Dragons 3 : Le Monde Caché – Les adieux à Krokmou

Neuf années après le premier opus Dean DeBlois vient enfin conclure sa saga animée avec « Dragons 3 : Le Monde Caché ». Sans doute une des meilleures sagas récentes de Dreamworks, « Dragons » a su trouver son public. Ce troisième épisode a un goût d’adieu nostalgique.

Une conclusion en bonne et due forme

« Dragons 3 » surfe sur les qualités de ses prédécesseurs. L’humour est toujours omniprésent de même que les thèmes de la famille, du respect et de la fraternité. Harold et ses vikings vivent encore en harmonie avec les dragons tandis qu’ils doivent dorénavant quitter Berk pour trouver une nouvelle terre. Dragons 3 parle donc de l’appartenance, de l’héritage familial, et de la difficulté à abandonner ses origines pour continuer d’évoluer. Avec un discours à la manière de Thor qui raconte que Berk n’est pas un lieu mais un peuple, comme pour Asgard, le village se meut en un groupe itinérant.

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Mais finalement rien n’est réellement étonnant dans le développement de l’intrigue. La romance entre Krokmou et la Furie Blanche n’est pas bien originale et aborde encore une fois le thème de l’appartenance. Celle de passer d’un dragon domestique à d’un dragon sauvage. Celle de quitter une amitié inédite pour se lancer dans un amour inconditionnel. Le dragon va devoir se sevrer et voler de ses propres ailes tandis que Harold va devoir faire son deuil et laisser partir son dragon. Une métaphore du passage à l’âge adulte, une perte de l’enfance à travers cette séparation. Harold délaisse les joies de l’inconscience pour pleinement entrer dans sa condition d’adulte, et de chef. Évidemment « Dragons 3″ joue énormément sur la nostalgie et sur ce temps qui passe. Dean DeBlois use du potentiel affectif que représente sa saga au près du public. Il se remémore les années passées et les progrès de ses personnages. Il crée une véritable évolution entre les premiers et les derniers instants de son périple, comme un miroir 9 ans plus tard qui reflète les débuts de son premier film. Les images et les situations se répondent, il clôt un chapitre, une histoire, une vie dans une mélancolie qui déchire le cœur.

Des adieux presque déchirants

Incontestablement le meilleur opus de la saga « Dragons 3 : Le Monde Caché » joue sur la corde sensible et émotionnelle. Le cinéaste joue avec les sentiments de ses spectateurs. A la manière de la douloureuse fin de « Toy Story 3″, le réalisateur veut toucher son public dans un adieu qui se veut bouleversant. Même si le ressort émotionnel fonctionne on regrette que Dean DeBlois n’ai pas la finesse des studios Pixar. Même si cet au revoir tient la route et fera pleurer les véritables amateurs de la saga, l’adieu est incontestablement moins subtil que celui des jouets, à déchirer le cœur. La faute à un étalage un peu pathos de sentiments, et une surenchère malvenue qui entraîne pleures et clichés stériles de protagonistes inintéressants. Tandis que « Toy Story 3″ offrait un adieu simple et identitaire entre Andy et ses jouets, Dean DeBlois préfère mettre tout le village dans la confidence, pour tenter une conclusion plus impactante, mais du coup beaucoup moins intimiste. Surtout que le cinéaste va contredire tout son ressort émotionnel dans une dernière séquence rajoutée en forme de happy end touchante certes, mais pas forcément légitime, présente plus pour rassurer nos petits cœurs timorés que dans un réel but artistique ou scénaristique.

Reste un épisode, qui, une fois insérer dans la saga, est un petit chef d’œuvre du genre. Visuellement, « Dragons 3″ est à tomber à la renverse. Même si l’action, qui a un potentiel énorme, manque encore légèrement d’application, en tout cas de vision originale, les décors sont superbes. La qualité de l’animation impressionne de films en films et est aujourd’hui à des années lumières du premier long métrage sorti il y a neuf ans. Ça n’a clairement plus rien à voir tant chaque petit détail est sublime, des poils de Krokmou au superbes falaises de Berk. Certains plans semblent tout droit sortis des meilleurs jeux vidéos actuels. Bref visuellement ça a de quoi décoller la rétine.

‪ »Dragons 3″ est une réussite efficace à défaut d’être très surprenante. On se dit parfois que le potentiel n’est pas assez exploité, Dreamworks n’ayant pas le talent de Pixar pour les ressorts émotionnels. Mais c’est visuellement magnifique et le final fonctionne. Le discours sur le passage à l’âge adulte est relativement réussi, et suit les pas de « Toy Story 3″. De même, « Dragons 3″ n’oublie pas de regarder en arrière, de prendre le temps de regarder le chemin parcouru, et cette petite dose nostalgique est sans doute le ressort émotionnel le plus touchant…

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