THX 1138 : blanc impur

Avant que George Lucas ne se perde dans son space opera et décide, au-delà de ses quelques scénarisations et productions, de s’y limiter, la science-fiction germait déjà dans l’esprit du réalisateur, en témoigne son premier long-métrage, THX 1138.

Là où le titre pouvait nous faire penser au nom d’un vaisseau, à l’instar du Dark Star de Carpenter, il est ici question d’un être humain, de son matricule plus précisément. Usage fortement récurrent dans l’anticipation, où l’homme devient une denrée périssable, du bétail soumis aux normes de production d’une société où penser est une tare obsolète. Guidé par sa compagne, qui peu à peu va le sortir de ce néant émotionnel qui l’entoure, THX 1138 va prendre conscience de son état et tenter la fuite. Déconstruire un personnage pour déconstruire par la suites les fondation d’un univers, l’élément perturbateur essentiel que l’on retrouve régulièrement – le Sam Lowry du parfait Brazil de Terry Gilliam, pour l’exemple -.

Dans une période où la moindre avancée technologique représente autant un émerveillement général qu’un fléau supposé, THX 1138 peut apparaître comme une prophétie chaotique. De celles qui ne sont malheureusement que trop peu écoutées, réduites au « divertissement pour niche« , là où de véritables questionnements sont posés et de véritables dénonciations sont émises. S’il est moins envolé qu’un Soleil Vert ou un Zardoz, cette sensation de vide, notamment par cette ambiance dénuée de tout décor, d’un blanc immaculé et quasi sans interactions accentue cette solitude, ce sentiment que la révolte est damnée d’avance car on pense la faire seul.

Un succès public relatif, un film bien malheureusement oublié depuis, mais une oeuvre qui sans le moindre doute a été un vecteur d’influence dans le cinéma d’anticipation. On y retrouve les prémices de ce que les Wachowski se sont amusées à parfaire, par exemple. Un métrage qui par sa simplicité photographique a d’ailleurs magnifiquement vieilli, et qui ravira tout amoureux de science-fiction, et est essentiel à un public plus large pour l’importance de son discours.

THX 1138, de George Lucas. Avec Donald Pleasance, Robert Duvall, Maggie McOmie…1h26
Sorti le 3 novembre 1971
Texte datant de 2015, remanié pour être publié sur nos pages

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s