[ANNECY 2019] Les Enfants de la mer : Psyché des mers

Décidément il semblerait que le Festival d’Annecy soit placé cette année sous le signe de l’eau. Après Ride Your Wave, la journée s’est enchaînée avec Les Enfants de la mer, premier film d’Ayumu Watanabe. Fable aussi écologique que totalement perchée, Les Enfants de la mer est quelque chose d’à part, spécial mais loin d’être inintéressant.

À l’origine, Les Enfants de la mer est une série de cinq mangas. Le postulat de départ est assez simple : Ruka, une jeune lycéenne rencontre dans l’aquarium où travaillé son père Umi et son frère Sora. Deux jeunes garçons qui ont été élevés par des dugongs (un mammifère marin qui fait partie de la famille des lamantins) et qui semblent avoir une connexion particulière avec l’eau et le monde marin. Ruka va alors embarquer dans un voyage extraordinaire avec eux à base de chant de baleine, de corps qui brillent dans l’eau, de météorite, de sorte de Big Bang aquatique et de beaucoup, beaucoup d’animaux marins. Ça ne semble pas avoir énormément de sens dit comme ça mais c’est un peu là le problème du film puisqu’on se retrouve avec quelque chose d’absolument déconstruit. La faute probablement à ces cinq tomes condensés en un film, résultat on se retrouve avec un scénario bancal qui nous laisse parfois (souvent) sans réponse.

Par contre là où le film se rattrape ostensiblement (et c’est probablement pour ça qu’on aime beaucoup ce film), c’est qu’il est d’une richesse visuelle folle et quand on dit folle, on pèse ses mots. C’est de tous les côtés, c’est de toutes les couleurs et c’est fabuleux. Tout simplement fabuleux. Le travail visuel est époustouflant notamment dans son dernier quart d’heure où le film déploie toute sa poésie, sa grandeur et son côté mystique pour nous offrir quelque chose qui ne veut honnêtement pas dire grand chose mais duquel on se délecte de la première à la dernière seconde. Avec cela, Les Enfants de la mer peut se targuer de s’offrir un compositeur de talent en la personne de Joe Hisaishi – qui avait déjà déployé tout ses talents dans des films comme Le Vent se lève ou Ponyo sur la falaise – qui fait un vrai travail musical quasiment sensoriel et viscéral. Outre les partitions musicales qui agrémentent le film, les musiques du film tournent autour et s’inspirent des sons marins, des chants d’animaux pour donner une dimension mystique, presque sacrée à certains moments, comme un instant suspendu dans le temps. C’est impressionnant, et c’est surtout très beau.

Même si son manque de fond peut empêcher certains de rentrer et d’adhérer complètement au film, Les Enfants de la mer reste une réussite visuelle absolument indéniable. Une expérience quasiment à part, à laquelle on ne comprend pas forcément tout mais qui nous enchante par sa beauté.

Les Enfants de la mer d’Ayumu Watanabe. Avec les voix de Mana Ashida, Win Morisaki… 1h50
Sortie le 10 juillet

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