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Minuit dans l’univers : Affres barbants d’une solitude spatiale

Si on connaît principalement George Clooney en tant qu’acteur (chez les frères Coen, chez Soderbergh), il a su montrer, dès le début des années 2000, sa volonté de passer derrière la caméra avec des œuvres assez réussies comme Confessions D’un Homme Dangereux ou encore Good Night, And Good Luck mais aussi avec des essais beaucoup moins convaincants et malheureusement plus nombreux : Jeux De Dupes, Monuments Men, Bienvenue À Suburbicon et maintenant Minuit Dans L’univers.

Les sourcils comme de l’émail, la barbe grisonnante, le regard triste : c’est un personnage des plus pathétiques qui nous est présenté là. La magnifique partition du très productif Alexandre Desplat pour illustrer Augustine Lofthouse (George Clooney), rare survivant d’une apocalypse humaine entourée de mystères, resté sur Terre pour guider une équipe d’astronautes revenant d’une mission sur la lointaine planète K-23, à bord de l’engin spatial Æther. Son décor, c’est cet Arctique froid et oppressant, duquel il semble en sécurité dans son refuge moderne, superbement bien filmé au début de ce nouveau long-métrage produit par Netflix.

Il serait pourtant bien naïf de croire que cette rigourosité allait suivre le film tout du long, tant l’introduction de ses creux personnages se fait par une laborieuse narration tant dans son écriture, ô combien fragile, que dans sa mise en scène, tirant trop souvent davantage vers le soporifique que le magistral. L’esthétique est en demi-teinte, fournissant de bons designs souvent pas assez mis en valeur et des effets plutôt agréables à regarder si on a les yeux suffisamment plissés. Pourtant, le film n’oublie jamais de relancer l’attention du spectateur en livrant tour à tour les scènes d’action classiques attendues dans les œuvres du genre, mais avec suffisamment de petites idées distillées un peu partout pour ne pas sembler trop ridicules, juste trop souvent prévisibles.

Cabotinant pour notre plus grand plaisir dans un rôle sans fil rouge, George Clooney est ici accompagné de la magnifique Felicity Jones (Rogue One, Une Femme D’exception) et du toujours plus charismatique Kyle Chandler (Super 8, Carol) et leurs personnages respectifs de Sully et Mitchell n’ayant malheureusement jamais assez d’espace (vous l’avez ?) tant pour faire évoluer leurs sentiments que pour expliquer les différents choix assez illogiques qu’ils font tout au long du métrage. Le contraste des ambiances entre le ciel et la Terre est d’autant plus important que des flashbacks mal amenés viennent interférer les deux narrations, peinant déjà à évoluer ou même à faire rire, ce que le film tente de faire à de multiples reprises, résultant en de multiples échecs.

Ainsi, Minuit Dans L’univers ne semble en aucun cas tenir ses promesses de film vraiment intéressant sur la solitude ou même sur l’espace, sur ce grand vide qui sépare ces individus entre eux. Mais il serait aussi malhonnête de dire que le film n’essaye pas et ne réussit pas, au moins un peu, à émouvoir son spectateur en proposant une fable certes convenue, mais d’une modernité diablement efficace. Le mimétisme de Clooney pour réchauffer même les âmes les plus froides en cette triste période… What else?

Minuit dans l’univers de George Clooney. Avec George Clooney, Felicity Jones, Kyle Chandler… 1h58
Disponible depuis le 23 décembre sur Netflix

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