My Beautiful Boy : Au coeur de la tourmente.

Depuis qu’il a été présenté au TIFF en octobre 2018, « My Beautiful Boy » n’a fait que recevoir des éloges. Et effectivement, on comprend vite pourquoi car il fait bien parti des plus beaux films de cette rentrée 2019.

Adapté des mémoires du journaliste David Sheff, « Beautiful Boy: A Father’s Journey Through His Son’s Addiction » et de son fils Nic Sheff « Tweak: Growing Up on Methamphetamines », le sixième long métrage du cinéaste européen Félix Van Groeningen nous présente l’histoire de Nic et David Sheff. Nic, un jeune garçon intelligent, gentil, aimant avec un avenir brillant qui lui tend les bras, tombe peu à peu dans la drogue (Crystal Meth) et dans l’enfer de l’addiction. Son père David, témoin de sa descente aux enfers, essaie avec amour, courage et impuissance de le sortir de son addiction, avec le soutien et la force de ses proches.

Le sujet du film est donc non anodin, des films qui parle de drogues il y en a déjà eu des tonnes, mais ce qui diffère avec « My Beautiful Boy » est que sans cesse il nous rappelle avec honnêteté que n’importe qui peut être en proie à l’addiction. En détruisant l’idée que la drogue est associée aux milieux défavorisés et laissés pour compte, car Nic vient d’un milieu aisé (son père est journaliste et sa belle-mère est artiste). Ainsi, il se détache totalement de cette idéalisme et romantisation que d’autres films ont pu réaliser sur l’addiction et les drogues, ce qui le rend totalement différent des autres films du genre.

Si les émotions du films fonctionnent si bien, c’est notamment grâce au duo formé par Timothée Chalamet et Steve Carell. Leur relation à travers le film est totalement fusionnelle. David met vraiment toute son âme à d’abord essayer de comprendre son fils, comprendre son addiction et afin de le sauver et il n’est pas seul. Sa femme Karen, interprétée par Maura Tiernay aussi fait preuve du même soutien. Cela rappelle aussi à quel point l’addiction n’est pas un sujet personnel mais qui touche aussi l’entourage et ceux qui tiennent à nous car il est aussi montré à travers l’oeil, les moments de vie d’une famille toute entière.

Devant « My Beautiful Boy » on passe un moment dur voire douloureux car on assiste nous aussi totalement impuissants à la douleur de David et au problème destructeur de Nic. On observe l’addiction, les tentatives pour s’en sortir, l’espoir, les rechutes, les batailles que livre la famille et celui qui est principalement touché. Le film fait preuve d’un réalisme incroyablement car il arrive à se détacher d’un mélodrame en contrastant son histoire entre les moments sombres et la lumière et l’amour d’une famille qui s’ébranle peu à peu. Mais, Van Groeningen aurait pu faire preuve de plus de légèreté, notamment dans son choix de musiques qui a certains moments aurait nécessité juste du silence pour appuyer l’importance de certaines scènes.

Impressionnant et important. « My Beautiful Boy » par sa réalisation douce, ses musiques qui rythment le film, son montage intelligent et son casting, est un film qui sait nous émouvoir par sa sincérité, son authenticité et la mise à nue dont il fait preuve. Timothée Chalamet nous prouve à nouveau avec ce film qu’il est l’un des meilleurs acteurs de sa génération et Steve Carell dont l’année 2019 semble être pleine de bon projet pour lui, nous rappelle son talent dans le registre dramatique.

My Beautiful Boy de Felix Van Groeningen. Avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Maura Tiernay, Amy Ryan… 2h
Sortie en salles le 6 février.

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