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[HALLOWEEN] Urban Legend : Le plaisir coupable de la sélection

Parmi les choses qui font l’essence même d’Halloween on retrouve évidemment les figures célèbres telles que les sorcières, les fantômes et les tueurs masqués des films d’horreur. Mais Halloween c’est aussi la transmission, des films, des figures et des petites histoires qui sont faites pour vous effrayer le soir avant de vous endormir. Mais que se passe-t-il lorsque ces fameuses légendes deviennent vraies ? Nous allons le découvrir dans Urban Legend.

Sur la papier, le film de Jamie Blanks a tout pour séduire. Une bande d’étudiants poursuivi par un tueur en série qui s’inspire des légendes urbaines, un détail loin d’être anodin car ces dernières sont inscrites dans l’inconscient collectif. Le tout avec un casting frais et beau comme un gardon (Jared Leto et Joshua Jackson en tête) et le tour semble joué. Cependant le film s’est vautré et en beauté. Rapportant moitié moins que ses comparses Scream et Souviens-toi… l’été dernier, pour ne citer qu’eux, et se faisant conspuer autant par la presse que le public, Urban Legend est relegué au rang de seconde zone. Mais on aime les mal-aimés et on a envie de les défendre. Urban Legend est certes mauvais mais ce sont toutes ses imperfections qui fait son charme.

Urban Legend : Photo Alicia Witt, Jared Leto, Rebecca Gayheart

Tout commence sur les chapeaux de roue : ambiance pluvieuse, une jeune fille seule en voiture tombe en rade et s’arrête à une vieille station essence où le gérant donne envie de prendre ses jambes à son cou. Une suite de quiproquos effraient la jeune femme qui repart fissa. Sauf que le gérant voulait l’avertir d’un terrible danger : le tueur se trouve sous sa banquette arrière. Pourquoi n’a-t-il pas réussi à la prévenir plus tôt ? Le pauvre monsieur bégaie, sûr que ça n’aide pas. Totalement effrayée, la conductrice se rassure comme elle peut en chantant Total Eclipse Of The Heart – pas étonnant que le tueur derrière décide d’en finir à coup de hache -. Les bases sont posées, n’ont pas l’air d’être solides, ce qui va se confirmer par la suite.

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de scénario juste qu’il consiste avant tout en une liste de chaque cliché possible et imaginable. Stéréotypes adolescents, entre la gothique renfermée, la prude, la dévergondée, la meilleure amie ou encore le quaterback. Un trop plein de légendes urbaines qui perdent de leur saveur tant elles s’alignent à la chaîne sans grand intérêt ni intelligence.

Urban Legend : Photo Alicia Witt, Rebecca Gayheart

Chaque personnage répond cependant à ses clichés et on s’attache rapidement à cette pauvre Nathalie dont la mort rôde autour tel un vautour . Même les figures les plus antipathiques (coucou le quaterback) arrivent à attirer notre sympathie.

Sujet très mal amené mais qui pousse à certaines réflexions, l’utilisation des légendes urbaines. On ne connaît pas leurs origines, certains détails changent au fur et à mesure qu’on les raconte et elles ont la réputation solide. Inscrites dans l’inconscient collectif, ces légendes à l’origine destinées à effrayer sont désormais moquées si bien que même des professeurs s’entichent à démontrer leur non-sens. Les adolescents d’Urban Legend les prennent à la rigolade et sont même anesthésiés face à toute cette déferlante de violence. Une jeune femme est assassinée dans sa voiture ? Tout le monde rigole comme si ce n’était qu’un banal accident. Un des amis du groupe disparaît et Nathalie jure qu’il est décédé ? Aucune enquête n’est menée, tous persuadés qu’il est parti faire la fête et que la pauvre devient juste barjo. Une fascination pour la violence qui reste un sujet intemporel et trop peu exploité ici. Ce qui est d’autant plus dommage car l’ambiance s’y prête très bien. Le côté quasi-gothique avec son université, ses jeux entre la nuit et la pluie battante, le film réussit à instaurer quelque chose de visuellement assez plaisant et efficace.

Petits clins d’œil furtifs mais qui font plaisir : la présence au casting de Robert Englund et Brad Dourif. De quoi nous rappeler les plus belles années des films d’horreur. Urban Legend fait donc clairement partie de ces plaisirs coupables qu’on adore regarder, qui tente de surfer sur la vague des films méta amorcée par Scream mais représente dans son raté un objet de fascination. On lui connaît ses défauts mais la sauce prend à chaque fois.

Urban Legend de Jamie Blanks. Avec Rebecca Gayheart, Jared Leto, Joshua Jackson… 1h40
Sortie le 17 mars 1999

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