Critiques Les cycles thématiques On rembobine Rétrospective Ghibli

« Si tu tends l’oreille », tu entendras mon cœur battre.

Maladresse, timidité, fougue, spontanéité, mais aussi courage. Que de mots pour qualifier le bourgeonnement de la vie, le début de l’adolescence ! Si tu tends l’oreille nous propose justement de suivre cette période de la vie, si simple et à la fois si complexe quand on a 14 ans…

C’est donc l’histoire de Tsukishima Shizuku, adolescente tokyoïte, et passionnée par la lecture. Elle a même un sacré appétit : elle a déjà tout lu à la bibliothèque municipale, où travaille son père. Elle voyage et vit d’autres vies que la sienne à travers les romans, elle se cherche. Shizuku a un problème, elle ne sait pas ce qu’elle veut pour elle. Elle constate un jour en examinant les petites cartes de prêt de bibliothèque, qu’un certain Amasawa Seiji lit autant qu’elle, et les mêmes livres ! Comme n’importe quel roman, elle se l’imagine à son image… mais quand elle finit par le rencontrer, serait-elle déçu ? 0u bien, au contraire, ne sera-t-il pas la clé de voûte de son propre accomplissement ?

Country Roads est reprise en japonais en VO, et c’est plutôt rigolo ! (Mais pas au goût de tous)

Si tu tends l’oreille ne fait pas partie de ces classiques des Studios Ghibli comme le Voyage de Chihiro ou Princesse Mononoke. Il n’a pourtant pas à en rougir. Réalisé par Kondo Yoshifumi, décédé en 1998 prématurément, le long-métrage est un film-tranche-de-vie, captant les instants de l’adolescence, avec ce que cela suppose.

Shizuku s’interroge d’abord, avec son ami Yuko, sur ce que signifie qu’aimer un autre. L’une et l’autre connaissent des amourettes de collégiennes si naïves mais précieuses pour grandir, et comprendre les relations avec les autres. Puis, il y a la question de l’avenir : que faire après le collège ? quel lycée choisir ? et puis, que veut-elle devenir ?

Le film est également une ode à la création pour laquelle il faut se donner les moyens d’y parvenir. La création artistique est aussi artisanat en ce que celle-ci nécessite travail et détermination, balbutiements et essais. Persévérer, et surtout exprimer ce que l’on a en soi pour se dépasser.

Il faut donc trouver son propre moteur d’action. Le film répond ainsi : c’est la rencontre avec les autres qui fournissent la force et l’inspiration nécessaires. Shizuku se découvre elle-même par la découverte de l’autre, que ce soit avec le fameux Seiji ou encore le grand-père de celui-ci, antiquaire et collectionneur de curiosités. Grandir par la rencontre, donc. Une seule petite chose à faire, cependant… tendre l’oreille, et s’écouter.

Si tu tends l’oreille, de Kondo Yoshifumi. Avec les voix de Youkou Honna, Keiju Kobayashi, Shigeru Tsuyuguchi…1h54
Film de 1995, Sorti en France en DVD le 7 janvier 2015

0 comments on “« Si tu tends l’oreille », tu entendras mon cœur battre.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :