Dirty God : Fluctuat nec mergitur

Il y a de ces destins brisés, des vies à reconstruire et des personnes à la force de résilience admirable. C’est le cas de Vicky Knight, défigurée et brûlée à vie, la jeune femme doit désormais apprendre à faire face au regard des autres. Et quel plus beau pied de nez à la vie que de devenir actrice ? Pour son premier rôle, Vicky Knight donne une voix à toutes ces femmes défigurées.

74%. C’est l’augmentation d’attaques à l’acide au Royaume-Uni entre 2015 et 2016. Des attaques d’une rare violence qui laisse autant de marques psychologiques que physiques. Pour mettre en lumière ces terribles évènements, la néerlandaise a donc fait appel à une non-professionnelle (grâce à la directrice de casting qui s’était également occupée de American Honey  donc on partait déjà sur de bonnes bases) pour Dirty God. Jade a une fille de deux ans et le visage brûlé par son ex petit-ami. Dans une société où tout passe par le regard, Jade va devoir traverser un chemin semé d’embûches pour enfin réussir à s’accepter.

La réalisatrice Sacha Polak prend le parti pris – et intelligent – de ne pas donner un côté documentaire à son film qui aurait rapidement pu laisser place à un certain pathos pas nécessaire au vu du sujet. On parle de reconstruction, de confiance en soi et d’image. Véritable parcours de résilience, nous vivons au plus près les épreuves que subit Jade, ses moments de doutes comme ses quelques moments de joie. Bloquée par un plafond de verre entre une société Instagram, un manque d’amour maternel (sa mère lui rappelle constamment ses cicatrices) et une confiance en soi inexistante, Jade va devoir apprendre à vivre. La réalisatrice place également son film dans un contexte social intéressant et important : celui d’une société en marge, celle des démunis, celle qui vit dans les HLM et qui se retrouvent donc avec un double défi: exister pour soi mais également exister dans une société qui ne vous en laisse que rarement l’occasion.

Et pour incarner ce rôle fort, Vicky Knight semble avoir été tout trouvé. Véritable force de la nature qui, d’un seul regard, sait exprimer mille et une émotions, cette jeune femme n’a pas eu la vie facile et outre le fait que cela se lit sur son visage, la société n’a pas été tendre non plus avec elle. Harcèlement à l’école, sur les réseaux sociaux mais également à la télé. Suite à un documentaire qu’elle avait tourné avec une chaîne de télévision, elle découvre par la suite qu’il s’agissait d’un documentaire non pas sur les grands brûlés mais sur des personnes différentes qui – selon eux – ne trouveront jamais l’amour. Mais de toutes ces épreuves Vicky Knight s’est relevée et est désormais la tête d’affiche d’un film nécessaire. Avec sa fougue et son jeu impeccable, nul doute qu’on la reverra encore sur grands écrans.

D’une importance capitale, Dirty God met en lumière le destin de ces grands brûlés qui, en plus de vivre avec ces cicatrices à vie, ont bien d’autres défis à relever quotidiennement. Un film plein d’espoir, une grande claque, une révélation.

Dirty God de Sacha Polak. Avec Vicky Knight, Katherine Kelly… 1h44
Sortie le 19 juin

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