Critiques

Bohemian Rhapsody : Pourquoi je ne me fierais plus aux critiques.

Je l’avoue, en allant acheter ma place pour voir Bohemian Rhapsody, j’avais quelques fortes appréhensions. Sorti le 31 octobre en salles, le dernier film de Bryan Singer (terminé par Dexter Fletcher, réalisateur de Eddie The Eagle et Rocketman en salles pour l’été 2019) racontant l’ascension fulgurante du groupe britannique Queen et la vie de son lead singer Freddie Mercury, s’est récemment fait écraser par la critique qui l’a souvent présenté comme un biopic médiocre manquant de profondeur et incohérent sur de nombreux points. Pourtant, il se pourrait bien que comme la chanson dont le film porte le nom, Bohemian Rhapsody descendu par la critique soit adoré par le public (et moi-même). Attention, spoilers.

Bien-sûr, Bohemian Rhapsody présente les codes d’un parfait biopic classique. Loin d’être un biopic novateur à la façon d’un Amy, Whitney, Janis ou plus récemment First Man, c’est tout de même l’histoire du groupe Queen, de sa formation et de l’homme qui fait aussi le mystère et la fascination qu’on a pu avoir ou a encore pour ce groupe légendaire. Avec des zones d’ombres, peut-être pas mal de choses simplifiées ou magnifiées, certains changements et inexactitudes dans la narration et les faits (comme le fait que Queen ne s’est jamais séparé). Mais, on ne peut retirer à ce film l’énergie et la ferveur avec laquelle les événements sont racontés, tout cela porté par l’excellent jeu des acteurs (notamment Rami Malek incroyable et totalement habité par son rôle, ainsi que Gwilym Lee excellent en Brian May), une réalisation audacieuse, bien qu’à améliorer au niveau du montage et une mise en scène maîtrisée.

Le film s’ouvre sur une scène intéressante et indicatrice de comment se terminera le film, mais présentant déjà, par de petits détails, la personnalité de Freddie Mercury avant de nous emmener au tout début, lorsque Freddie Mercury n’était que Farrokh Bulsara, bagagiste à Heathrow faisant face au racisme (vu d’une façon extrêmement rapide) des anglais blancs. A partir de là, tout va très vite, trop vite même. En à peine cinq à dix minutes, la situation familiale de Freddie est vue, alors qu’elle aurait eu besoin d’être explorée plus en profondeur. Pareil pour la rencontre avec Mary Austin et la formation du groupe, on voit comment Roger Taylor, Brian May et Freddie Mercury se rencontre mais John Deacon sort littéralement de nulle part. C’est peut-être là le plus gros problème du film, sa rapidité dans la temporalité des évènements et le manque de précision ou de détails.

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Mais à part cela, on ne peut lui reprocher grand-chose, car c’est un biopic dans les règles de l’art et donc on en sort parfaitement enchanté, les (bonnes) musiques sont placées au bons moments, les décors sont excellents et tout est fait pour qu’on nous plonge dans l’euphorie et la virtuosité du groupe Queen. Car au cas où si vous ne l’auriez pas encore compris Bohemian Rhapsody est un biopic sur Queen et pas (seulement) sur Freddie Mercury. Un film qui se base sur la question centrale de; Qu’est-ce qui a fait, qu’est-ce qui compose le groupe Queen et sa légende tel qu’on la connait aujourd’hui ? Bien-sûr, la réponse à cette question passe une autre question, qui est Freddie Mercury. Et en voulant répondre à cette question sur laquelle le film se centre, car en racontant la vie « tumultueuse » de Freddie on accède à une partie de la réponse à la question principale.

Car contrairement à ce qu’on peut lire, Bohemian Rhapsody retrace plutôt bien la vie ainsi que la personnalité du lead singer de Queen, mettant en parallèle celle-ci avec les avancées musicales et expérimentales du groupe. Certes toujours en faisant preuve d’inexactitude et d’un manque de profondeur. Surtout au niveau de sa relation avec Mary Austen qui prend beaucoup de place là où on aurait aimé que sa relation avec Jim Hutton soit aussi développée. Peut-être que cela a été fait pour ajouter un effet d’héroïsme et de happy ending, n’empêche que ça nous laisse sur notre faim. En ce qui concerne la sexualité de Freddie, elle était bien présente, que ce soit subtilement, implicitement ou explicitement. Elle était bien là comme un élément central de la vie du chanteur, mais trop vite amenée dans le film à une « bi-erasure » par Mary Austen (alors qu’en réalité il était bien bi Freddie). Et qui dit être bisexuel dans les années 80, dit SIDA, c’est ainsi que l’autre grand point lui aussi traité de manière subtile mais comme il faut apparaît, Freddie Mercury atteint du VIH. Rappelant que Freddie n’a jamais voulu qu’on intéresse à sa vie privée car pour lui la musique, Queen est ce qui comptait le plus.

Bohemian Rhapsody est finalement un film qui se vit plutôt qu’il ne s’analyse, c’est un film qui en somme comme la plupart des biopics essaie de creuser derrière le mythe sans jamais complètement y parvenir. Il permet notamment à Rami Malek de faire preuve de tout son talent d’acteur. Parfaitement rythmé, bien exécuté et dirigé, le film nous fait comprendre pourquoi on adore Queen et Freddie et d’où vient la puissance virtuose de ce groupe mythique. Le tout en étant un excellent film, devant lequel on vibre, on rit, on chante, on pleure, on ressent. Et c’est peut-être pour cela qu’il faut savoir ne pas tenir compte des autres avis avant d’aller le voir.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer. Avec Rami Malek, Gwliym Lee, Ben Hardy… 2h15
En salles depuis le 31 octobre.

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