et va là où on ne l’attendait pas forcément.

Mélange des genres et des contes – un soupçon de Cendrillon, de Roméo & Juliette, de Petit Chaperon Rouge… -, « Ophelia » peut se targuer d’être une revisite moderne de la pièce de Shakespeare avec notamment son dernier quart d’heure absolument épique et prenant, venant confirmer une nouvelle fois le talent de Daisy Ridley ainsi que le fait que Claire McCarthy est indubitablement une réalisatrice à suivre ces prochaines années si ses futurs long-métrages sont du même acabit que celui-ci. 

Ophelia de Claire McCarthy. Avec Daisy Ridley, Tom Felton, Naomi Watts… 1h46

 

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