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Bob l’éponge : Éponge en eaux (pas si) troubles

Cinq ans après ses dernières aventures sur le grand écran, l’éponge carrée du regretté Stephen Hillenburg nous parvient par le biais de Netflix, aux détriments des salles de cinéma initialement prévues. Pour l’occasion, le film se pare d’une très jolie animation en 3D, amorcée avec le film précédent, mais encore magnifiée par un véritable respect des codes visuels déjà établis par la série d’origine pouvant se permettre de donner à ses protagonistes les visages les plus hilarants sitôt que la situation l’exige.

La réalisation se voit confiée à Tim Hill (Les Muppets dans l’espace, Alvin et les Chipmunks…), proposant ici une dérive de son cinéma de toujours, mais convoquant davantage ses premiers essais originaux plutôt que les dernières productions entachées dont il était à la barre. Partant d’un scénario aussi burlesque que pertinent quand il s’agit pour Bob de partir à l’aventure, à savoir le kidnapping de son fidèle compagnon Gary, le film déploie la volonté de s’affranchir d’un véritable fil rouge, variant les genres non pas sans mal, mais toujours avec un certain désir de divertissement.

Ainsi, si dans les premiers instants on se laisse surprendre par des apparitions inattendues de Keanu Reeves ou Snoop Dogg, le film prend rapidement l’allure d’un simple pastiche comique qui, si il arrive à amener quelques sourires et soufflements de nez, ne parvient jamais à s’émanciper en tant que film d’un univers, même en essayant difficilement de développer le lore de celui-ci en évoquant les origines de ses personnages les plus cultes par des flashbacks amenés à coups de truelles.

Concernant la VF, Sébastien Desjours incarne un Bob L’Éponge toujours aussi percutant aux répliques grinçantes, Michel Bedetti retrouve ses rôles de Krabs et de Plankton avec une aisance remarquable et Hélène Chanson, dans une Sandy plus anecdotique qu’à son accoutumée, parvient tout de même à donner de la voix à un personnage des plus attachants. On regrette énormément Erik Colin sur Patrick, même si Boris Rehlinger fait beaucoup d’efforts pour aller dans le sens de la VF d’origine, ainsi que le grand Henri Courseaux (Mr. Garrison dans South Park) qui laisse ici sa place à un Michel Mella ne lui arrivant pas à la cheville dans le rôle de Carlos.

En résulte alors un film anecdotique mais sympathique, pensant pourtant devoir être tout le temps dérisoire pour fonctionner et oubliant de doter son récit d’une consistance propre, celui-ci ne fonctionnant que la plupart du temps par l’évocation des liens déjà développés par les récits précédents de Bob et Patrick. On en profite quand même, en se disant que c’est toujours plus agréable que le second opus de 2015. Mais la vérité, c’est que les gloutons barjots du premier film nous manquent un peu…

Bob l’éponge, le film : Éponge en eaux troubles de Tim Hill. Avec les voix Sébastien Desjours, Boris Rehlinger, Michel Bedetti… 1h31
Disponible depuis le 5 novembre sur Netflix

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