Les Crevettes Pailletées : Entretien avec Cédric Le Gallo & Michaël Abiteboul

Mais dites donc, il ne resterait pas que deux jours avant la sortie du film Les Crevettes Pailletées ? On continue notre très jolie série d’interviews avec aujourd’hui une longue et passionnante interview avec Cédric Le Gallo co-réalisateur du film et Michaël Abiteboul un des neuf acteurs. On a parlé de militantisme et de cette expérience à onze entre autres. Une entrevue à découvrir et à dévorer immédiatement !

Ce film est en partie inspirée de votre vie Cédric, à quel moment vous vous êtes dit qu’il y avait matière à faire un film ?

Cédric : Ça fait huit ans que je fais partie de cette équipe et j’avais vraiment envie de faire un film. À la base je suis journaliste donc quand on est journaliste on raconte des histoires. J’avais fait une petite série (Scènes de culte diffusée en 2015) et vraiment l’envie de faire un long-métrage par la suite était présent, l’envie d’avoir plus de liberté… Et avec mes potes du water-polo on s’est vite rendus compte qu’il se passait quelque chose d’assez spécial entre nous, une amitié très forte comme une famille. C’est-à-dire quand on part en tournée… en tournée n’importe quoi ! Non on est pas Beyoncé [rires] ! Quand on part en tournoi, ce qui nous arrive est dingue. On a 14 ans, on se marre, on fait la fête. C’est du water-polo mais pas que ! Le retour est terrible à chaque fois, on est déprimés. Mais surtout c’est un groupe qui dégage une telle positivité, c’est des valeurs de gentillesse, de tolérance, de bienveillance, de liberté, on s’entraide les uns les autres à être ce que l’on veut être. Il y a aucun jugement et c’est ça qui est beau. Ces valeurs là on les retrouve pas tellement au cinéma et puis moi en tant que gay j’avais envie de héros positifs qui m’ont cruellement manqué dans ma jeunesse et de les montrer à l’écran même s’il y a des films merveilleuse comme Philadelphia ou récemment Sauvage mais quand on a 14 ans et qu’on voit ces films sur le SIDA, la prostitution, on se dit pas forcément que c’est chouette ce qui nous attend. 

Michaël, qu’est-ce qu’on se dit en premier lorsqu’on reçoit un scénario où vous faites partie d’une équipe de water-polo gay qui va être entraîner par un champion de natation homophobe ?

Michaël : On se dit banco car c’est hyper joyeux comme proposition, c’est pas commun et honnêtement on se dit qu’on ne nous proposera plus jamais ça après donc pour moi le risque est à prendre. Le métier d’acteur est un métier à risque de toute façon. Au pire on est pas très bons ou le film ne fonctionne pas mais c’est ce qui peut arriver donc on fait avec. Par contre quand on reçoit une proposition aussi enthousiasmante qui contient autant de défis entre le water-polo, travailler à neuf acteurs, avec deux réalisateurs et aller explorer des territoires qui me sont personnellement plus inconnus c’est vivifiant. On a travaillé tout du long sur le scénario, sur le dosage et en voyant le film je suis content de voir qu’ils aient tenu à ce ‘’trop’’ qui participe à l’équilibre du film. C’est drôle parce qu’après les projections les spectateurs venaient me voir pour me dire « Ah on avait peur que ça déraille, que ça aille trop loin et puis finalement le film se rattrape et on est content de rire avec eux ». 

Cédric vous n’aviez jamais fait de long-métrage auparavant contrairement à Maxime Govare qui en avait déjà réalisé deux. Comment se passe la collaboration entre un novice dans ce milieu et quelqu’un qui a déjà plus de bouteille ?

C : Tout d’abord c’est rassurant. On avait déjà commencé à bosser ensembles sur l’écriture. Au début quand je suis allé voir mes producteurs avec une dizaine de pages ils se sont dit « C’est vrai t’as jamais écrit de long-métrage et ça peut être chiant d’écrire seul » et c’est vrai d’ailleurs. En trois mois j’allais à la bibliothèque tous les jours pour écrire seul. Je crois que c’était nécessaire mais en même temps dès qu’on est à deux il y a une dynamique différente, ça va plus vite, l’un donne son avis sur les idées de l’autre et j’ai tout de suite senti qu’avec Maxime on parlait la même langue et qu’on avait envie de faire le même film. Je suis arrivé avec l’idée de faire un film un peu anglo-saxon où on peut rire et pleurer dans la même séquence, être très outrancier dans l’humour mais aussi émouvant avec un vrai propos sur la vie et c’est vrai qu’en France ce cocktail là peu de gens osent car il est risqué. Et en plus avec Maxime on avait les mêmes envies et paradoxalement nous sommes très différents, ainsi la collaboration est plus riche car avoir deux réalisateurs qui vont dans la même direction et demandent les mêmes choses ça n’a aucun intérêt. Par exemple est beaucoup plus organisé que moi alors que moi je suis bordélique.

M : Mais c’est ce qui était nécessaire. Tu n’avais pas fait de film tout comme certains acteurs n’avaient jamais encore tourné mais c’est cette fraicheur, cet enthousiasme et cette nouveauté qui était nécessaire à ce film. Je trouve que pour certains qui avaient déjà réalisé ou tourné dans des films, c’était intéressant de désapprendre des choses qu’on avait l’impression de savoir pour plonger dans le bain au sens propre comme au sens figuré. 

C : C’est beau ce que tu dis.

M : C’est vrai surtout.

Les Crevettes Pailletées est un vrai feel-good movie où on se moque de personne contrairement aux comédies actuelles où on a souvent tendance à se moquer de quelqu’un.

C : C’est insupportable. D’ailleurs je pense que pour faire une comédie sur une bande de gay, il faut être gay soi-même car le risque c’est de taper à côté, d’être faux sur l’univers et il peut y avoir une forme de moquerie or quand elle vient des personnes dont on est censé rire ça devient de l’autodérision et là ça passe. Je suis le premier à faire de l’autodérision. Dans le film les personnages prennent des caricatures ou des images qu’on a de l’homosexualité pour se les ré-approprier, sur-jouer et s’en amuser. Et c’est quelque chose qu’on fait dans nos vies, jouer sur l’imagerie gay pour mieux la détourner et s’en moquer nous-mêmes. 

M : Dédramatiser aussi.

C : Tout à fait, on dédramatise nos drames. Tout va plus ou moins bien on a quand même un combat à mener même s’il va dans le bon sens parfois et dans certains pays ou même en France il y a encore des agressions homophobes donc il y a encore du boulot. Mais là où vous avez raison c’est que le film est une invitation à rire avec nous. Ce n’est pas « Venez on va se moquer des pédés » mais c’est « Venez vous marrer avec nous ». Il y a un vrai humour gay dans le film qui n’est pas souvent exploité au cinéma, peut-être parce qu’il y a peu d’auteurs gays, mais malgré tout on a refusé d’édulcorer le tout pour plaire au plus grand nombre sans pour autant oublier le grand public donc c’est une véritable invitation à venir rire avec nous. Tous les publics sont bienvenus d’ailleurs là ça fait deux mois qu’on est en tournée et on voit des profils qu’on ne pensait même pas toucher entre la grand-mère de 80 ans ou les familles qui s’identifient aux Crevettes alors que leur quotidien est aux antipodes. Malgré tout cette bande de potes ils s’y voient et c’est assez dingue.

M : Ils veulent partir avec eux. C’est une des plus belles choses qu’on peut nous dire après le film, qu’ils aient envie de partir avec eux en road-trip. Le film dépasse réellement le cadre et c’est jubilatoire pour nous.

Il a fallu apprendre le water-polo pour ce film, comment se sont passés les entraînements ?

M : Mal… puis bien [rires]. Le premier entraînement avec les vraies Crevettes Pailletées était assez redoutable. Alban [Lenoir] et moi nous sommes sortis de là totalement éreintés et un peu désorientés. Et puis c’est ce que nous disait Cédric et Maxime [Govare] il faut continuer à pratiquer et à un certain moment il y a quelque chose qui en ressort. Maintenant avec le recul je me dis que j’y serais allé encore plus pour m’imprégner même si on avait déjà vécu six mois d’entraînements. Même si je ne connais toujours pas les règles !

J’ai l’impression que peu d’acteurs ont compris les règles du water-polo quand même !

C : Absolument personne alors qu’elles sont hyper simples.

M : Ne garde pas le ballon quand deux colosses te foncent dessus c’est la règle principale ! En même temps ça a été beaucoup de rires et c’est ce qui nous a soudé. Avec certains acteurs on se connaissait déjà et d’autres non mais la douleur dans l’eau nous a soudé. Je crois aussi que l’économie fragile et légère du film a permis la sincérité qui s’en dégage. Peut-être que des acteurs plus connus ne se seraient pas autant entrainés que nous, ils ne se seraient pas soudés avant. L’avant-tournage était totalement fou, on avait l’impression de commencer le tournage en ayant déjà fait le film.

C : C’est super d’avoir cette phase d’entraînements. C’est dur pour les comédiens certes, certains sont venus me dire « On fait six mois d’entraînements pour si peu de water-polo » mais il fallait que ça soit naturel à l’écran alors que faire du water-polo c’est absolument tout sauf naturel, t’as pas pied etc… et en plus je leur rends hommage parce qu’ils n’ont jamais eu de doublure. Un match de water-polo c’est quand même très intense, c’est quatre fois huit minutes mais dans un tournage c’est huit heures dans l’eau sans avoir pied donc c’est physiquement très dur. 

M : Mais ça nous a fait des corps d’athlètes attends !

C : C’est vrai ! Bon, il y en a qui se sont un peu oubliés depuis le tournage [rires]. 

M : On désespère pas de le retrouver cependant !

C : Ce qui disait Michaël est très vrai, ces entraînements leur a permis de se rencontrer. Cette bande de potes à l’écran il fallait qu’on y croit et pour cela c’était obligatoire qu’ils deviennent potes dans la vraie vie. Je crois beaucoup à ça, je pense qu’à un moment donné la caméra voit tout et si c’est pas sincère je suis persuadé que ça se verra. T’as beau être le meilleur acteur du monde, dans un projet d’une telle envergure, il faut que ça transpire la sincérité. Michaël a raison je trouve ça terrible quand les acteurs ne se rencontrent qu’au début du tournage.

M : Ça arrive et je trouve ça dingue que ces trucs de répétitions ou de lecture qu’on a pu faire ne soit pas presque un automatisme. Il faut ce travail d’imprégnation et d’apprivoisement des rôles des autres. Je trouve qu’en France on est un peu feignants et tout le monde le sait en plus mais il faut bouger. Il y a des acteurs, très peu, qui ne donnent pas ce temps alors qu’il est nécessaire car tout ce temps qu’on donne on le gagne après au tournage. 

C : De toute façon on avait pas le choix parce qu’il y avait le water-polo mais aussi la danse. Comme dans la vraie vie aux Gay Games les équipes de water-polo ont une choré donc c’était encore un défi en plus car certains pouvaient être à l’aise dans l’eau et pas du tout dans la danse et inversement.

M : Et puis quand on est sortis du water-polo on nous a dit qu’il fallait répéter la choré pendant une semaine je vous dis pas nos têtes. On le savait hein mais les entraînements étaient tellement épuisants que l’idée de repartir sur quelque chose de finalement plus conventionnel nous paraissait plus difficile que le water-polo. Le mode survie était activé [rires].

Comment on gère neuf acteurs sur un tournage ?

C : C’est très difficile. C’est dur à la fois pour nous les réalisateurs et pour les comédiens. C’est un peu comme une famille nombreuse versus une famille à enfant unique. On peut pas s’occuper de nos acteurs quand on en a neuf que lorsqu’on en a deux. On va droit à l’essentiel et parfois ils peuvent se sentir délaisser parce qu’on a pas le temps de dire à un tel ou à un tel ce qu’on a pensé de sa performance. Le tournage était tellement serré que même Maxime ou les techniciens dont certains c’était leur 23e film ont dit que c’était le tournage le plus dur à faire. C’est très rare neuf personnes à l’image quasiment tout le temps sans compter les décors différents car, il faut le rappeler, on est dans un road trip donc on a pas le temps d’apprivoiser les décors. Parfois on avait des idées de plan de caméra mais une fois sur le tournage on se rendait compte que ça n’allait pas car il faut dire aussi qu’on avait pas répété la mise-en-scène avant. À l’écran il ne faut pas que les acteurs se gênent, se cachent ou se parlent les uns sur les autres mais il ne faut pas non plus qu’ils s’attendent, il faut que le tout soit vif et qu’on soit parfois même dans un reportage. D’ailleurs la solution qu’on a trouvé c’est d’être quasiment tout le temps en plan séquence. C’est très minutieux et il faut pas se planter car quand un des acteurs se trompe il faut tout recommencer mais ça permet visuellement d’avoir quelque chose de très vivant et nous ça nous permet d’aller plus vite.

M : C’est très dynamisant pour nous en terme de jeu. Honnêtement je ne pense pas qu’on aurait eu plus de difficulté si vous aviez ajouté un animal dans l’équipe ça aurait été le pompon.

C : Et un nourrisson ! Quoiqu’il y en a des nourrissons qui ont d’ailleurs ruiné l’ordinateur de Maxime.

M : Le défi était là comme disait Cédric. Un road trip, un bus, des scènes aquatiques, deux réalisateurs et neufs acteurs. C’est assez miraculeux mais ça fonctionne. 

C : C’est vrai que ça tient un peu du miracle. Et surtout l’aventure continue maintenant avec la tournée qu’on est en train d’effectuer, on se découvre encore aujourd’hui car pendant le tournage on avait pas forcément le temps d’apprendre à se connaître plus que ça, de boire des coups… Comme le disait Michaël heureusement qu’on a appris à se connaître avant, un peu pendant le tournage heureusement mais surtout après en fait. 

Forcément on va faire la comparaison avec Le Grand Bain sorti fin d’année dernière. 

C : Je vois pas du tout ce que c’est. [en s’adressant à Michaël] T’en as entendu parlé ?

[rires]

M : Je vois vaguement, quelques personnes l’ont vu et l’ont trouvé sympa. Non mais forcément la comparaison est là.

Justement vous avez peur de la comparaison ou au contraire qu’il soit une sorte de booster ?

C : J’ai toujours tendance à voir le verre à moitié plein donc je me dis que si 4 millions de personnes ont vu Le Grand Bain et on veulent encore voir des mecs en slip de bain ils sont les bienvenus. Après notre film est très différent. Lorsque les gens voient le film, la comparaison ne leur vient même pas l’idée. Les personnages ne sont pas du tout les mêmes. Dans Le Grand Bain on a des cinquantenaires dépressifs tandis que dans Les Crevettes Pailletées on a des trentenaires hyper joyeux.

M : C’est une bande de héros positifs et puis on en rigolait entre nous car le huitième rôle du Grand Bain est plus connu que le premier rôle de notre film donc le film ne peut être qu’une bonne surprise.

C : Pas que le huitième d’ailleurs ! Même la personne à la caisse du supermarché est plus connue. 

M : À vrai dire on aurait pu sortir le film avant car Canal + a financé les deux films sauf qu’ils ne pouvaient pas sortir deux films de mecs en slip la même année donc ils nous ont dit d’attendre un an et ils nous fianceraient l’année d’après sinon le film aurait pu sortir en même temps ou avant.

C : Et on a mangé des pâtes pendant un an [rires] !

M : Ça aurait été marrant si Les Crevettes Pailletées était sorti avant Le Grand Bain de demander « Ça ne vous gêne pas la comparaison avec Les Crevettes Pailletées qui a fait 2 millions d’entrées ? » 

De cette aventure à onze, on en retient quoi ?

C : Il y a une énorme scène de fête dans le film qu’on a tourné dans une piscine à Mulhouse qu’on a retransformé en discothèque avec des bougies et des projecteurs et les vraies Crevettes qui sont venues faire de la figuration. C’était important pour moi de les avoir déjà symboliquement, on a même tourné exprès un samedi pour qu’elles puissent venir. C’était émouvant et aussi éprouvant parce que ce genre de scènes se tournent sur trois ou quatre jours et nous on l’a tourné en une journée donc à la fin on était tous fatigués mais très heureux parce qu’à 20h c’était bouclé. Donc après cette journée nous sommes tous allés faire la fête dans le bar gay de la ville, ils avaient jamais vu autant de monde là-bas il faut imaginer il y avait les Crevettes, les comédiens, l’équipe technique et les figurants bref c’était un joyeux bordel. Ça faisait en plus un mois qu’on tournait dans des conditions pas faciles donc pouvoir décompresser comme ça un soir avec mes potes et en plus l’équipe du film c’était magique.

M : Moi le premier souvenir qui me revient en tête c’est le dernier jour de tournage. C’était le 4 août et c’était l’ouverture des vrais Gay Games à Paris or ce jour-là correspondait aussi à notre entrée en tant que Crevettes Pailletées dans les Gay Games dans le film. C’était à Paris, on voyait toutes les délégations arriver. Ils étaient parfois 50 ou plus puis parfois on avait la délégation d’un tout petit pays comme l’Egypte qui était seul. C’était très émouvant pour nous de voir ces gens et leurs histoires, leur joie d’être là et paradoxalement la difficulté d’être là aussi qui se ressentait sur certains visages. On a tourné deux fois, c’était notre dénier jour de tournage. On est rentrés sur ce stade comme une vraie délégation et c’était très émouvant. Maintenant j’ai l’impression d’avoir une nouvelle famille qui est extensible en plus.

Les Crevettes Pailletées c’est un film de potes avec un vrai message universel mais de l’autre côté est-ce qu’il ne serait pas aussi militant ?

C : Ça dépend ce qu’on met derrière le mot militant. Si c’est le film militant avec le tampon militant qui s’adresse aux gens qui savent déjà alors non. D’ailleurs c’est un peu ça le problème des films dit ‘’militant’’ quelque soit la thématique ou le combat, souvent le grand public ne va pas les voir et c’est triste d’ailleurs mais c’est comme ça, c’est un constat. Se revendiquer trop militant peut faire peur et donner l’impression d’être donneur de leçon. Là il ne s’agissait pas de donner de leçon mais plutôt à travers le rire faire passer un message. Après est-ce que c’est du militantisme soft ? Peut-être mais bien sûr qu’il y a des messages de tolérance, de liberté mais qui va au-delà de l’homosexualité. Ce sont souvent des valeurs qu’on prête aux homosexuels parce qu’il faut parfois faire ce chemin, parfois seul, de se révéler au monde. Mais ce message s’applique à tous notamment aux femmes qui est la minorité la plus visible de tous dans notre société. D’ailleurs le film plaît beaucoup aux femmes. Elles s’identifient aux Crevettes car elles peuvent aussi avoir vécu le sexisme, le rejet en raison de leur sexe… Donc oui il y a une forme de militantisme soft dans lequel tout le monde peut se retrouver. C’est pas un film de gay pour les gays. C’est un film avec des personnages gays qui dégagent des valeurs positives. 

M : Moi ce que j’aime beaucoup dans les films c’est quand ça sort du cadre et j’ai vraiment l’impression que ce film sort du cadre. Tu parlais la dernière fois Cédric de transphobie ou lesbiennophobie et à travers un des personnages il y a aussi cette notion d’intolérance. C’est ce qui est d’ailleurs le plus réussi dans le film à mon avis. Il y a pleins de choses qui sont abordées dans le film et pour moi il sort du cadre. C’est une comédie mais pas seulement, c’est un film de sport, un film de potes… Ce n’est pas un acte volontaire d’être sur tous les plans mais à travers ce film et cette équipe bien particulière, on met en avant différents parcours. Mon personnage par exemple a des problèmes d’hétéro c’est-à-dire qu’il a une famille, un mari, deux enfants et qu’à un moment donné il va devoir faire un choix entre responsabilités familiales et le plaisir d’être avec ses potes. On évoque aussi le SIDA…

C : Non, il y avait une réplique mais on l’a enlevé au montage pour qu’une fois ce ne soit pas le sujet du film.

M : Mais on ne peut pas l’oublier.

C : C’est vrai.

M : Donc voilà on est sur tous les plans mais le film n’est pas racoleur. Il est irrévérencieux, il est insolent et c’est pour ça que je l’aime énormément. 

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