Alien, le huitième chef d’oeuvre

En 1979, l’encore relativement méconnu Ridley Scott frappe un grand coup dans l’univers du septième art. Le jeune cinéaste entre dans la légende en réalisant une des œuvres de science fiction la plus emblématique de l’histoire du cinéma. Porté par un casting composé de Tom Skerritt, le regretté John Hurt et évidemment de Sigourney Weaver dans son plus grand rôle, Alien, le huitième passager est un savoureux mélange de science fiction et d’épouvante.

 Alien le huitième passager est devenu un classique intemporel, une œuvre fédératrice de la science-fiction horrifique. Alien a posé les fondements du genre : une ambiance lente et oppressante, un calme linéaire et hypnotisant, des personnages forts confrontés à leurs pires craintes et une esthétique métallique percutante. Alien est un classique indémodable qui a choqué une génération entière de par son épouvante omniprésente, une approche implicite et une réalisation suggestive.

Une réussite qui doit beaucoup à sa réalisation. Ridley Scott vient du milieu de la pub, et a donc une vision très esthétique de l’image. Tout juste sorti de l’excellent Les Duellistes, il propose aux producteurs de faire un « Les Dents de la Mer dans l’espace ». Un concept qui capte l’attention des financiers, et plus tard, celui du public. Alien repose toute son ambiance sur une réalisation calme, lente, créant une tension de tous les instants. Ridley Scott, comme son collègue Steven Spielberg dans Jaws, choisit de ne pas montrer la créature dans la première partie. Le réalisateur préfère jouer avec les nerfs des spectateurs plutôt que de leur en mettre plein la vue. Le danger devient invisible, caché dans les tréfonds des couloirs sombres d’un vaisseau spatial devenu culte. C’est cette approche non spectaculaire qui donne tous ses frissons à Alien, à l’image d’une première partie sous forme d’exploration encore, quarante ans après, toujours aussi sublime.

Ridley Scott offre une texture d’image renversante, une photographie superbe, magnifiée par des décors somptueux et un jeu de lumière saisissant. Les adjectifs mélioratifs sont légions pour qualifier Alien, le huitième passager. C’est cette mise en scène qui donne toute sa profondeur à Alien, mais aussi son style unique, agrémenté d’une mythologie recherchée. Un univers mystique, à la fois intriguant et révulsant, qui doit beaucoup au Xénomorphe, la créature la plus mythique de toute l’histoire du cinéma. Avec Hans Ruidi Giger, le concepteur de la créature, Ridley Scott a créé un monstre du cinéma, une créature pseudo-humanoïde fascinante issue des pires cauchemars infantiles, possédant des capacités inestimables, une défense indestructible et une résistance à toute épreuve. Ce monstre est dorénavant ancré dans la conscience populaire, et s’inscrit comme étendard de la pop culture. Au-delà d’un style extrêmement personnel, c’est également les nombreuses références sexuelles de la créature qui donnent toute sa profondeur à ce personnage. Avec des images inconscientes, mais choquantes, Ridley Scott veut distiller un malaise constant. Il utilise des images sexuelles presque subliminales pour déranger l’inconscient du spectateur. La créature se retrouve donc avec un crâne qui fait directement référence à un appareil génital masculin, le facehugger s’inspire évidemment d’un vagin, tandis que l’androïde Ash a un sang qui rappelle fortement le sperme. Vous aurez compris l’idée. Avec ce procédé, Ridley Scott signe un film unique, où l’inquiétude et le dégoût font parti inhérente du métrage.

Enfin, c’est toute la mythologie qui est présentée dans Alien, le huitième passager qui marquera les esprits. Outre le superbe Xénomorphe, à la fois envoûtant et dégoûtant, Ridley Scott met en place une intrigue qui restera secrète pendant presque quarante ans. Certains éléments resteront sans réponse jusqu’au bancal Prometheus, comme l’identité du pilote mort dans un vaisseau d’origine inconnu, comme la naissance de l’Alien, etc… Pendant plus de trente ans, le cinéaste a gardé secret des éléments centraux de son univers, apportant une forte part de mystère au premier Alien. Enfin, outre l’introduction de l’intelligence artificielle relativement bien traitée, c’est évidemment la présence de Sigourney Weaver qui finit de placer Alien au panthéon du cinéma. Ellen Ripley est une héroïne terriblement emblématique, une figure féminine forte, indépendante, qui casse la discrimination habituelle qui habite le Hollywood des années 1970. Avec une héroïne comme protagoniste, Ridley Scott brise les clichés, les codes, en confrontant une femme à la mort, et plaçant surtout une actrice pour porter un blockbuster à plusieurs millions de dollars. Pour un budget de 11 millions de dollars, le film en rapporte plus de 105 millions à travers le monde. Un succès suffisant pour la mise en chantier de trois suites jusqu’en 1997 avec Alien, la résurrection, puis deux crossovers face aux Predator, avant de revenir dans les années 2010 avec Prometheus, puis Alien : Covenant, le dernier en date.

Alien est certainement un des plus grands films d’horreur de tous les temps. Par son rythme parfait, son esthétique dark, le design de l’Alien qui atteint la perfection, tout droit sorti d’un cauchemar sexuel et malsain, l’œuvre de Ridley Scott est fédératrice. Un métrage immense, une pépite de la science fiction moderne, anxiogène et fascinante, intrigante et oppressante. Dans l’espace personne ne vous entend crier.

Alien, le huitième passager, de Ridley Scott. Avec Sigourney Weaver, John Hurt, Tom Skerritt… 1h56. Sortie le 12 septembre 1979.

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