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Lupin, dans l’ombre d’Arsène : le gentleman cambrioleur n’a qu’à bien se tenir

Il y a des succès qui font plaisir. D’une part pour la création française, qui réussit à s’exporter et trouver une visibilité en trustant le haut classement du top Netflix dans de nombreux pays du globe. D’une autre pour clouer le bec des ras-du-bulbe du web, qui parasitent l’espace public et déversent leur substance bien épaisse Encore faudrait-il que le racisme notoire qui pullule ait au moins lu le nom de la série en question, avant de s’en prendre à l’arrivée d’Omar Sy pour camper un personnage noir à la place d’un mâle blanc. Une œuvre est faite pour évoluer avec son temps, correspondre et parler de son époque, répondre à des interrogations, et surtout faire parler par sa qualité. Netflix aurait-il enfin trouvé son porte-étendard frenchy ? Après les désillusions écrites par des scénaristes qui auraient brainstormé après une cuite comme Marseille, ou encore La Révolution, Lupin arrive avec beaucoup d’attentes et un statut blockbusteresque pour redorer l’image du made in France de la plateforme . Le succès de cette première partie de saison est amplement mérité.

Assane Diop, bouleversé par la mort de son père 25 ans plus tôt, décide de se venger de la famille Pellegrini qui a accusé à tort son paternel, résultant en son inncarcération. Dans l’ombre D’Arsène Lupin, héros qui a bercé toute son enfance, et en bon « gentleman cambrioleur », il participe au vol d’un bijou inestimable exposé au musée du Louvre.

Qu’on connaisse ou pas les écrits de son créateur Maurice Leblanc, le nom d’Arsène Lupin parcourt les esprits depuis le début du XXème siècle et s’est taillé une renommée mondiale. Des adaptions américaines, ou encore une mise à l’écran en 2004 portée par Romain Duris dans le rôle principal, et Jean-Paul Salomé derrière la caméra. On avait un peu oublié ce héros de la culture hexagonale avant que Lupin III : the first, relecture en film d’animation japonais dérivé du célèbre manga fasse son apparition l’année dernière. Voici donc une nouvelle aventure qui fait surface. Celle d’un passionné des romans qui se fond dans la société comme Lupin dans ses déguisements. Une révision de notre époque bienvenue et cohérente.

Omar Sy, issu des quartiers populaires et devenu un des comédiens français les plus respectés, se glisse dans la peau d’un homme qui a connu la jeunesse des années 90 du bassin parisien. Compliqué quand on est une famille de l’immigration de se faire reconnaître, de se faire entendre et accepter, de trouver sa place dans le monde. Lupin à l’intelligence de ne pas trop en faire sur la thématique de l’identité et de la discrimination. La série n’en oublie pas son volet principal, d’être follement divertissant. L’artisan premier est évidemment Omar Sy, qui tient l’un de ses meilleurs rôles. Un charme naturel, une bonhommie qui se dégage de l’écran, et une énergie communicative qu’il arrive à injecter à son personnage. On le sent totalement investi et heureux de jouer les cambrioleurs, prendre un pied monstrueux, et nous donner envie de le suivre dans sa quête de vérité.

À la tête de trois épisodes, on retrouve Louis Leterrier, français à la culture américaine qui injecte une patte et un savoir-faire indéniable en matière de blockbusters et de techniques pour filmer le divertissement. La série en oublie souvent son scénario, souvent noyé sous l’incohérence mais veut donner dans le sens du spectacle en parvenant à se tenir narrativement. L’aventure n’est que meilleure lorsqu’elle s’amorce comme un grand huit, qu’elle enchaine les rebondissements, qu’elle est pensée pour être à la fois enfantine et universelle.

Pas question de s’attarder, de tirer en longueur un évènement, Lupin trace sa route entre souvenirs et volonté de rendre meilleur son présent. Un petit côté Tintin, qui trouve des méchants plus stupides les uns que les autres sur son chemin, et arrive toujours à s’en débarrasser. Un côté prince des voleurs, qui vole aux bourgeois les plus riches, pour mettre la lumière sur les invisibles de notre société. Un côté Sherlock Holmes, dans son intelligence hors-normes et sa capacité à trouver une solution à tout problème. Un côté magicien, aux tours de passe-passe improbables. On a l’impression qu’Omar Sy peut s’en sortir par tous les moyens, héros intouchable sur le terrain de la supercherie. Si supercherie il y a, elle n’est pas sur ce qui est montré et vendu aux spectateurs. Comme un grand tour d’illusionniste, Lupin soigne son entrée, parfait son numéro, et s’arrête net sur un cliffhanger, en attendant le clou du spectacle.

Avec Lupin, Netflix a certainement trouvé son joyau de la couronne française à l’international. Production ambitieuse digne du héros de Maurice Leblanc, la série navigue avec aisance sur le divertissement pour en tirer une aventure énergique, tourbillonnante, qui se dévore comme une friandise. Plus que dans l’ombre d’Arsène, Omar Sy marche à ses côtés comme une extension et un descendant du plus gentleman des cambrioleurs.  

Lupin, dans l’ombre d’Arsène de George Kay et François Uzan. Avec, Omar Sy, Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme… Partie 1 de 5 épisodes de 45 minutes. Disponible sur Netflix.

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