Rocketman : Still standing better than I ever thought !

Je l’attendais depuis si longtemps et il est enfin là ! Le dernier film du réalisateur britannique Dexter Fletcher est enfin sorti, pour mon plus grand plaisir, et j’en aurais bien demandé deux heures de plus.

D’abord projeté en hors-compétition et en avant-première au Festival de Cannes 2019, où il a fait sensation, Rocketman, nous raconte Elton John. Oui, tout le monde connait Elton John mais en même temps, on ne le connait pas vraiment. On connait la star internationale, l’icône de la communauté LGBTQI+, ses chansons incontournables devenues des classiques que même toi tu chantes parfois sans savoir que ce sont des chansons d’Elton John. Mais, on ne connaît pas vraiment sa vie, son histoire, comment et pourquoi il est devenu une légende ou encore ce personnage haut en couleur. Et c’est cela que nous raconte Rocketman.

L’histoire du film, c’est celle de Reginald « Reggie » Dwight, petit garçon originaire de Pinner dans le Middlesex en Angleterre, qui grandit dans les années 60, auprès de sa mère Sheila (interprétée par une troublante Bryce Dallas Howard), sa grand-mère et son père Stanley. Reggie vit dans une famille froide, qui ne le considère pas mais qui va tout de même le pousser dans son amour pour le piano, voyant indéniablement que le petit a du talent. Reggie rencontre un beau jour à force de persévérance pour faire carrière dans la musique Bernie Taupin (interprété par Jamie Bell), l’homme qui saura écrire des textes si singuliers que Reg, désormais baptisé Elton, pourra les mettre en chanson. Et de cette union fraternelle et centrale naîtra un travail collaboratif et personnel qui fera d’Elton John, Sir Elton John.

Taron Egerton as Elton John in Rocketman from Paramount Pictures.

Si le film fonctionne dans sa narration, c’est par l’implication d’Elton John en tant que producteur du film. Le film ne triche pas, il est honnête et c’est parce que Elton John a voulu qu’il soit ainsi. Cela Dexter Fletcher a réussi à le faire par des choix subtils dans sa réalisation. Premièrement, le film est une comédie musicale et l’utilisation des chansons d’Elton John dans Rocketman est un point fort car elles peuvent appuyer certains moments, c’est le cas pour « Tiny Dancer », « Pinball Wizard », « Rocketman » ou « I Want Love »… Comme elles peuvent aussi donner des scènes totalement magiques et spectaculaires, en poussant dans la fantaisie comme avec « Saturday Night’s Alright for fighting » ou « Crocodile Rock ».

Le film sait où il va, de quoi il parle et comment le raconter. Cela passe par de nombreux détails que ce soit dans le développement des personnages mais aussi dans l’univers qui entoure son personnage principal. C’est un film aussi sombre et introspectif qu’il peut être fantaisiste et coloré. Cette dualité est bien représentée, toujours dans la subtilité et le détail, exemple avec les addictions d’Elton. Sa cocaïnomanie est insérée de manière très intelligente par des petits moments discrets dans des moments fantaisistes. D’abord, il consomme comme on pourrait boire de l’eau jusqu’au moment où cela devient extrêmement mélodramatique. Rocketman n’a d’ailleurs jamais peur de faire dans le surdramatisme, cela peut entraîner quelques longueurs mais elles ne sont pas plus dérangeantes que ça, car le film va droit au but et à un fil conducteur tout du long.

Rocketman-le-biopic-sur-Elton-John-devoile-son-affiche-impressionnante-par-David-LaChapelle.jpg

L’intelligence de la réalisation et de l’écriture de Rocketman est telle que dès le début du film, Elton John, interprété à trois différents âges par des acteurs tout aussi talentueux les uns que les autres dont un Taron Egerton sublime et époustouflant, s’adresse directement à nous, spectateurs.

La cinématographie, les scènes chorégraphiées et les costumes sont à couper le souffle. Ils exaltent d’une précision et une créativité sans pareil qui viennent complètement s’entrechoquer avec le rythme soutenu par un montage impeccable et la temporalité des événements dans le film. Par la façon dont le film se déroule, on entre aussi l’histoire et la vie d’Elton qui se déchire, on vit les émotions, les doutes, les succès et on est plongé dans son vécu au point de pouvoir s’identifier à lui. Ce n’est pas la légende qui nous est vendu mais juste un homme qui toute sa vie a cherché à être aimé, a cherché l’amour qu’il méritait et qu’il n’a jamais eu. De nombreux moments d’ailleurs avec ses parents sont très difficile à voir et on comprend d’avantage au fur et à mesure la douleur qui le ronge et comment celle-ci se transfère dans sa vie et ses différentes relations. Cet amour manquant vient aussi du manque d’acceptation de la part de son entourage proche et de sa part. On voit tout au long du film un homme qui se cherche.

Dexter Fletcher nous livre alors certaines problématiques importantes, indissociable du contexte de l’époque mais que l’on questionne aussi à mesure que l’on avance dans le film et dans la vie d’Elton. Il met aussi Elton en face de ses problèmes, en face des gens qu’il a côtoyé, prêt à nous livrer sa vérité en faisant de Rocketman un moyen pour l’artiste d’enfin s’exprimer et de se libérer.

Avec son ingéniosité, sa réalisation à la fois innovante et classique, Dexter Fletcher fait de Rocketman, une expérience musicale intense et un feel-good movie dont il a la recette parfaite comme avec Eddie The Eagle. Il réussi grâce à l’incroyable performance de Taron Egerton, acteur plus que versatile et sûrement l’une des meilleurs de sa génération, à réussi à mettre Rocketman dans la liste des meilleurs biopics de cette décennie avec I, Tonya ou Jersey Boys. Et le place comme l’un des meilleurs biopic musical de tous les temps comparable à des films tels que Walk The Line, La Môme ou encore Ray.

 

 

Rocketman de Dexter Fletcher. Avec Taron Egerton, Jamie Bell, Bryce Dallas Howard, Richard Madden… 2h
En salles depuis le 29 mai

2 réflexions sur “Rocketman : Still standing better than I ever thought !

  1. Hyper fan de comédies musicales et de rock, ce film ne pouvait pas me faire plus plaisir ! Les chansons sont utilisées de manière intelligente, les numéros sont superbement filmés, d’ailleurs je crois que mon préféré est « saturday’s night alright » ! Tous les codes y sont réunis ! Et toi, quel est ton moment favori?

    1. C’est aussi Saturday Night’s Alright, ce moment franchement je crois que je m’en souviendrais toute ma vie. Ça m’a scotchée vraiment, j’en croyais pas mes yeux.

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