Le Château Dans Le Ciel : bien avant l’ambulant, le rêve éveillé

Ghibli. Un nom qui résonne dans le cœur de tous les enfants de 30 et 40 ans (voire plus, voire moins !), eux qui ont grandi avec les métrages du studio d’animation, vécu ces émotions avec panache, et vouent à leurs auteurs un culte bien mérité. Maintenant que Netflix s’apprête à proposer, par arrivées progressives, l’intégralité du catalogue sur sa plate-forme, on s’est donné pour mission de vous sélectionner un florilège pour vous inciter à vous jeter sur ces merveilles qui ne vous quitteront plus. 

Ghibli, c’est avant tout l’association de deux immenses noms de l’animation japonaise, au milieu d’autres auteurs dont le talent n’a rien à leur envier, Isao Takahata et Hayao Miyazaki. C’est du deuxième dont il est question aujourd’hui, alors que nous allons aborder son troisième long métrage, mais surtout la première production du studio. Avec Le Château Dans Le Ciel, il tient là le film d’aventure ultime, combinant le souffle épique de chaque instant et les personnages attachants dès les premiers regards.

Une forteresse est attaquée par des pirates à la recherche d’un pierre magique. Fuyant car en possession de la dite pierre, Sheeta fait la rencontre de Pazu, un jeune garçon vivant dans un village paisible. La pierre fait référence à Laputa, une cité aérienne mystérieuse, contenant selon la légende des trésors inestimables mais aussi les réponses aux questionnements internes de Sheeta, qui y est étroitement liée ; Pazu, quant à lui, connaît l’existence de Laputa, son père l’ayant vue et étant mort de chagrin après n’avoir pu prouver ses dires. Liés par le destin, les deux enfants vont partir à la recherche de la cité mystérieuse. En choisissant des figures et des bases simples, le scénario de Miyazaki devient instantanément universel. Tout le monde se retrouve en Pazu, ce jeune homme assoiffé d’aventures qui va trouver l’occasion de prouver sa valeur, en Sheeta, jeune ingénue en quête identitaire, mais aussi dans les figures de pirates au grand cœur, retournant peu à peu leur veste pour accompagner les héros, abandonner peu à peu leur intérêt personnel pour la cause plus noble.

Le mot d’ordre du Château Dans Le Ciel est l’efficacité. Le rythme est haletant, constant, et ne se perd pas en fioritures. Les bases sont à peine posées que l’aventure s’envole et pourtant, on a l’impression de connaître ses personnages depuis longtemps, et on a envie de les suivre, on ressent leurs enjeux. Ce rythme, l’auteur y est habitué, lui qui avait déjà magnifié son adaptation de la série d’animation Lupin III, avec Le Château De Cagliostro, avec le même parti pris épique, celui de l’aventure à tout prix. Alors l’action est grandiloquente, ludique, nous défie constamment dans notre attention et se renouvelle toujours. Qui dit rythme ne dit pas précipitation pour autant, et dans son montage, en plus d’une animation qui pour les débuts du studio est tout bonnement hallucinante, tout est fluide, nous laisse le temps d’admirer l’action, de ressentir les mouvements. L’occasion également de pouvoir admirer une direction artistique imaginative, entre un univers bien défini, tant par ses personnages que ses véhicules, par exemple, mais aussi des environnements défiant le gigantisme. Laputa, que l’on attend de pied ferme comme le but de cette quête, cet El Dorado sur lequel se fonde tous nos espoirs, ne déçoit pas, et on ressent sa force évocatrice, la grandeur passée de la civilisation qu’elle a représenté.

Concernant les thématiques de fond, Miyazaki ne s’éloigne pas des carcans du film d’aventure. L’innocence dans l’enfance et dans ces gens qui vivent simplement, face à des corrompus avides de pouvoir, qui en ont oublié toute humanité, au point que des robots sont plus bienveillants qu’eux. On y voit l’abandon des repères mais aussi la recherche de soi et, dans un final où Sheeta doit prendre une décision apocalyptique pour sauver les valeurs qu’elle défend, une preuve que l’identité ne se définit pas par ses racines mais par ses choix. Le message écologique, lors de la découverte d’un monde en ruines, détruit par sa trop grande avancée technologique, fait écho au précédent métrage de l’auteur, Nausicaa De La Vallée Du Vent.

Le Château Dans Le Ciel fait partie de ces films qui ne détournent pas une seule seconde notre attention, et qu’on ne lâche plus une fois visionné. L’envie irrépressible d’appuyer de nouveau sur le bouton « Play » de son lecteur dès que les dernières minutes du générique s’écoulent est prononcée. Tous les astres sont alignés, de l’animation admirable au rythme coupant le souffle, le tout sublimé par la sublime bande originale de Joe Hisaishi, pour nous faire passer un moment inoubliable. Surtout, il est une porte d’entrée vers l’univers Ghibli, qui regorge de merveilles, et de ces invitations au voyage comme on les adore.

Le Château Dans Le Ciel d’Hayao Miyazaki. Avec les voix de Mayumi Tanaka, Keiko Yokozawa, Kotoe Hatsui…2h04.
Sorti le 15 janvier 2003

Disponible sur Netflix

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