Meltem : Imprévisible

Après deux courts-métrages questionnant tous les deux la quête identitaire, le réalisateur franco-grec Basile Doganis nous propose son premier long-métrage qui, en plus de poser ces questions identitaires, n’hésite pas à aborder des sujets aussi graves qu’actuels. Des vacances qui avaient tout pour être paradisiaques mais qui marqueront vite le passage vers la vie d’adulte de ses trois protagonistes.

Un an après la mort de sa mère, Elena, jeune Française d’origine grecque, retourne dans sa maison de vacances sur l’île de Lesbos. Elle est accompagnée de ses amis Nassim et Sekou, deux jeunes banlieusards plus habitués aux bancs de la cité qu’aux plages paradisiaques. Mais les vacances sont perturbées par la rencontre avec Elyas, jeune Syrien réfugié depuis peu sur l’île, qui fait basculer le destin d’Elena et de ses amis.

Commençant sur un ton estival, presque comique par moment, Meltem glisse doucement vers le drame lorsque Elena est inévitablement confrontée au deuil de sa mère lorsque Elyas débarque sur cette île pour chambouler le quotidien des trois amis et lorsque Nassim voit en Elyas un ennemi – aveuglé par ses sentiments envers Elena -. Chacun d’entre eux va vivre presque comme un voyage initiatique. Le film n’hésite pas à aborder le problème de l’immigration qui touche la Grèce, sans concession notamment lors de la dernière scène avec Elyas. Le film réussit à nous bouleverser tant il est juste et pudique mais surtout grâce à son casting aussi solide. Daphne Patakia qui réussit à tout nous dire d’un seul regard, Rabah Naït Oufella (déjà formidable dans Grave et Patients) mais surtout Karam Al Kafri : la pureté et l’intensité qu’il dégage pour une première performance est assez bluffante.

Profondément humain, on pourrait juste reprocher au film de vouloir tout dire et peut-être finalement ne pas assez dire sur tous les sujets qu’il aborde. Il le fait bien, mais aurait probablement pu faire mieux, nous laissant ainsi un petit peu sur notre faim. Qu’à cela ne tienne, Meltem est un premier long-métrage réussit et engagé.

Meltem de Basile Doganis. Avec Daphne Patakia, Rabah Naït Oufella, Karam Al Kafri… 1h27
Sortie le 13 mars

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