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Le diable, tout le temps : Il n’y a plus d’espoir

Les longs-métrages estampillés Netflix de qualité sont rares et se comptent sur les doigts de la main. Mais lorsqu’on a découvert les premières images de Le Diable, Tout Le Temps, notre curiosité a été piquée à vif entre un casting qui pèse très lourd dans la balance et une noirceur qui promet un beau film. Alors, est-ce qu’on a été charmé par ce diable ? Réponse.

Entre 1940 et 1960, plusieurs destins se croisent au coeur de l’Amérique rurale et puritaine. À travers Arvin Russell, nous allons découvrir les parcours de ceux qui l’entourent, de son père Willard vétéran de guerre en colère après la mort de sa femme en passant par sa demi-soeur abusée par un pasteur jusqu’à un couple de tueurs qui croisent sa route. Chacun d’entre eux semble fasciné par la mort, la violence et la religion. Et c’est dans ce dédale poisseux et pourri de l’intérieur qu’Arvin va essayer de trouver son chemin de croix. Échapper à cette violence qui gravite autour de lui pour se protéger lui mais aussi protéger sa sœur. Malheureusement, on ne peut jamais échapper au mal. Le diable est partout et réside dans n’importe quelle personne même la plus sage. La preuve avec Arvin qui, pour s’en sortir, doit justement user de violence en tuant de sang-froid quasiment tous ceux qui croisent son chemin.

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La religion a une place prépondérante dans le film si bien que tous les faits et gestes de chacun des protagonistes sont une réponse à une question qu’ils se posent concernant ce fameux Dieu. Outre la figure du pasteur (Robert Pattinson y insuffle un côté angoissant et dérangé), c’est chez ce père Willard que le dévouement à le religion vire rapidement à la folie. À se demander si Dieu ne serait pas le Diable dans ce long-métrage d’une violence assez intense. En effet, Antonio Campos ne prend jamais de pincettes. Pendant plus de deux heures, la violence intrinsèque bouffe petit à petit les personnages et l’image qui nous offre une atmosphère tendue et poisseuse au possible. Nous voilà piégés avec ces personnages dont la seule issue semble la mort. Les moments de répit sont rares, la survie est ce qui importe.

La déviance sous toutes ses formes est magnifiée par un casting qui en ferait rougir plus d’un : Haley Bennett, Sebastian Stan, Riley Kough, Mia Wasikowska qui explosent chacun leur tour. Mais les deux figures qui nous marquent sont évidemment Robert Pattinson et Tom Holland. Même si cela fait bien longtemps que le futur Batman n’a plus rien à prouver, c’est Tom Holland qui crée décidément la surprise. Loin de l’homme-araignée, le garçon offre une nouvelle facette de lui beaucoup plus sombre et touchante qui nous prouve qu’il sait sortir de sa zone de confort.

Le Diable, Tout Le Temps est une oeuvre intense, violente et funeste sur une Amérique en déperdition bouffée par une religion qui pousse à tous les vices. Même si on aurait voulu que le réalisateur pousse le curseur encore plus loin dans la noirceur, le film est un solide portrait qui est loin de nous laisser indifférent.

Le diable, tout le temps d’Antonio Campos. Avec Tom Holland, Robert Pattinson, Sebastian Stan… 2h18
Disponible sur Netflix

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