Festivals IFFR 2021

[IFFR 2021] Lone Wolf : Tel est pris qui croyait prendre

En plus de ses avant-premières prestigieuses (coucou Riders of justice), l’IFFR propose deux catégories avec d’un côté la Big Screen Competition et de l’autre la Tiger Competition. Aujourd’hui nous allons nous intéresser à sa première catégorie et le premier film présenté, Lone Wolf, ou si Black Mirror avait rencontré le gouvernement australien le temps d’un long-métrage.

Dans un futur proche, le gouvernement australien use de nouvelles techniques de surveillance pour observer les gens à risques, les activistes et celleux susceptibles d’être des terroristes. Une surveillance accrue qui s’immisce dans le quotidien des gens allant jusqu’à les espionner à travers la caméra de leur ordinateur. Confortablement installé dans sa tour d’ivoire, le premier ministre doit faire face à une ancienne de la police qui débarque dans son bureau en pleine nuit pour lui montrer un enregistrement vidéo. Ce qui s’apparente à une simple petite affaire d’activistes et de politique se transforme vite en une histoire de terrorisme et de corruption impliquant bon nombre de personnes haut placées.

Nous suivons la jeune Winnie qui tient une petite librairie désuète dans un quartier malfamé de Melbourne avec son petit frère autiste, Stevie. Fervente défenseuse des droits des animaux, elle mène une vie paisible avec son compagnon Conrad qui s’avère être impliqué dans un merdier bien plus important que prévu.

Jonathan Ogilvie plonge le spectateur directement dans le vif du sujet en même temps que le premier ministre confortablement installé dans son siège. À travers diverses caméras de surveillance, on se place dans la position de voyeur. La mise-en-scène se voit poussée jusqu’au bout entre les images de mauvaises qualité des caméras de surveillance ou celles filmées à travers un fish eye pour renforcer ce malaise : celui de ne pas être à sa place. L’envie même de détourner le regard par moments tant le film s’immisce au plus profond de l’intimité des gens. Une question éthique se pose : où se situe la frontière entre vie privée et vie publique lorsque bon nombre de personnes exposent leurs moindres faits et gestes sur les réseaux sociaux ? Le Gouvernement l’a bien compris et en profite à outrance mais tout vacille lorsque le piège se referme sur eux.

On peut regretter aux premiers abords un film qui met énormément de temps à s’installer, enchaînant des scènes sans grande importance mais après coup, tout prend une tournure beaucoup plus importante, rapide et précise lorsque le Gouvernement se retrouve impliqué et que de hautes figures politiques se retrouvent à leur tour filmées. Des enjeux beaucoup plus importants se dessinent sous nos yeux, de quoi nous accaparer et nourrir ce côté voyeur. Telle un loup solitaire, Winnie va démanteler tout un réseau de complotistes en utilisant leurs viles techniques d’espionnages.

Si on décide de s’accrocher à ce rythme d’abord un peu lent, Lone Wolf devient rapidement un passionnant thriller d’anticipation qui pose encore et toujours les questions de vie privée là où un Gouvernement peut se permettre toutes les libertés pour mener à bien ses petites magouilles (c’est pas comme si ce n’était pas déjà plus ou moins le cas dans certains pays… suivez le regard).

Lone Wolf de Jonathan Ogilvie. Avec Tilda Cobham-Hervey, Hugo Weaving, Chris Bunton… 1h40

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