Critiques

[DEAUVILLE 2020] First Cow : Lait-hargique (mais vachement bien)

La dernière fois que nous avons entendu parler de Kelly Reichardt c’était justement au Festival de Deauville en 2016 pour Certaines Femmes. Un très beau film qui dépeignait le portrait de trois femmes dont les destins vont radicalement changer. Trois prestations incroyables qui donnaient déjà un certain état de l’Amérique à cette époque. La voilà de retour quatre ans plus tard, toujours au Festival de Deauville mais avec First Cow.

Le film s’ouvre de nos jours sur une jeune femme qui se balade dans les bois et découvre deux squelettes. Qui sont-ils ? Que s’est-il passé ? Quelle est leur histoire ? Nous voilà replongés au début du 19e siècle au cœur de l’Oregon. Cookie Figowitz est un cuisinier expérimenté qui rejoint un groupe de trappeurs avant de partir vaquer à ses propres occupations. C’est sur la route qu’il rencontre King-Lu, un immigrant chinois qui rêve de faire fortune et lui propose de s‘associer pour monter un petit business. Le but ? Fabriquer de délicieux mets à partir du lait de vache volé chez un Anglais qui vient d’arriver avec la première vache du pays. Ni une, ni deux, les deux compères font fortune mais comme toute entreprise florissante, ils en veulent plus quitte à se brûler les ailes.

Kelly Reichardt a toujours su dépeindre une Amérique en peine et elle le fait une nouvelle fois ici. À travers ses deux personnages et leur petite entreprise, la réalisatrice nous prouve que finalement l’économie du 19e siècle n’est pas bien différente de celle d’aujourd’hui. Faire du profit – à tout prix -, étendre son territoire, savoir se renouveler et faire face à la concurrence. Le tout ancré dans les problématiques historiques de l’époque. Mais là où tout le talent de Kelly Reichardt explose – et peut laisser beaucoup de personnes sur le carreau – c’est dans la contemplation qu’elle nous offre. Une caméra qui traîne en longueur pour nous laisser apprécier la qualité des paysages. C’est un voyage, un voyage un peu long certes mais plaisant à voir. Le tout est doublé par une belle histoire d’amitié. Celle de deux hommes qui veulent réussir ensemble. Point de jalousie ici, soit ils réussissent ensemble soit ils échouent ensemble.

First Cow a de quoi diviser (comme le tout le cinéma de Reichardt) mais si on se laisse entraîner dans ce beau récit, il est certain que l’on sera captivé.

First Cow de Kelly Reichardt. Avec John Magaro, Orion Lee… 2h02
Sortie prochainement

1 comment on “[DEAUVILLE 2020] First Cow : Lait-hargique (mais vachement bien)

  1. Joli jeu de mots ! Inteo trop longue mais original ensuite, pas mal.

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