Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Un parfum de mauvais goût

Ce film c’était un petit peu les montagnes russes on va pas se mentir. Lorsque Philippe Lacheau annonce en juillet 2017 qu’une adaptation française de Nicky Larson va naître et qu’il sera en charge de l’écriture on avait quelques réserves. Rien de grave mais quelques réserves quand même. Lorsque l’affiche du film est sortie on était encore plus dubitatifs. Quand la bande-annonce dudit film a débarqué sur internet fin septembre on était horrifiés. Rien ne semblait aller. Puis les premières avant-premières ont eu lieu, les retours positifs aussi. Bon on reste prudent  – des trolls sait-on jamais – mais il est vrai que plus les avis positifs se propageaient et plus l’envie d’y croire se faisait forte. Cerise sur le gâteau, même la presse et les sites en disent du bien ! C’est décidé, nous allons nous faire notre propre avis car finalement c’est peut-être une bonne surprise qui nous attend et puis après la purge Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? on pouvait pas attendre pire. Et pourtant… on en est pas loin quand même.

Pourtant il y a une chose qu’on ne peut définitivement pas enlever à Philippe Lacheau, son envie de bien faire et de rendre hommage au dessin animé rendu notamment populaire grâce au Club Dorothée. Sauf que voilà, les bonnes intentions ne font pas tout. Dans Nicky Larson et le parfum de Cupidon, Nicky est engagé par Letellier pour récupérer un parfum crée par son père qui a la particularité de faire tomber amoureu.x.se n’importe qui sentirait ce parfum porté par quelqu’un. Evidemment s’en suit toute une série de d’aventures et d’emmerdes lorsque c’est un monsieur lambda qui récupère ce parfum et qui, une fois qu’il a compris son pouvoir, l’utilise pour son intérêt personnel. 

J’ai jamais trop su s’il fallait d’abord caresser dans le sens du poil avant de frapper à coup de marteau ou au contraire faire mal dès le début pour passer la pommade à la fin. Du coup je vais opter pour la seconde option. Là où Babysitting était potache mais extrêmement drôle, rythmée et frais et un Alibi.com certes pas très fin mais potache dans le bon sens laissaient présager un réalisateur avec un peu de suite dans les idées malgré un humour assez beauf mais qui restait dans des cases correctes, Nicky Larson se plante totalement. Homophobie au rendez-vous (décidément ça devient une marque de fabrique chez Fifi) quand Nicky tombe follement amoureux de Letellier (Didier Bourdon) et qui fait tout ce qui peut pour éviter de penser à lui et encore là n’est pas le plus compliqué dans cette histoire non. 

2019 et l’image de la femme… Vous me voyez lever les yeux au ciel derrière mon écran ? Non et bien je vous laisse imaginer parce que c’est clairement ce que je suis en train de faire. Alors oui je vous entends déjà hurler au : « Non mais il respect le personnage de Nicky Larson il était comme ça donc c’est normal tu peux pas te plaindre de ça ». Figurez-vous que si je peux me plaindre de ça. Je ne dis pas que ce trait de caractère aurait du être effacé mais atténué tout du moins ça nous aurait pas fait de mal. Entre Laura (Elodie Fontan) qui s’en prend plein la gueule parce qu’elle est forcément lesbienne – oui car porter des baskets et avoir les cheveux courts veut dire être lesbienne – et le quota de paires de seins rebondissants et de fessiers plus ou moins moulant on est servi du début à la fin. Ça aurait pu être drôle si ça avait été mis par parcimonie mais non il a fallu encore en faire trop et trop de boobs tuent les boobs. L’humour pipi-caca qui passait encore dans Babysitting (bien que moins présent tout de même) est absolument insupportable ici. Oh que c’est drôle de voir un homme nu s’écraser contre le pare-brise d’un car rempli de nonnes; avec le bon gros plan sur le sexe en question histoire de bien pousser la blague jusqu’au bout. Est-ce qu’on évoquera Pamela Anderson dans ce film ? Non ça ferait trop mal à mon féminisme. 

Cependant il faut reconnaître une petite qualité à ce Nicky Larson, ce sont ses bonnes idées de mise en scène, le style qu’il y insuffle pour qu’on arrive à y retrouver l’esprit anime que ce soit dans les décors ou dans les scènes de combats qui sont quand même réussies. Philippe Lacheau prend plaisir à jouer Nicky Larson et c’est là qu’on y ressent tout son amour pour ce personnage. On déplorera malgré tout cette zone de confort qui s’est installée avec un film « Bande à Fifi » où on retrouve toujours les mêmes acteurs alors que certains ne trouvent jamais leur place dans le film – coucou Tarek Boudali et Julien Arruti -.

C’était probablement pétri de bonnes intentions, tout n’est pas totalement à jeter. Certains gags fonctionnent mais dans son ensemble Nicky Larson est juste une énième comédie sexiste, homophobe et juste graveleuse. Et pourtant j’avais réellement envie d’y croire à celui-là…

Nicky Larson et le parfum de Cupidon de Philippe Lacheau. Avec Philippe Lacheau, Elodie Fontan, Tarek Boudali… 1h31
Sortie le 6 février

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