Ma vie avec Xavier Dolan

Aucun trailer, aucune image, aucun dialogue, aucune interview de Xavier Dolan pour ce film… C’est ainsi que je suis allée découvrir le dernier long-métrage de Xavier Dolan : Ma vie avec John F. Donovan. Xavier Dolan et moi c’est une longue histoire d’amour. Une très belle histoire d’amour.  J’hésitais véritablement à écrire cet article et à l’heure où je tape tout en buvant ma canette d’Ice Tea, je ne sais pas encore la tournure que prendra ce texte mais j’avais ce besoin de parler de son dernier film, mais aussi son écho au reste de sa filmographie bref… vous aurez de la lecture.

Pour ceux et celles qui me suivent un petit peu sur les réseaux sociaux (et sur mon compte Twitter privé) savent à quel point Tom à la ferme a été le point d’ancrage de ma vie pour diverses raisons et qu’à ce moment précis où je l’ai vu en salles, Xavier Dolan est entré dans ma vie pour ne plus en ressortir. Il s’avère que l’écriture de Ma vie avec John F. Donovan a débuté lorsque Xavier Dolan montait Tom à la ferme – montage qu’il a mis en suspend pour se consacrer justement à ce scénario -, drôle de coïncidence tant Ma vie avec John F. Donovan me parle autant que Tom à la ferme

Ma vie avec John F. Donovan met en parallèle la vie tumultueuse de John Donovan, acteur adulé mais obligé de cacher son homosexualité et Rupert Tuner qu’on retrouve lorsqu’il était jeune et qu’il entretenait une correspondance avec l’acteur puis adulte lorsque’l sort un livre révélant tous ses échanges – duquel découle une interview avec une journaliste d’abord dubitative concernant toute cette histoire -. Durant deux heures, nous arpentons la vie de ces deux personnes que la vie et surtout la société n’a pas épargné entre un acteur constamment obligé de faire bonne figure alors que tout son monde s’effondre et un petit garçon expatrié en Angleterre rejeté par les élèves de sa classe, persécuté et dont les relations avec sa mère s’avèrent compliquées au fur et à mesure que le garçon grandit. 

Une phrase du film m’avait marqué, à quelques mots près elle était prononcée par Jacob Tremblay qui disait ceci : « C’est l’histoire d’un homme qui a sauvé un petit garçon » (ne me blâmez pas si ce ne sont pas les mots exacts). Cette phrase qui semble tellement anodine et qui a résonné en moi, me replongeant en 2014 lorsque j’ai découvert Tom à la ferme au cinéma. J’en ai eu les larmes aux yeux et je les ai encore. J’ai toujours accepté et même revendiqué mon manque totale d’objectivité concernant Xavier Dolan et son cinéma et je peux vous dire d’ores et déjà que le film fera partie de mon top 2019. Mais vous savez, parfois le cinéma va bien au-delà de l’objet cinématographique qu’on nous propose. Tout comme Captain Marvel (dont je parlerai dans le prochain numéro de Désolé j’ai ciné), certains films – aussi imparfaits qu’ils peuvent être – sont catalyseurs de bien d’autres choses. Dans mon cas ce fut l’amour du cinéma, l’envie d’en réaliser, d’écrire dessus, de les voir et de ressentir toujours cette extase lorsqu’on s’assoit dans un fauteuil de cinéma. 

Je lis et j’entends les critiques faites sur le film et celles faites sur son réalisateur (c’est absolument faux) mais moi j’ai les larmes aux yeux rien que de penser à ce film, au message qu’il dégage, à certaines scènes qui resteront gravées dans ma mémoire pour toujours. D’ailleurs je reviendrai dessus à l’occasion mais ce qui me touche le plus chez Dolan c’est sa façon de réunir ces cellules familiales brisées (les conflits maternels est une donnée régulière dans son cinéma) autour d’une musique. Des scènes musicales toujours aussi intenses que ce soit On ne change pas dans Mommy, Dragosta Din Tei dans Juste la fin du monde ou Stand by me dans Ma vie avec John F. Donovan. Ces scènes sont d’une douceur et emplies d’amour de la première à la dernière seconde que s’en est bouleversant. Comme un moment d’apesanteur avant la chute inéluctable (cf la scène entre John Donovan, sa mère et son frère dans la salle de bain à la fin du film). 

Je pourrais vous parler des sujets qu’évoque le film, de son casting fabuleux (Kit Harington et Jacob Tremblay en tête), comment une icône, une star, quelqu’un qui vous est finalement totalement inconnu peut devenir votre exutoire et perpétuer cette idée de rêve, ce rêve qui nourrit l’enfant, celui qui nourrit cette envie d’avancer. On a tous un modèle qu’on veut suivre que ce soit un membre de sa famille ou autre. Moi celui qui m’a sauvé mais aussi celui que j’admire c’est ce réalisateur. Ce jeune réalisateur talentueux, à la patte singulière, amoureux du cinéma, celui qui à travers ses discours m’a motivé à ne pas abandonner, celui qui à travers ses films a nourrit mon amour, celui qui a sauvé la jeune fille paumée que j’étais en 2014. 

Alors non, je n’ai aucune objectivité concernant Xavier Dolan et franchement, je m’en fiche. Parce que ses films me parlent plus que jamais, parce que je vis pour voir ce genre de films, que je veux encre être touchée, être émue, être éblouie. C’est peut-être naïf mais je crois en la magie du cinéma et en la magie de certaines personnes capables de vous faire déplacer des montagnes et donner le meilleur de vous-même. Ma vie avec Xavier Dolan se résume à un mot : vivre. Et grâce à lui et ses films je vis plus que jamais. 

Ma vie avec John F. Donovan de Xavier Dolan. Avec Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon… 2h03
Sortie le 13 mars

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