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[Halloween] The Thing : un Imposteur parmi nous

Chef d'oeuvre d'angoisse, The Thing reste culte grâce à sa faible utilisation d'effets spéciaux et son atmosphère étouffante.

Une base scientifique en Antarctique, douze hommes d’équipages, des chiens et un intrus. Tel est le résumé de The Thing, du réalisateur américain John Carpenter. Véritable huis clos pétri d’angoisse, au discours nihiliste assumé, le long métrage sorti en 1982 plonge le spectateur dans un cauchemar. Pas ceux où l’on se réveille en sursauts à base de jumpscare, mais de ceux où le sentiment de malaise perdure bien après le réveil.

Among Us avant l’heure

Voir The Thing en cette fin d’année 2020, c’est un peu voir une rediff des derniers mois. Une double adaptation. D’abord, celle du confinement, avec son équipage d’hommes piégés dans leur base perdue en températures glaciales. Ensuite, une bonne partie de l’inspiration du jeu Among Us, sorti en 2018 mais qui se retrouve partout depuis quelques semaines. D’ailleurs, son écran-titre reprend sans vergogne les quelques notes musicales de The Thing, composées par le regretté Ennio Morricone (que cette année 2020 nous aura également pris).

Tout comme dans Among Us, un imposteur s’est en effet incrusté au sein d’un équipage scientifique. Une créature venue d’ailleurs, capable de tuer et copier les autres formes de vies, jusqu’à prendre totalement l’apparence de membres du groupe, et tenter de les remplacer jusqu’au dernier. Un scénario qui aurait pu prendre la forme d’un simple slasher, façon Vendredi 13, avec étudiants plus focalisés sur l’alcool et le sexe que sur leur propre survie. À la place, John Carpenter nous offre de purs moments d’angoisse. Cela grâce à son équipage composé de personnalités cartésiennes, chacun tentant de comprendre, avec plus ou moins de succès, la situation, et repousser au maximum le moment où la panique prendra le dessus. Face à une menace aussi fourbe, la confiance et l’esprit d’équipe ne résistent hélas que peu de temps. S’en suit donc une lente et graduelle montée vers le chaos, et le désespoir.

Une sortie glaciale

Avec un tel combo nihiliste, et son scénario à mi-chemin entre science-fiction et fantastique, The Thing reçoit un accueil tout aussi glacial que son environnement polaire. Sorti en plein été 1982, le public et surtout les critiques de l’époque ne voient dans le film qu’une succession de scènes gores sans intérêt. Sa concurrence avec le E.T. de Spielberg, et son extraterrestre gentil, contraste brutalement à une époque où le public recherche avant tout un film avec de bons sentiments. La sortie de Blade Runner quelques temps après, tout aussi sombre dans son univers futuriste, ne recevra d’ailleurs pas beaucoup plus de succès. Il faudra attendre que le monde, l’époque et son public changent pour qu’enfin The Thing soit reconnu à sa juste valeur.

À l’aide de ses prothèses conçues à la main, perpétuellement dégoulinantes de fluides innommables, le film parvient à instaurer un véritable sentiment de malaise. La créature, lorsqu’elle prend possession d’un animal ou d’un être humain, le déforme de manière affreuse : membres supplémentaires, crocs, griffes, liquides en putréfaction… Des effets kitsch pour certains, nauséeux pour d’autres, ces prothèses « réelles » sont pourtant infiniment plus efficaces que celles numériques choisies pour le The Thing, version 2011. Ce préquel était pourtant parti sur un choix artisanal, avant que la production ne force l’usage d’effets spéciaux. À moins que la différence ne réside dans la subtile réalisation de John Carpenter. Chaque scène est préparée avec soin, la plus fidèle possible à une interaction réelle d’individus en état de stress. Les mouvements de caméras suivent les regards, les doutes, avant de s’animer lorsque la « chose » se dévoile, pour mieux en montrer toute l’horreur à l’aide de positions de caméras tout aussi anormales qu’elle. En point d’orgue du film, la fameuse scène du « test sanguin », preuve que l’angoisse n’a besoin que d’un peu de sang… et d’un canapé.

The Thing de John Carpenter. Avec Kurt Russel, Wilford Brimley et Keith David.
1h49
Sortie initiale en 1982

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