Mais vous êtes fous : Codépendance

Scénariste qui avait déjà fait ses preuves avec La French, HHhH et Ami-Ami, Audrey Diwan passe désormais derrière la caméra pour son premier long-métrage. Et pour un premier essai la jeune femme, qui était autrefois journaliste, s’est entouré de valeurs sûres du cinéma français avec Pio Marmaï et Céline Sallette. S’appuyant sur un fait divers, Mais vous êtes fous dessine avec intelligence les rapports de dépendance dans un couple plongé en pleine tourmente. 

Roman et Camille s’aiment. Ils ont deux enfants, Roman s’occupe des filles lorsque leur mère travaille tard, tout semble parfait dans cette famille. Sauf que Roman cache à sa femme depuis des années un gros problème d’addiction à la drogue. Jusque là, le père de famille réussissait à le cacher aux yeux de tous mais c’était sans compter sur un incident des plus banals qui mènera Camille à découvrir toute la vérité. Une famille et un couple mis en péril, Roman et Camille réussiront-ils à se relever alors que toute confiance a disparu ?

« Un couple de parisiens drogue ses enfants ». C’est ainsi qu’Audrey Diwan a découvert ce fait divers et qu’elle a fait la connaissance de cette femme. Privée de ses enfants alors que son mari était secrètement accro à la drogue, rien ne pouvait pourtant l’empêcher de parler avec tendresse de son mari et de le défendre envers et contre tous. De là est venu l’idée de Mais vous êtes fous. Sans pour autant faire un copier/coller de ce fait divers (notamment dans sa dernière partie totalement fictive – et diablement efficace -), la réalisatrice appuie toute la réflexion de son film sur la codépendance qui se crée entre Roman et Camille. Partant d’abord du point de vue de Roman afin d’introduire le propos du film, on bascule rapidement vers le point de vue de Camille qui se retrouve seule et désignée comme coupable du jour au lendemain. Addiction à la drogue pour son mari, addiction à son mari pour Camille qui voit toujours en lui ce mari aimant et non ce coupable désigné par la justice. 

Ainsi une tension permanente se crée pour arriver à son apothéose dans sa troisième partie où la paranoïa qui envahissait Roman au début du film est désormais partie intégrante de la vie de Camille. Audrey Diwan travaille d’ailleurs parfaitement cette troisième partie avec un sens aiguë du montage pour gagner en efficacité, le tout aidé par un vrai travail du son et un sens du détail à la caméra qui, sans dire un mot, évoque à merveille cette perte de confiance et cette peur permanente. 

Sans jamais juger ses personnages ou la situation, Audrey Diwan se contente de faire un état des lieux. Une chronique amoureuse houleuse et compliquée qui n’amène pas de réponse mais met seulement en exergue les peurs et paranoïas qui peuvent bouffer un couple petit à petit. Aidé par un casting de feu (Pio Marmaï brisé mais déterminé et Céline Sallette à la fois fragile et éperdument amoureuse), Mais vous êtes fous est un premier long-métrage solide et intelligent. 

Mais vous êtes fous d’Audrey Diwan. Avec Pio Marmaï, Céline Sallette… 1h35
Sortie le 24 avril

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