[PIFFF 2019] I See You : Phogging Iboys

Depuis combien de temps n’a-t-on pas vu un excellent thriller, dont les ficelles insondables parviennent à nous malmener de bout en bout ? Beaucoup diront Gone Girl, et on est assez d’accord. Il faut dire que l’exercice est difficile : chaque séquence doit être millimétrée, jouer de ses angles et mystères pour nous captiver et nous mener en bateau. Présenté au PIFFF, voici I See You, d’un Adam Randall qu’on avait déjà remarqué pour son Iboy en 2017.

La banlieue parfaite sans problèmes, ce fameux réseau de tous les vices. Un jeune garçon qui disparaît, dans des conditions rappelant une ancienne affaire. Greg Harper (Jon Tenney), dont l’équilibre mental est à vif, doit reprendre l’enquête, savoir si l’homme qu’il a arrêté bien des années auparavant est innocent ou s’ils ont affaire à un « copycat ». Ambiance familiale tendue, où Jackie Harper (Helen Hunt) tente de réparer du mieux qu’elle peut l’infidélité dont elle a fait preuve, où Connor (Judah Lewis), leur jeune fils, est en proie à la rébellion adolescente, et où des mystères se propagent dans la maison. Objets qui disparaissent, qui se déplacent, réparateur de vitre qui prétend qu’une jeune femme, inconnue de tous, lui a ouvert la porte, tout porte à penser qu’une présence, une autre personne, est présente.

Alors dans une première partie très sage, on suit le quotidien de Jackie, ses tumultes avec son amant qui refait surface et tente de revenir dans sa vie, la colère de son fils qui ne lui pardonne pas la discorde familiale, son mari qui ne la regarde plus. Les éléments prennent peu à peu place dans une ambiance qui prend peu de risques, du moins en apparence. Le film parvient à nous accrocher, à se constituer de matière suffisamment intrigante pour que l’on se demande où cela peut bien mener. Une fois le climax atteint, on repart en arrière avec un angle totalement inattendu, une sous-intrigue bienvenue qui se mêle parfaitement à la trame principale. Jeu sur les faux-semblants, on ne sait plus qui croire, qui soutenir, et Adam Randall peut alors nous manipuler à sa guise. La lenteur du premier acte prend alors tout son sens, aux réponses s’ajoutent de nouveaux actes inavoués, brodant la toile avec minutie.

Vous l’aurez compris, on ne peut pas vous dévoiler beaucoup d’éléments sur I See You tant l’intrigue repose sur ses rebondissements. Heureusement, ces derniers ne sont pas que poudre aux yeux, et le film se targue d’une mise en scène qui n’a rien à envier à ses aînés. On vous conseille de trouver un moyen de voir cet excellent thriller, probablement le moins compliqué du festival à sortir dans nos salles hexagonales.

I See You, d’Adam Randall. Avec Helen Hunt, Jon Tenney, Judah Lewis…1h36.
Pas de sortie prévue pour l’instant.

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