Critiques Festivals IFFR 2021

[IFFR 2021] Archipel : Réinvention poétique

Il y a deux ans nous avions pu découvrir un réalisateur à l’univers assez singulier, Félix Dufour-Laperrière. Celui qui aime nous faire rêver à travers ses dessins nous revient après Ville Neuve (sélectionné au Festival d’Annecy en 2019) pour un film plus profond, plus spirituel et peut-être par extension plus difficile à atteindre.

Archipel est un film hybride entre animation et documentaire. Tout part de cette idée d’île. Qu’on le sache ou non, le Québec regorge en son sein le fleuve Saint-Laurent. Un estuaire qui s’avère être le plus grand de la planète. En voguant, on y découvre pléthore d’îles plus ou moins sauvages bien loin de l’euphorie de la vie citadine. Partant de cette idée, Félix Dufour-Laperrière a développé un essai documentaire à mi-chemin entre le rêve et la réalité. La réalité d’abord à travers ces images d’archives, témoins d’un passé et d’une époque révolue. Le réalisateur questionne ces images et l’on comprend assez rapidement qu’il y a quelque chose qui l’obsède : creuser au plus profond de l’histoire et découvrir ses origines. Lorsqu’un semblant de réponse est esquissé, l’animation prend le dessus et le trait devient tout de suite plus poétique. Les couleurs virevoltent, les techniques s’enchaînent dans une danse poétique. En floutant volontairement la frontière entre rêve et réalité, le film peut se permettre de nous faire rêver et de nous embarquer sur d’autres îles plus fantasques, plus rêvées.

Archipel — Embuscade Films

Cette animation fluide et quasi-expérimentale (Félix Dufour-Laperrière n’est pas le seul aux commandes puisqu’il a travaillé avec une dizaine de collaborateurs, chacun esquissant un morceau du film) est accompagnée de la voix enivrante de Joséphine Bacon. Considérée comme une auteure phare au Québec, elle prête de sa voix pour narrer certains passages de son recueil Bâtons à Message dans sa langue natale, l’inuit. Des moments suspendus dans le temps, offrant au spectateur une pause. Pas besoin de deviner ce qui est dit mais seulement se laisser porter par cette voix et ces paroles semblant venues d’un autre monde alors que cette langue autochtone est encore parlée par énormément de peuples au Québec.

Archipel pourrait se résumer ainsi : une expérience visuelle et sensorielle dans laquelle il faut lâcher prise pour en saisir toute sa beauté et sa poésie. Beaucoup plus expérimental que Ville Neuve, il va probablement en laisser quelques-un•e•s sur le carreau mais si vous vous accrochez vous partirez pour un très joli voyage. Un voyage qui nous a d’ailleurs poussé à interviewer son réalisateur !

Archipel de Félix Dufour-Laperrière. 1h12

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